O chiere amie et de la desloyale de dieu haye la parfaicte ennemie du

faulx office la quelle bouche et estoupe la lumiere de verité sicomme

autour de la chartre tu as veu/ Et que dirons nous car de son malefice

helas je me dueil/ ne vois tu comment or y prens garde de s’alaine

corrupte tout est noirci/ Je enrage d’ire quant je lui voy giter les loz

de mes partages non pas par sort/ mais par malice assise a traire

finances de diverses buches pour fournir le feu qui ne peut estanchier

en mes palais la plus hault assise establir ses ordres plains de

desraison et nul grosser n’en ose/ quant je voy la hideuse voillee de

malice paistre les mauvais et ceulx de sa sorte et destruire les simples

& qu’en puis je dire fors cryer a dieu car les souverains de mes

ordonnances sont ses aliez. O dieux quel playe a moy adoulee avec mes

autres griefs. Je suis comme la vesve de bon per delaissiee a qui chacun

cuert sure et nul n’en a pitié/ et que sont devenus les champions de

droit ne s’en sont ilz fuis/ & s’aucun en y a la faulce desloyale ne

leur laisse sortir leur droiturier effait/ voyez voyez tous mes loyaulx

amis comment suis gouvernee par ce que j’ay perdu la joye de mon chief/

Et ce fait ceste faulse qui n’y regarde droit pour ce que demouree comme

brebis sanz pastre suis sans joye d’ami Bien doy estre perplesse quant

je voy ma lignee d’icelle avironnee qui leur donne conseil de ses

desloyaulx voyes/ est il chose plus laide que ce qu’elle maintient

comment si fol est homme qu’il n’avise sa fin. O avuglee guespe ta

pointure perverse mainte gent persecute/ Tu es soubtille en oeuvre

malice te gouverne & barat tient le glaive de ceulx de ta justice/ Or

n’est il homme si sage qui en tous cas t’avise car tu te transfigures en

trop estranges fourmes si vas traçant par ville par palais & par sales &

par toutes mes places riens sanz toy ne demeure/ & chacun envenimes de

ta pouldre couverte. O dieux jusques a quant durera ceste guerre/ mais

je me reconforte sire par la figure qui m’en est prophecie de xanson le

tres fort.

¶ Ainsi souspirant par semblant de grant douleur dist ceste complainte

la tres honoree princesse/ & quant ces choses ot dites comme femme

lassee et de dueil surmontee couverte de larmes si que parler plus ne

pot se taisoit quoye et moy qui ses maintiens regardoie comme compaigne

de son plour par pitié de sa reverence/ et qui de bon cueur y remediasse

s’a moy en fust lui dis ainsi.

De ce mesmes.

Ha dame tres redoubtee et digne comme il appartiengne a la haulteur de

vostre force monstrer la tendreur des femenins courages/ laissez en paix

les larmes non propices a vostre constance et plus avant me dites de ce

que touché avez/ c’est assavoir la figure ramenteue de sanxon le fort/

la quelle s’il vous plait m’exposez/ Et elle a moy amie comme le temps

de la destruccion de la faulse fallacieuse et de ses desloyaulx enfans/

je desire me resjouiray en celle attente le te disant/ il est escript ou

.xv.e chapitre ou livre des juges d’israel comme prophecie et figure du

desertement de mon ennemie et de ses complices qui comme psanxon le quel

est interprete comme _sol fortis_/ c’est a dire le souleil fort eust

lonc temps par les malices des philiciens ou ceste faulse regnoit/ esté

parcecutez vint le temps que dieu lui ouvri la voie du reparement de ses

adversitez par droituriere vengence/ adont prist cellui psanxon

plusieurs goupilz ou renars et ensemble les accoupla par les queues les

uns aux autres les lya/ Et comme il fust ja la nuit venue ou premier

somme gita ses renars es maisons plaines de fains de ses ennemis partie

d’iceulx renars et les autres chaça es blez des champs et en leurs bois

et en leurs vignes/ et par celle voye sicomme dieu volt furent les filz

de la desloyalle et elle avec eulx/ En celle partie mors destruis et ars

en leurs pechiez. O amie chiere nottez la prophecie du temps de ma

gloire.

