M. Joseph Reinach vient de réunir en volume (2) les études qu'il a
consacrées aux questions militaires au cours de sa carrière politique,
longue de plus de trente ans. Vice-président de la commission de l'armée
à la Chambre, il a pris une part active à tous les débats concernant la
défense nationale, depuis la discussion de la loi de 1909 sur
l'artillerie, dont il fut le rapporteur, jusqu'à celle qui occupe
aujourd'hui le Parlement. Cette oeuvre se signale par son harmonie, son
unité; on y voit comment un esprit net et pratique, affranchi de toute
considération étrangère, est conduit logiquement, après avoir accepté le
service de deux ans, à envisager comme une nécessité le retour à celui
de trois ans, d'abord pour la cavalerie, puis pour toutes les armes.
L'augmentation du personnel de l'artillerie, que l'auteur vota il y a
quatre ans, a contribué, avec l'abaissement de la natalité, à vider les
unités actives; il fallait donc, pour parer à ce danger, soit réduire le
nombre de nos corps d'armée, soit prolonger la présence des hommes sous
les drapeaux. M. J. Reinach, n'ayant pas demandé, il y a six mois, dans
son discours sur la loi des cadres, qu'on changeât l'organisation de nos
grandes unités, était fatalement amené à réclamer le service général de
trois ans. Le projet, assurant la fixité des effectifs, qu'il a élaboré
avec M. de Montebello, a été adopté par le gouvernement; grâce à lui,
nous verrons demain l'armée _toujours prête_, malgré les armements
formidables de nos voisins. R. K.
[Note 1: Que publia le _Figaro_ et qui viennent d'être réunies sous ce
titre: _l'Homme en rose_, en un volume de la bibliothèque Charpentier,
Fasquelle, édit.. 3 fr. 50.]
[Note 2: _L'Armée toujours prête._ Édition Berger-Levrault, 3 fr. 50.]
Voir dans _La Petite Illustration_ le compte rendu du _Journal d'une
femme de cinquante ans_, souvenirs de la marquise de La Tour du
Pin-Gouvernet, et des autres livres nouveaux.