la concentration de la végétation persistante sur le réseau

hydrographique auquel elle est étroitement limitée (sauf cas de

sable, cas plutôt rare), alors qu’en pays crétacico-tertiaires

(particulièrement atteints par la « maladie des sables ») la

végétation persistante est largement diffuse ;

les caractères de cette flore persistante beaucoup moins adaptée

à la sécheresse, donc beaucoup moins désertique que celle des

pays crétacico-tertiaires ;

la conservation d’une flore persistante de pays humides et d’une

faune dulcaquicole complète composées d’espèces survivantes,

à représentants dispersés de temps beaucoup plus humides.

(Les autres massifs sahariens géologiquement et morphologiquement

comparables, les autres massifs cristallins du « Faîte saharien »,

avec leurs enveloppes primaires, sont peut-être ainsi de même au

point de vue zoologique et botanique en opposition avec les pays de

calcaires secondaires ou tertiaires et de sables qui les entourent

plus ou moins au Nord et au Sud).

*

* *

C’est ainsi que la flore et la faune du Massif Central Saharien

semblent témoigner de l’existence d’un passé humide au Sahara.

On peut croire que le réseau hydrographique du Sahara en

disproportion avec l’activité actuelle des oueds est également

un héritage de ce passé humide.

Et ainsi la flore, la faune du pays targui et le réseau

hydrographique saharien fournissent un faisceau de raisons de croire

qu’un passé humide a régné sur le Sahara.

Nous ne sommes pas le premier à émettre cette hypothèse, mais

la question nous a paru ne pouvoir que gagner à une mise au point,

appuyée souvent de précisions nouvelles.

Pour l’explication de ce passé humide, qui reste encore un point

à éclaircir, nous avons cru devoir faire un exposé de la question

de la mer saharienne car, au cas où des golfes méditerranéens

et de l’Océan Atlantique auraient pénétré profondément le

Sahara on s’expliquerait des précipitations atmosphériques plus

considérables desquelles l’influence de volcans en activité et

une plus grande élévation du Massif Central Saharien ne semblent

des explications ni suffisantes, ni bonnes.

Et nous avons conclu que contrairement à l’opinion généralement

admise actuellement _la question n’est pas réglée définitivement_

et qu’on ne peut rejeter encore, sans éléments nouveaux,

l’hypothèse des golfes sahariens.

*

* *

Au cours de cet exposé par unités structurales, nous avons mis

en lumière le rôle joué par les sédiments siluriens dans les

formations de l’Enceinte tassilienne.

Nous avons montré que les Grès inférieurs des Tassilis internes

sont plus anciens que les Schistes à Graptolithes (siluriens) et

qu’ainsi toute une partie des Tassilis est plus ancienne qu’on

ne le croyait.

Nous avons esquissé la carte générale d’affleurement de ces

Schistes siluriens à Graptolithes et des Grès qui leur sont

inférieurs.

Ces résultats ont une notable répercussion sur la géologie des

vastes domaines de grès de l’Afrique Centrale et Occidentale

française dont ils peuvent contribuer à démêler les traits

par analogie.

Ces résultats permettent ainsi de croire que les sédiments siluriens

jouent un rôle important dans ces immenses pays[100].

Nous avons également indiqué que l’on peut maintenant considérer

les Schistes cristallins de l’Ahaggar comme plissés à l’époque

algonkienne et comme eux-mêmes anté-cambriens.

On peut admettre également cet âge anté-cambrien pour les

Schistes cristallins d’immenses régions du Sahara, ainsi que leur

plissement à l’époque algonkienne, entre autres les régions de

l’Adrar des Iforas, de l’Aïr, du Tibesti (la partie qui est en

Schistes cristallins), de l’Eglab et d’Amseiga (au nord d’Atar,

en Mauritanie).

Et c’est tout un « bouclier algonkien », un « faîte ancien »

qui est révélé, le « =Faîte saharien= »[101].

Dans ces conclusions, nous n’irons pas plus avant dans la mise en

relief des résultats scientifiques de notre exploration exposés

au cours de ce travail.

Ceux-là, rappelés dans ces dernières lignes, suffisent déjà,

croyons-nous, à légitimer la mission[102] scientifique en Sahara

central au point de vue géologique, géographique et biologique

dont nous avait chargé, en 1921, M. le Ministre de l’Instruction

Publique.

_Grenoble, le 15 mars 1924._

[Illustration : MASSIF CENTRAL SAHARIEN DE L’AHAGGAR

Croquis Schématique de l’“ Enceinte Tassilienne ” par Conrad

Kilian 1922]

[Note 100 : Cette hypothèse paraît particulièrement vraisemblable

quand on rapproche ces observations de celle de M. Sainclair.]

[Note 101 : Nous nous proposons dans des missions ultérieures

d’étudier ces différentes régions du « _Faîte saharien_ »

avec leurs enveloppes primaires en particulier par une mission

d’exploration _d’Est en Ouest_ du Sahara d’Atar en Mauritanie

à Bardaï dans le Tibesti en passant par ses régions médianes et

en coupant les pistes transahariennes par leur milieu, l’aller,

passant par le Djouf et Tamanrasat ; le retour par Tummo Tamanrasat,

In Size, Ouallen, le Sud d’Ouallen, l’Eglab et le Hank.