¶ Quant ceste desloyale assez m’ara chastiee Si que dieu vouldra sa

pugnicion cesser/ & les crys de mes plains seront par pitié devant dieu

portez Sicomme jadis furent ceulx des enfans d’israel lors que olofernes

a tout sa grant force assegiez les avoit/ Adont psanxon c’est le souleil

fort s’avisera de grant malice contre ses ennemis cessera un de mes filz

cler comme le souleil fort Car le souleil de justice en lui abitera/

cellui destruira ses ennemis par estrange malice/ c’est assavoir les

enfans de la fraudulente ennemis de sa vertu qui ma terre et moy par

lonc temps ont persecutee/ si prendra renars & queue a queue les

acouplera et entre eulx mettra brandons de feu/ puis les getera par nuit

sus les desloyaulx & en leurs gaignages & tout bruslera et mourront en

leurs iniquitez/ les renars sont les soubtilz avis de son meismes sens

que il prendra que il queue a queue accoupplera/ Ce sont plusieurs poins

par quoy il les prendra en leur malice/ il mettra brandons de feu entre

.ii. c’est la punicion de leur meffais & que par droituriere justice il

leur baillera/ il les gettera sur eulx quant nuit sera venue et ou

premier somme c’est quant le terme de leur punicion sera venu/ & qu’ilz

seront endormis en leur perseverence il getera partie des renars en

leurs blez et gaignages C’est que l’avoir mal acquis qu’ilz ont par le

sens d’icellui sera distribuez es mains des droiz heritiers.

Encore du vitupere des vices en general.

Mais de celle aux ordes ongles et qui tant courbes les a ou quel faulx

gouvernement tu vois les mouchettes de mes ruches qui pervertist le miel

de leur cire en sauvage amertume que t’en diray je n’as tu sentu

l’experience de son office/ deust se dieux t’ayst tel monstre estre

trouvé en ma maison pour mes enfans m’empoisonner & pervertir et si

villainement sustraire et par faulce amonicion de ses flateries les

rendre deshonorez par sa fame villaine qui rent ses acointes en ciel et

en terre tous diffamez/ Est il riens plus blamé que l’estre ou elle

abite tant soit le lieu sacré d’autre vertu/ helas ne deust pas estre cy

assise Car qui qu’elle accompaigne ne lui affiert mie s’embatre en mes

proprietez. Ha beste orrible et venimeuse comment as tu fait si mortel

sault comme du puis de enfer ou est ta naturel demeure jusques es

courages de mes enfans en qui habiter ne souloies/ ou sont alez mes

anciennes vertueuses portieres pitié et charité quant empeschee n’ont ta

hardiece/ Or me pasme le cuer de yre voyant ta cruauté qui ne donne lieu

a nulle vertu/ mais sanz misericorde esrache les fruis ains qu’ilz

soient meurs de leur tige/ ce fait ta felonnie assise es combles de ma

maison/ Et sicomme dit le proverbe maisgnee duite selon seigneur les

menistres d’iniquité suivent la trace de leurs chiefs par tes fallaces/

et de toy perverse qui tiens les clefs a force de mes escrins les

oeuvres et serres a ton vouloir a leur grant vitupere et prejudice en

font leur parement O moleste du monde/ tu sancsue infernale qui te

pourra assez vituperer/ n’es tu pas celle donques qui livres matiere aux

tourmens d’enfer et qui de cryer ne cesses affer affer/ fournase

insaciable et inestainsible qui te pourra assouvir n’a ja ton ardant feu

pire que gregois espris mes plus cheres choses Et ja te voy si effrontee

et magnifestement publique que nulle vergongne ne te tapist/ ne ceulx ne

se hontoient tant sont endurcis que tu compaignes.

