Les fêtes de la consécration de l'église du Sacré-Coeur ont commencé
vendredi et n'ont pris fin que dimanche. Le cardinal-archevêque de
Paris, Mgr Richard, les présidait, assisté du pro-nonce apostolique, Mgr
Rotelli, du cardinal Foulon, archevêque de Lyon, d'une dizaine
d'archevêques ou évêques, et d'une foule nombreuse de prêtres des
diocèses parisiens.
La basilique, dont le gros oeuvre seul est à peu près terminé, n'était
pas assez vaste pour contenir tous les fidèles et les curieux qui,
pendant les trois jours, ont, pour assister aux fêtes religieuses,
escaladé la butte.
Nos gravures représentent les deux cérémonies principales du vendredi.
Dans celle que reproduit notre double page, le cardinal Richard, au
milieu de l'enclos qui s'étend devant la façade principale, portant la
chape d'or et la mitre, lit les paroles sacramentelles avant de bénir
l'extérieur du monument; dans l'autre. Mgr Rotelli, debout sous le
porche, présente, tête nue, selon le rituel romain qui interdit aux
prélats de garder la mitre devant l'ostensoir, le Saint-Sacrement qu'il
élève en face de lui, puis à droite et à gauche, au-dessus des têtes
inclinées de la foule. De ces hauteurs la vue est admirable, et nul
doute que dans cette position, unique au monde, le pèlerinage du
Sacré-Coeur ne devienne bientôt le plus célèbre de l'univers. La
procession pontificale a eu lieu après le discours du Père Monsabré, et
a clos le programme de la première journée. Le lendemain, les
pèlerinages des paroisses de la capitale ont commencé et se continueront
pendant le mois de juin.
L'extérieur de la basilique était orné d'oriflammes aux couleurs
françaises et papales, jaune et rouge. A l'intérieur, des plantes vertes
et des fleurs, à profusion: la chaire, le banc d'oeuvre, les trônes des
cardinaux, les sièges des dignitaires de l'Église, disposés autour du
sanctuaire, étaient tendus de lourdes draperies rouges à crépines d'or.