Les régions inconnues du coude du Tafassasset, où certains

prétendent qu’existent les ruines d’une ville antique, et de

l’Ouest de l’Acedjerad rentrent en particulier dans ce programme

d’exploration.

Nous espérons qu’on nous donnera les moyens de la réaliser.]

[Note 102 : Mission _gratuite_, c’est-à-dire non aux frais du

gouvernement.]

TABLE DES PLANCHES

* * * * *

=Pays crétacico-tertiaires sud-constantinois.=

Pages

I. — Plaine au Sud d’Ouargla 40

II. — Dans les dunes près de Hassi et Khollal 46

III. — Dans le Gassi Touil 52

IV. — Dans la Hamada de Tinghert 54

V. — Modelé désertique dans le Djoua 62

=Massif Central Saharien.=

ENCEINTE TASSILIENNE

VI. — Le bord des Tassilis externes qui domine le Tahihaout 64

VII. — Le bord des Tassilis internes, près d’In Ebeggi 68

VIII. — La gorge de l’oued Iskaouen dans les Tassilis internes 78

PAYS CRISTALLINS

IX. — Les Basaltes de Tin ed’ness (Egéré) 90

X. — « Monad nock » à l’Est de Tin ed’ness (Egéré) 96

XI. — Dans l’oued Telouhet, près d’Idelès (Ahaggar) 120

XII. — La haute-plaine de l’Amadror et le Tellerteba 146

XIII. — Le Tellerteba vu de l’oued In Sakan (Anahef) 148

XIV. — Idelès, dans l’Ahaggar. — La Tamenoukalt. — Une

aiguille volcanique 150

XV. — La Gara-ti-Djenoun (Oudan) 154

XVI. — Tahara, près de l’oued Martoutic (Tifedest) 176

CARTES

1. Carte d’itinéraire général 10

2. Coupe géologique de l’Enceinte tassilienne 66

3. Carte du Massif Central Saharien avec le figuré de l’Enceinte

tassilienne en rouge 186

* * * * *

TABLE DES MATIÈRES

* * * * *

Pages

INTRODUCTION 7

=PREMIÈRE PARTIE=

DES PAYS CRÉTACICO-TERTIAIRES SUD-CONSTANTINOIS

OU DU SAHARA ARABE SUD-CONSTANTINOIS

I. — =Études géologiques.=

De la mer saharienne plio-pléistocène 11

De l’origine de la dépression Sud-Tinghert 17

Des troncs d’arbres silicifiés 22

Du Crétacé du Tinghert et du Djoua 23

=Du projet de Transsaharien Souleyre.= (Région du Gassi Touil

et du Tinghert.)

Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée 27

Ressources en eau 31

II. — =Etudes botaniques.=

De la flore des pays crétacico-tertiaires

sud-constantinois 39

Du pâturage et du pâturage en Sahara arabe 43

III. — =De mon itinéraire.=

_De Touggourt à Temassinin. — Impressions de route._ 49

Notes de route 55

=SECONDE PARTIE=

DU MASSIF CENTRAL SAHARIEN OU DU PAYS TARGUI

(AHAGGAR ET AJJER)

I. — =Etudes géologiques.=

Des Pays pré-tassiliens 64

De l’Enceinte tassilienne 65

Du Pays cristallin 79

=Du projet de Transsaharien Souleyre.= (Région d’Amguid).

Aptitude du sol à recevoir une voie ferrée 103

Ressources en eau 104

II. — =Etudes botaniques.=

De la flore du Massif Central Saharien 113

Du pâturage dans le Massif Central Saharien et de

l’élevage targui 131

III. — =Etudes zoologiques.=

De la faune dulcaquicole du pays targui 139

IV. — =De mon itinéraire.=

_De Temassinin à In-Salah par l’Ahaggar. — Impressions

de route_ 143

De Temassinin à In-Salah, par l’Ahaggar. — Notes de

route 156

CONCLUSIONS 183

* * * * *

SOC. AN. M. WEISSENBRUCH

IMPRIMEUR DU ROI. BRUXELLES

Note du transcripteur:

Page 74, " direction sud-méridienne " a été remplacé

par " sub-méridienne ".

Page 75, la phrase " monts de Tisekfa, d’Adrar-n’Taserest

(Djebel Tanelak), " qui est dupliquée a été supprimée.

Page 110, note 57, " _Calatropis procera_ " a été remplacé

par " _Calotropis_ ".

Page 120, la référence à la note 61 était absente. Il a été

placé juste après " _a)_ L’_Etel_ ".

Page 122, " plutôt mériterranéen " a été remplacé

par " méditerranéen ".

Page 131, note 66, " _Colligonum comosum_ " a été remplacé

par " _Calligonum_ ".

Page 171, " _Typha augustifolia_ " a été remplacé

par " _angustifolia_ ".

La ponctuation n'a pas été modifiée hormis quelques

corrections mineures.

Au Hoggar · 第 13 / 13 段