Tandis que le train m'emportait assez lentement vers Dorking, je
cherchais le mot caractéristique dans l'œuvre de George Meredith et la
tendance générale de ses livres. Et je me rappelai ce cri à la fin des
cinquante sonnets qui composent le poème de _l'Amour moderne_:
_More brain, o Lord, more brain!_
La femme n'a pas assez de cerveau. Elle ne peut pas comprendre l'homme.
Il faut qu'elle se hausse jusqu'à son intellectualisme. Les cordes
de la lyre sur laquelle jouait l'Amour ne rendent plus qu'un son
discordant.
Concevons une nouvelle corde «ajoutée dans la pensée»: alors,
l'harmonie sera rétablie, et l'amour pénétrera dans l'intelligence;
deviendra, en vérité, un bien commun à la femme et à l'homme. Mais
«le sens des femmes est encore tout mêle de leurs sens». Que la femme
augmente son cerveau pour comprendre l'homme; que l'homme augmente
son cerveau pour comprendre la Nature. «Je joue pour des saisons,
non des éternités, dit la nature, souriant sur son chemin... Vers sa
rose mourante elle laisse tomber un regard de tendresse et passe, à
peine une lueur de souvenir dans la prunelle... Car elle connaît très
profondément les lois de la croissance, elle dont les mains portent
ici un sac de graines, là une urne... Cette leçon de notre seule
amie visible, ne pouvons-nous pas l'apprendre à nos cœurs insensés?»
Mais «nous ne nous nourrissons pas des heures qui s'avancent et nos
cœurs désirent les jours enterrés». Nous résistons à la Nature parce
que nous ne la comprenons pas assez. _More brain, o Lord, more
brain!_ L'activité exaltée du cerveau fera cesser l'éternel conflit,
l'incompréhension entre l'homme et la femme, entre les sociétés
factices et les passions de la nature.