¶ Ha bien prophetisa le temps que je voy et le lieu ou tu es en ces

proverbes salomon .xxx.e Chapitre ou il dit ainsi.

¶ _Generacio que pro dentibus gladios habet ut comedat inopes de terra

et pauperes ex hominibus_ Ha la generacion perverse qui en lieu de dens

usent de glaive non mie pour mordre mais pour tout trancher ce veons

magnifestement de la desloyale a qui ne souffit mie mordre se tout ne

tranche.

Piteuses paroles de la dame couronnee & recors de la sainte escripture.

O doulce amie et ma chiere nourrie/ et quant je sçay que dieux est juste

ne dois je penser que a tous jours pas ne dissimulera la paye de sa

droiture/ ne fait il grace quant la convercion qui trop retarde attent

sa misericorde mais sicomme naturellement la mere amoureuse de sa

porteure non obstant vices qu’elle y voye ne met en oubli l’amour

maternelle redoubte par desserte veoir la ruyne de ses filz/ ainsi

souspirant et lacrimeuse crainte et paour en freour me tient de

soubdaine vengence. Helas n’ay je cause de penser la figure de ma ruyne

en ce qu’il est escript ou .xv.e chapitre du livre des roys/ que comme

dieu de loy divine repreuve ceste dicte vicieuse gueppe/ sicomme son

contraire pour ycelle et a sa cause debouta saül roy que elle avoit

aluché/ lors que il l’ot envoyé en bataille contre le roy de amalech si

lui avoit deffendu que homme ne prensist a rençon mais tout meist a

l’espee comme orribles pecheurs et de dieu reprouvez ne vouloit plus sa

vie/ ne des despoulles retenist aucune chose/ mais comme saül mieulx

amast obeyr a ceste desloyale sancsue qui lui commandoit le contraire

que au commendement de dieu n’en fist riens Ains se volt engraissier des

faulces pastures de dieu vees/ et espargna le dit reprouvé roy/ pour la

quelle chose dieu appella samuel le prophete disant Je me repens d’avoir

ordené sus mon peuple Saül roy Dont comme le dit prophete reprensist

Saül d’ycelle forfaicture/ se volt excuser disant que les despoulles que

faites avoit/ c’estoit en entencion de a dieu les sacriffier/ de la quel

chose respondi le prophete/ mieulx vault obedience que sacrefice/ et

pour tant que par croire l’amonicion de la rapineuse as desobei/ Tu

seras debouté de ton royaume et adont le prophete le depposa et en oygny

david a roy/ Ha chiere amie et dois je penser que dieu dorme ne voy je

le temps que contre ses commandemens sont espargnees ses justices sur

les mauvais de droit divin condampnez a punicion/ mais qu’ilz ayent

pasture pour ficher en la quelle de la faulse adont tout est accoisie/

Mais voir est qu’ilz s’escusent d’aucune faulse couleur de bonté faisant

leur malefice/ vois tu tout commandement de loy mis arriere pour elle

paistre et nourrir sans nulle espargne/ Que diray je donques se je n’ay

paour que dieu soit muable qui ne peut estre/ & s’il ne l’est pour quoy

ne me touche ceste figure par semblable cas n’en voye les aprestes/ Car

bien est fol cil qui mal fait & bien espoire/ ne sont les estranges

aussi aptes a recevoir nouvelles proyes comme ilz souloient/ Et tout

ainsi comme cellui qui se sent coulpable ne vid sans la runge de

conscience/ le rent paoureux la paour de punicion ne de lui ne depart.

