On ne connaît ni le pays de Julien ni le temps où il vivait. Jacques
de Voragine fixe sa fête au 27 janvier, tandis que d'ordinaire on la
célèbre le 20; mais en Italie, en Sicile et en Belgique, elle tombe le
12 février, près de Barcelone, le 28 août.
Ferrarius, dans le catalogue des saints d'Italie, affirme qu'on honore
saint Julien dans le diocèse d'Aquilée, en Istrie; Domeneccus, dans
_l'Histoire des saints de Catalogne_, cite la vénération qu'on a pour
lui au bourg de Del Fou, qui fait partie du diocèse de Barcelone;
en Belgique, les hôpitaux étaient placés sous son invocation, et on
l'adorait pareillement à la bonne _Landgraefin_ sainte Élisabeth; enfin
on a imaginé qu'il aurait pu vivre chez les Carnes, en Vénétie, parce
que les fleuves y sont tumultueux et dangereux au passage.
Maurolycus rapporte qu'on le représentait en Sicile sous les vêtements
et l'attirail d'un chasseur; tandis qu'en Belgique les peintres en
faisaient un chevalier ou un seigneur, avec une petite barque à la main
et un cerf à son côté; on trouve enfin son histoire, «telle a peu près»
que l'écrivit Flaubert, sur un vitrail de la cathédrale de Rouen.
La vie de Julien a été recueillie dans la Légende Dorée, par Jacques de
Voragine, évêque de Gênes (mort en 1298), et c'est le même texte, sauf
d'insignifiantes variations, qu'on pouvait lire dans saint Antonin et
dans le _Spéculum historiale_ de Vincent de Beauvais (mort vers 1264).
Nous n'avons pas d'autres documents sur saint Julien; et la diversité
de ses insignes et de ses fêtes ne permet pas de conjectures sur sa
patrie, sur le siècle où il vécut, sur la noblesse de sa race. La
tradition religieuse, pour lui, est brève et obscure.
Voici la légende, telle qu'on la trouve dans saint Antonin: