CHAPITRE VIII

M. Dickson n'égalait en rien le père d'Oswald: il n'avait ni son esprit

ni son caractère; mais au moment de sa mort il était auprès de lui, et,

né la même année, on eût dit qu'il restait encore quelques jours en

arrière pour lui porter des nouvelles de ce monde. Oswald lui donna le

bras pour monter l'escalier; il sentait quelque charme dans ces soins

donnés à la vieillesse, seule ressemblance avec son père qu'il pût

trouver dans M. Dickson. Ce vieillard avait vu naître Oswald, et ne

tarda pas à lui parler sans contrainte de tout ce qui le concernait. Il

blâma fortement sa liaison avec Corinne; mais ses faibles arguments

auraient eu sur l'esprit d'Oswald bien moins d'ascendant encore que ceux

de lady Edgermond, si M. Dickson ne lui avait pas remis la lettre que

son père, lord Nelvil, écrivit à lord Edgermond lorsqu'il voulut rompre

le mariage projeté entre son fils et Corinne, alors miss Edgermond.

Voici quelle était cette lettre, écrite en 1791, pendant le premier

voyage d'Oswald en France. Il la lut en tremblant.

Corinne; ou, l'Italie Nouvelle édition revue avec soin et précédée d'observations par Mme Necker de Saussure et M. Sainte-Beuve de l'Académie française · 第 123 / 167 题