¶ Ancore a ce propos des malefices de ceste dampnee ne parla donques a

moy jhesucrist en la parabole de la vigne sicomme il dist en l’euvangile

des faulx coultiveurs lesquieulx comme ilz fussent de la maisgnie de

ceste doulereuse par envie d’avoir l’eritage n’occirent il les loyaulx

messages justement demandeurs des exfruis & comme ceste felonnie

engrigiast semblablement/ ne espargnerent leurs glaives le droit

heritier/ mais comme la sentence divine les despoulliast pour yceulx

crimes de toute possession/ et en revetist estranges cultiveurs les

miens cheus en la meismes fosse ne dois je doubter la meismes sentence/

Car comme le souverain maistre establi les eust coultiveurs de ma vigne

pour bon compte en avoir/ n’ont ilz occis les messages demandeurs des

exfruis/ c’est assavoir les causes de mon exaltacion/ et qui plus est/

le droit heritier c’est le loz de grace qui tous jours jusques a ore m’a

possedee/ mais tout ainsi que la femme ançainte la quelle non obstant le

desir de veoir le fruit de son ventre hors de soy a sauveté resongne la

douleur du temps de l’enfantement/ pareillement non obstant la joye de

l’esperance du bon reppareur avenir/ que dieu m’a promis/ je resongne le

mal par ou couvient que je passe ains que je y aviengne.

Encore de sa complainte.

Helas ancore de la paour que j’ay de ma ruyne n’ay je cause considerant

les dessertes de mes subgez/ car peut estre que ains la reparacion

attendue/ moult couvendra perir des miens Comme il soit vray que de

choses a avenir le temps mucié soit soubs le secret de dieu Sicomme la

promesse qu’il fist a abraham de ses lignees multiplier & croistre sus

la terre comme souvrains/ Et chose est certaine la parole de dieu estre

vraye/ Et toutevoye par les dessertes d’iceulx enfans et peuple d’ysrael

punicion a tres lonc temps leur a esté par mainte foiz de dieu envoyee/

comme il appert par la bible qui de ce fait mencion/ et puis quant dieu

bien les avoit punis les rappelloit a soy Et ancore au jour d’uy les

veons dispers et fuitis pour leur dessertes/ leur repparacion selon ce

que l’en tient par la dicte promesse sera quant lumiere de vraye foy

leur sera donnee Ceste figure me fait doubter grans perplexitez avenir/

ains le reparement de ma ruine/ Sicomme nous veons communement ou temps

d’orage grans escroiz de tonnoirres fouldres et tempestes cheoir

dommagiablement ainçois que le temps se resclaire/ Et se sur ce croire

n’en voulons des anciens les prophecies sicomme merlin les sibilles

joachin et mains autres qui nous dient tout plainement les advenemens de

noz adversitez et trebuchemens/ et se veoir les veulz en maint lieux les

trouveras plainement et a la lettre lesquieulx dis je laisse pour ce que

aucuns dire pourroient que comme ilz soient apocriffes ne doivent estre

recitez a cause de certaine preuve/ les textes des saintes escriptures

que nyer ne povons et ou n’a mençonge nous doivent a tout le moins estre

fondement de paour & petite asseurence/ et aussi les veritez des vrayes

histoires approuvees.

¶ Qui me gardera donques de trembler quant je cognois que la justice de

dieu riens ne passe sans punicion et je voy les occasions d’inconvenient

courir toutes communes c’est assavoir par especial les filles de

perdicion dessus descriptes et que tu as veues et le vent penetrant qui

donne l’enfleure maloite qui bestourne le sens d’omme raisonnable en

beste mue.

Des punicions des vices.

Que j’aye paour de la punicion qui tant rent enfermés mes plus prochains

par les exemples que de l’ire de dieu je treuve encore pour trop mendre

cas que ceulx que courir voy commis par mes pourprises Sicomme il est

escript ou second livre des roys ou derrenier chapitre/ que comme le roy

david une foiz ferus du vent dessus dit eslevast son cuer en l’enfleure

de ambicion de savoir quel puissance il avoit et de combien de gens

d’armes finer pourroit/ & pource savoir fit son peuple nombrer pour la

cause de ceste elevacion seulement dieu fu contre lui tant courroucié

qu’il lui manda par le prophete gad/ que il choisist de .iii. punicions

l’une ou .vii. ans par tout son royaume aroit famine/ ou .iii. mois il

seroit en fuite pour paour de ses ennemis ou .iii. jours pestilence de

mortalité aroit en son peuple/ Dont apres qu’il ot choisi la tierce

punission/ une tele mortalité sourdy qu’en son royaume mourut .lx. & .x.

