M. Dickson n'égalait en rien le père d'Oswald: il n'avait ni son esprit
ni son caractère; mais au moment de sa mort il était auprès de lui, et,
né la même année, on eût dit qu'il restait encore quelques jours en
arrière pour lui porter des nouvelles de ce monde. Oswald lui donna le
bras pour monter l'escalier; il sentait quelque charme dans ces soins
donnés à la vieillesse, seule ressemblance avec son père qu'il pût
trouver dans M. Dickson. Ce vieillard avait vu naître Oswald, et ne
tarda pas à lui parler sans contrainte de tout ce qui le concernait. Il
blâma fortement sa liaison avec Corinne; mais ses faibles arguments
auraient eu sur l'esprit d'Oswald bien moins d'ascendant encore que ceux
de lady Edgermond, si M. Dickson ne lui avait pas remis la lettre que
son père, lord Nelvil, écrivit à lord Edgermond lorsqu'il voulut rompre
le mariage projeté entre son fils et Corinne, alors miss Edgermond.
Voici quelle était cette lettre, écrite en 1791, pendant le premier
voyage d'Oswald en France. Il la lut en tremblant.