LES LIVRES NOUVEAUX

_Oreilles fendues_, par Gustave Guesviller l vol. in-12. 3 fr. 50

(Calmann-Lévy). Nous avons eu déjà l'occasion de signaler aux lecteurs

de l'_Illustration_, qui ont pu d'ailleurs les constater par eux-mêmes,

la franchise et l'agrément d'un recueil de nouvelles de M. Guesviller;

nous retrouvons dans celui-ci les mêmes qualités que dans son aîné.

C'est le monde militaire, mais ce monde très particulier du militaire

rendu à la vie civile, du retraité, qui a fourni à l'auteur le thème de

ses observations; nous y trouvons de la finesse, de l'ingéniosité, une

gaieté de bon aloi, et, s'il faut le dire, pas trop de psychologie: cela

repose.

_La Mandoline_, par Jean Sigaux. 1 vol. in-12, 3 fr. (Marpon et

Flammarion, éditeurs).--Un joli titre sur de jolies nouvelles, et M.

Jean Sigaux nous conte plaisamment l'histoire du choix qu'il en a fait.

N'a-t-il pas là, dans son recueil, réunies et tendues sous sa main, la

corde sentimentale, la corde héroïque, la corde philosophique? Rien de

plus vrai, n'est-ce pas? Et ne les fait-il pas vibrer à sa fantaisie? Eh

bien, voilà, et c'est à nous d'ajouter que, sous son doigt fort habile,

le petit instrument, qu'on pourrait croire légèrement démodé parce qu'il

est ancien, n'est pas sans charme, tant s'en faut, et qu'on s'arrête

volontiers pour l'entendre. Qu'on écoute, ou qu'on lise en particulier

_Joanny_, une trouvaille d'ironie comique, _Vengeance de femme_, un

drame de passion des plus corsés, ma foi! le _Paysan_, un terrible appel

aux souvenirs de la guerre, d'autres encore, le reste enfin: c'est une

heure charmante à passer avec le plus aimable conteur.

L'Illustration, No. 1585, 13 Juin 1891 · 第 11 / 26 题