25 _id._ Signature présumée des arrangements à Neumarck.

26 _id._ Départ du duc de Vicence pour Prague, en conséquence de la

conclusion desdits arrangements.

* * * * *

_Note de M. de Metternich aux plénipotentiaires français._

Le soussigné, ministre d'État et des affaires étrangères de sa majesté

impériale et royale apostolique, désirant voir ouvrir dans le plus court

délai les négociations qui, d'ici au terme très-rapproché de

l'armistice, doivent conduire à la pacification des puissances

belligérantes, a l'honneur de s'adresser à LL. EExc. MM. le duc de

Vicence et le comte de Narbonne, plénipotentiaires de S. M. l'empereur

des Français, roi d'Italie, en les invitant à se concerter avec lui sur

le mode à adopter pour les négociations.

Il ne s'en présente que deux: celui des conférences et celui des

transactions par écrit. Le premier, où les négociateurs s'assemblent en

séances réglées, retardent par les embarras d'étiquette, par les

longueurs inséparables des discussions verbales, par la rédaction et la

confrontation des procès verbaux, et autres difficultés, la conclusion

bien au-delà du temps nécessaire; l'autre, qui a été suivi au congrès de

Teschen, d'après lequel chacune des cours belligérantes adresse ses

projets et propositions en forme de notes au plénipotentiaire de la

puissance médiatrice, qui les communique à la partie adverse, et

transmet de même et dans la même forme la réponse à ces projets et

propositions, évite tous ces inconvénients. L'extrait ci-joint en copie

fera connaître à LL. EExc. MM. le duc de Vicence et le comte de

Narbonne, la marche qu'on a observée dans cette occasion.

Sans préjuger les instructions que leurs excellences les

plénipotentiaires de France peuvent avoir reçues sur un objet sur lequel

l'Autriche a déjà d'avance fixé l'attention de leur cour, le soussigné a

l'honneur de proposer de son côté ce mode, par le double motif de

l'avantage énoncé plus haut, et de la brièveté du temps fixé pour la

durée des négociations. La cour médiatrice se trouve surtout portée à

préférer cette voie abrégée, par la considération que les hautes

puissances actuellement en négociation sont les mêmes dont les

plénipotentiaires ont été réunis pour le congrès de Teschen, et elle se

plaît à voir dans l'heureuse issue des transactions d'alors, le gage

d'un résultat satisfaisant des présentes.

Le soussigné saisit avec empressement cette première occasion d'offrir à

LL. EExc. MM. le duc de Vicence et le comte de Narbonne, les assurances

de sa haute considération.

Prague, le 29 juillet 1813.

_Signé_ le comte de METTERNICH.

À LL. EExc. le duc de Vicence et le comte de

Narbonne, plénipotentiaires de France.

* * * * *

_Note des plénipotentiaires français à M. de Metternich._

Les soussignés, plénipotentiaires de S. M. l'empereur et roi, ont

l'honneur de répondre aux notes qui leur ont été remises par S. Exc. M.

le comte de Metternich, ministre d'État des affaires étrangères de S. M.

I. l'empereur d'Autriche, plénipotentiaire de la puissance médiatrice.

La convention du 30 juin, par laquelle la France accepte la médiation de

l'Autriche, a été signée après que l'on fut convenu des deux points

suivants:

1° Que le médiateur serait impartial; qu'il n'avait conclu et ne

conclurait aucune convention, même éventuelle, avec une puissance

belligérante, pendant tout le temps que dureraient les négociations;

2° Que le médiateur ne se présenterait pas comme arbitre, mais comme

conciliateur, pour arranger les différends et rapprocher les parties.

La forme des négociations fut en même temps l'objet d'une explication

entre M. le comte de Metternich et M. le duc de Bassano. Il fut jugé

convenable de s'entendre d'avance à cet égard, parce que, dès la

négociation de l'armistice du 4 juin, la Russie avait manifesté ses

intentions et donné à connaître qu'elle voulait ouvrir des négociations,

non dans le but de la paix, mais dans la vue de compromettre l'Autriche

et d'étendre les malheurs de la guerre. On s'arrêta à la forme des

conférences.

Les soussignés ne peuvent que témoigner leur étonnement et leurs regrets

de ce que, depuis plusieurs jours qu'ils sont à Prague, ils n'ont pas

encore vu les ministres russe et prussien, et que les conférences n'ont

pas encore été ouvertes par l'échange des pouvoirs respectifs, et enfin

de ce qu'un temps précieux a été employé à discuter des idées aussi

imprévues qu'incompatibles avec le but de la réunion d'un congrès,

puisqu'elles tendent à établir que les plénipotentiaires doivent

négocier sans se connaître, sans se voir et sans se parler.

La question posée par le plénipotentiaire du médiateur, dans sa note du

29 juillet, lorsqu'il invite les soussignés à se concerter avec lui sur

le mode à adopter pour la négociation, soit celui des conférences, soit

celui des transactions par écrit, a été résolue d'avance par les

explications qui ont accompagné la convocation du 30 juin.

Toutefois voulant, autant que cela dépend d'eux, lever toutes les

difficultés et concilier les prétentions, même les moins fondées, les

soussignés proposent au plénipotentiaire du médiateur de n'exclure ni

l'un ni l'autre mode de négociations, et de les adopter concurremment

tous les deux.

À cet effet, on traiterait dans des conférences régulières, qui auraient

lieu une ou deux fois par jour, soit par notes remises en séance, soit

par des explications verbales qui seraient ou ne seraient pas insérées

au protocole, selon la demande ou la réquisition des plénipotentiaires

respectifs. Par ce moyen, l'usage de tous les temps serait suivi, et si

le plénipotentiaire russe persistait à vouloir négocier la paix sans

parler, il en serait le maître et pourrait faire connaître par des notes

les intentions de sa cour.

Les soussignés se flattent que leur proposition conciliera tout, et que

les conférences ne tarderont plus à s'ouvrir.

Mémoires du duc de Rovigo, pour servir à l'histoire de l'empereur Napoléon, Tome 6 · 第 77 / 79 题