(_Baptesmes._)
Du mardi 21e décembre 1700.
«Fut baptisé Charles-Augustin, né d'hier, fils de messire Augustin de
_Ferriol_, escuyer, baron d'Argental, conseiller du Roy au Parlement de
Metz, trésorier receveur général des finances du Dauphiné, et de
dame Marie-Angélique de _Tencin_, son espouse, demeurant rue des
Fossez-Montmartre. Le parrain, messire Charles de _Ferriol_, chevalier,
conseiller du Roy en ses conseils, ambassadeur de Sa Majesté à la
Porte Ottomane, représenté par Antoine de Ferriol[103], frère du présent
baptisé: la marraine, dame Louise de _Buffevant_, femme de messire
Antoine de _Tencin_, chevalier, conseiller du Roy en ses conseils,
président à mortier au Parlement de Grenoble, cy-devant premier
président du Sénat de Chambéry, représentée par damoiselle Charlotte
_Haidée_[104], lesquels ont déclaré ne sçavoir signer. «_Signé_: FERRIOL,
J. VALLIN DE SÉRIGNAN.»]
[Note 103: C'est Pont-de-Veyle.]
[Note 104: Mlle Aïssé.]
[Note C: Nous avons beaucoup interrogé les savants sur l'origine
de ce nom. D'après le dernier et le plus précis renseignement que nous
devons à M. Maury, de la Bibliothèque de l'Institut, _Haidé_ est un nom
circassien que portent souvent les femmes qui viennent de ce pays, et
qu'on leur conserve en les vendant. C'est ainsi qu'il se trouve répandu
en Turquie, sans être pour cela ni turc ni arabe; car il ne doit point
se confondre avec le nom de femme _Aïsché_, dont la prononciation arabe
est _Aïscha_ (_Ayescha_). De ce nom circassien d'_Haidé_, dénaturé et
adouci selon la prononciation parisienne, on aura fait _Aïssé.]
[Note D: Le nom de Grèce se mariait volontiers à celui d'Aïssé dans
l'esprit des contemporains. Lorsque l'abbé Prevost publia l'_Histoire
d'une Grecque moderne_, assez agréable roman où l'on voit une jeune
Grecque, d'abord vouée au sérail, puis rachetée par un seigneur français
qui en veut faire sa maîtresse, résister à l'amour de son libérateur,
et n'être peut-être pas aussi insensible pour un autre que lui, on crut
qu'il avait songé à notre héroïne. Mme de Staal (De Launay) écrivait à
M. d'Héricourt: «J'ai commencé la Grecque à cause de ce que vous m'en
dites: on croit en effet que Mlle Aïssé en a donné l'idée; mais cela est
bien brodé, car elle n'avait que trois ou quatre ans quand on l'amena en
France.»
Enfin, voici des vers du temps _sur mademoiselle Aïssé_, à ce même titre
de Grecque:
Aïssé de la Grèce épuisa la beauté:
Elle a de la France emprunté
Les charmes de l'esprit, de l'air et du langage.
Pour le coeur je n'y comprends rien:
Dans quel lieu s'est-elle adressée?
Il n'en est plus comme le sien
Depuis l'Age d'or ou l'Astrée.
Ces vers sont placés à la fin des _Lettres_ de Mlle Aïssé, dans la
première édition de 1787. On les retrouve en deux endroits de la
_nouvelle édition corrigée et augmentée du portrait de l'auteur_
(Lausanne, J. Mourer; et Paris, La Grange, 1788): d'abord au bas du
portrait, puis à la fin du volume. Ici l'intitulé est:
_Envoi à mademoiselle Aïssé, par M. le professeur Vernet, de Genève._]
[Note E: «Haut et puissant seigneur, messire Charles de Ferriol,
baron d'Argental, conseiller du Roi en tous ses conseils, ci-devant
ambassadeur extraordinaire à la Porte Ottomane, âgé d'environ 75 ans,
décédé hier en son hôtel, rue Neuve-Saint-Augustin, en cette paroisse,
a été inhumé en la cave de la chapelle de sa famille, en cette église,
présens Antoine de Ferriol de Pont-de-Veyle, écuyer, conseiller, lecteur
de la chambre du Roi, et Charles-Augustin de Ferriol d'Argental, écuyer,
conseiller du Roi en son Parlement de Paris, ses deux neveux, demeurants
dit hôtel, rue Neuve-Saint-Augustin, en cette paroisse.
_Signé_: DE FERRIOL DE PONT-DE-VEYLE, DE FERRIOL D'ARGENTAL, BLONDEL DE
GAGNY» (Extrait des Archives de l'État civil.)