Mille hommes. O doulce amie/ or regardes comme grant punicion pour chose

qui au regart de noz grans enfleures sembleroit bien petite boce.

¶ De ceste enfleure ancore et de la punicion de dieu envoyee comme il ne

la puist au lonc aler souffrir/ Est escript ou .iiii.e chapitre de

danyel que comme nabugodonosor une foiz alast et venist par mi sa sale &

son grant palais de babiloyne/ se gloriffiant et disent ne n’est ce pas

cy babiloine la grant/ la quelle pour ma maison royal j’ay ediffiee et

la poissance de ma force et la gloire de ma beauté. Adont disant ces

paroles vint une voix du ciel/ qui lui dist nabugodonosor escoute/ ton

royaume de toy est trespassé et bouté hors seras de la compaignie des

hommes & avec les sauvages bestes sera ta demeure/ & feing avec les

beufs tu mengeras ne fu pas mençongiere la promesse/ car gaires apres ne

tarda que executee ne fust en sa personne qui deboutez fu de la

compaignie humaine et ramené en fourme de beste paissant aux champs a la

pluye et au vent.

¶ A quoy querons nous autres prophecies/ ne nous sont cestes

souffisantes/ ne savons nous que dieu est inmuable comme dit ay/ et que

tel est ores comme lors estoit/ ne sont les escriptures toutes plaines

des veritez de ses punicions/ et de tant comme plus il les retarde de

tant plus grant paour avoir devons/ Tout ainsi comme de l’archer de tant

comme plus il retarde a frapper tandis que fort il tire la corde/ de

tant fiert il plus grant coup quant il assene/ que t’en diroie plus/

d’exemples infinis en sont qui nel croira si lise/ assez souffise ceste

narracion sus la dicte enfleure de mal affaire.

Encore de ce mesmes.

Encore de la deshonnesté qui ma gent de deffence et mes autres officiers

et meismement mes plus affins et prochains tient avec les autres

passions dessus dictes/ en ses liens comme cy dessus est dit. helas qui

n’aroit que un vice seroit a peu eureux/ mais mal pour cellui qui de

tous ou de plusieurs est avironnez et remplis/ ne me puis taire de

l’exploit de la grant condampnacion de dieu donnee contre son vice/ &

des maulx qui en viennent & au jour d’uy et tres les premiers temps

comme plusieurs royaumes destruis en ayent esté/ et pour ce doubter doy

quant je voy le cas pareil/ ce meismes flaiel/ exemple/ Dyna fille de

jacob fu ravie du filz du roy de Sichem et ce fu la cause de la

destrucion du dit royaume/ Amon se faigny malade pour avoir thamar sa

seur/ pour la quelle cause il fu de son frere absalon occis/ le

ravissement de heleyne par paris en grece fu cause de la destruccion de

troye. un roy de france comme racontent les croniques en fu chaciez et

exillez/ la force de tarquin l’orgueilleus faite a lucrece la chaste

dame de romme qui pour celle cause s’occist/ fu cause du desheritement

du roy tarquin et de son filz/ Et pour ce fait jurerent les rommains que

jamais a romme n’aroit roy. hanibal roy de cartage tant qu’il fu sans

l’acointance de la deshonnesté/ il fu vainqueur et victorieux es

batailles rommaines & en toutes pars/ Et fu son nom eslevé en proece/

mais si tost qu’aprist le repos & en delices s’enveloppa/ es quelles

prist l’acointance de ceste mauvaise chut en la vallee de male fortune

ne puis bien ne lui vint.

