Je n’ai qu’une remarque à faire touchant cette relation si précise et si
émouvante. Claudel dit que, tandis que la Grâce opérait aux profondeurs
de son âme, _à la surface_, il croyait se conformer encore à ses
habitudes d’esprit antérieures. La lutte dura quatre ans!--Je relève,
une fois de plus, ce que j’ai déjà noté plus haut: quand la Grâce a
touché un homme à fond, il suit parfois encore quelque temps sa route
coutumière, en vertu de la vitesse acquise, mais les mobiles qui le
poussaient n’ont plus de consistance. Et il se transforme peu, à peu, à
travers de grandes souffrances. Or quel est l’homme qui, pouvant se
dérober à ces épreuves, s’y soumettrait néanmoins si une force
supérieure et indéfinissable ne l’y obligeait?
Cette fois encore, ma thèse me semble confirmée à savoir que: des causes
purement naturelles ne suffisent pas à expliquer le miracle d’une
conversion.
C’est pourquoi j’ai tenu à ajouter à ce livre le récit de Claudel.