QUATRIÈME VOYAGE DE SINDBAD LE MARIN

Les plaisirs, dit-il, et les divertissements que je pris après mon

troisième voyage n'eurent pas des charmes assez puissants pour me

déterminer à ne pas voyager davantage. Je me laissai encore entraîner à

la passion de trafiquer et de voir des choses nouvelles. Je mis donc

ordre à mes affaires; et ayant fait un fonds de marchandises de débit

dans les lieux où j'avais dessein d'aller, je partis. Je pris la route

de la Perse, dont je traversai plusieurs provinces, et j'arrivai à un

port de mer, où je m'embarquai. Nous mîmes à la voile, et nous avions

déjà touché à plusieurs ports de terre ferme et à quelques îles

orientales, lorsque, faisant un jour un grand trajet, nous fûmes surpris

d'un coup de vent, qui obligea le capitaine à faire amener les voiles,

et à donner tous les ordres nécessaires pour prévenir le danger dont

nous étions menacés. Mais toutes nos précautions furent inutiles; la

manœuvre ne réussit pas bien; les voiles furent déchirées en mille

pièces; et le vaisseau, ne pouvant plus être gouverné, donna sur des

récifs, et se brisa de manière qu'un grand nombre de marchands et de

matelots se noyèrent, et que la charge périt...

Les mille et une nuits: contes choisis · 第 95 / 172 题