¶ Plus te diray et nottes que quiconques soit l’omme qui es dissolucions

communes s’enveloppe/ de ceste deshonnesté/ merveilles est se jamais

puis il a pris d’armes/ et se fortune en tous ses fais ne lui est

contraire/ puis que son cuer flote es eaues de ses dissolucions/ et se

n’estoit qu’il ne loit de nul diffamer publiquement de ce te donroye

exemple vray d’aucuns vivans au jour d’uy au monde sanz honneur/ loyez

de tieulx liens/ ancor te dis que pays terre ou regne dont des

chevetains est maistrece ne fructifie en honneur ne bonne renommee/ Et a

quoy plus alegueroye de ceste exemple la magnifeste experience le nous

declare/ mais de son trebuchement quoy qu’en aye dit devant/ ne couvient

autre prophecie/ ne mais les effais de la divine justice qui pour cause

de celle ebaluffree sanz frain de honte dont les humains estoient

remplis/ Dieu dit et sentencia que homme plus au monde ne seroit vivant

sus terre/ Et pour ce le deluge envoya jadis qui n’espargna creature

vivant fors noué & sa meisgnie que dieu ot preservez. Si pense & nottes

comment asseure je doy dormir.

Encore de ce.

Ancore de celle qui les voyes estouppe que verité ne saille/ C’est

fraude la perverse/ Sicomme dit valere le grant ou .ix.e livre que sa

tricherie barateuse est un mal mucié et espieus de qui les forces tres

efficans sont mentir et decevoir comme elle s’esjouisse en mençonges &

fallaces qui sont les faulx outilz de son soubtil art Et de ce parle

ysidore en ses synonimes qui dit que fraude ou barat est monstrer une

chose en semblant et faire autre en oeuvre/ Et cellui qui en lui l’a est

tricheur/ et par elle veult simuler et faindre l’issue de vertu/ de

ceste mauvaise vient desloyauté et foy mentie/ or prens garde se ma

terre et toutes mes cours sont semees de si fais hebarges/ ja moult

enracinez en de trop haulx lieux helas comment ne desplairoit a dieu

juste le vice de foy mentie de mençonge et de desloyauté entre les

freres parens et amis Et entre prochains sicomme il commande que ilz

aiment l’un l’autre quant meismement aux ennemis veult que foy soit

tenue/ et que il se courrouce du contraire le nous monstre assez par

l’exemple qui signefie des faulx jurans la grant punicion/ c’est

assavoir par ce qui est escript ou derrenier chapitre ou livre des roys

de zedechias roy de jherusalem qui brisa a nabugonodosor roy de

babiloine la foy promise que lui avoit/ pour la quelle chose le dit

nabugodonosor vint assegier jherusalem et dieu en sa main lui livra le

dit zedechias roy/ Si lui dit quant il le tint. Dieu qui het toute

infidelité de foy brisee & de mençonge te veult punir par ma main/ et

adont devant lui occire fist ses enfans/ & a lui crever les .ii. yeulx/

et lié de chayennes le fist prisonnier mener en babiloine/ Or regarde

que doivent les miens attendre des infidelitez que chacun jour s’entre

font tant innormes que l’un en l’autre ne se peut fier/ ne loyauté a

peine en part qui soit du grant jusques au mendre peut estre trouvee/

qui vit onques mais l’art de sofistiquacion si commune/ Car de ce semble

que chacun soit maistre et jusques aux entrailles des courages c’est

embatue celle art d’enfer et dyabolique/ si qu’il n’est a peine parole

dicte semblant fait ne chose ouvré qui ne soit sofistiqué en tele

maniere que elle a apparence de estre milleure qu’en effait de bonté

elle n’est trouvee. Si suis pour ces choses comme celle qui le baston a

sus le chief et le coup atent.

Encore de ce.

L'avision de Christine · 第 2 / 11 段