Je transcris les lignes suivantes d'une lettre française que je reçois
de Znaïm, en observant qu'il n'y a pas dans toute la province un homme
en état de comprendre la femme d'esprit qui m'écrit:
«... L'accident fait beaucoup en amour. Lorsque je n'ai pas lu de
l'anglais depuis un an, le premier roman qui me tombe sous la main me
semble délicieux. L'habitude d'aimer une âme prosaïque, c'est-à-dire
lente et timide pour tout ce qui est délicat, et ne sentant avec passion
que les intérêts grossiers de la vie: l'amour des écus, l'orgueil
d'avoir de beaux chevaux, les désirs physiques, etc., etc., peut
facilement faire paraître offensantes les actions d'un génie impétueux,
ardent, à imagination impatiente, ne sentant que l'amour, oubliant tout
le reste, et qui agit sans cesse, et avec impétuosité, là où l'autre se
laissait guider, et n'agissait jamais par lui-même. L'étonnement qu'il
donne pour offenser ce que nous appelions, l'année dernière, à Zithau,
l'orgueil féminin: est-ce français, ça? Avec le second on a de
l'_étonnement_, sentiment que l'on ignorait auprès du premier (et, comme
ce premier est mort à l'armée, à l'improviste, il est resté synonyme de
perfection), et sentiment qu'une âme pleine de hauteur et privée de
cette aisance qui est le fruit d'un certain nombre d'intrigues peut
confondre facilement avec ce qui est offensant.»