M. Etienne, ministre de l'Intérieur, est allé présider, dimanche dernier,
à Saint-Etienne, l'inauguration du monument élevé par souscription à la
mémoire de Pierre-Frédéric Dorian, ancien ministre des Travaux publics
sous le gouvernement de la Défense nationale.
Ce monument, placé dans un square en face de la nouvelle avenue du
Président-Félix-Paure, est dû à la collaboration de deux artistes
foréziens, lauréats du Salon, MM. Ch.-Louis Picaud, sculpteur, et Marcel
La Maizière fils; sauf la statue en bronze, il est tout entier en pierre
de Comblanchien; le socle porte sur ses laces les armoiries de
Saint-Etienne et celles de Montbéliard, dont le maître de forges était
originaire, ainsi que les médaillons de ses fils, Charles et Daniel,
successeurs de leur père comme députés de la Loire. La composition de
l'oeuvre fait honneur au talent de ses auteurs.
[Illustration: Le monument de Pierre Dorian, inauguré le 16 juillet, à
Saint-Etienne.]
La cérémonie inaugurale a offert le caractère d'une imposante
manifestation. Dans un éloquent discours, M. Etienne, un des plus chers
amis de Gambetta, a justement associé le nom de Dorian à celui de
l'illustre patriote qui, en 1873, sur la tombe de son ancien
collaborateur de 1870, disait: «Grand citoyen, ta vie se résume en deux
mots: la pratique du travail, le culte de la patrie.» Dorian fut, en
effet, aux jours du péril national, l'organisateur actif, infatigable,
de Paris assiégé, et c'est là son principal titre à l'hommage durable
rendu à sa mémoire.
Au banquet qui a terminé la journée, M. Aristide Briand a pris à son
tour la parole. Il a célébré le «passé glorieux» de notre pays et ajouté
que, si la France était menacée, ce n'est pas parmi les socialistes, ses
amis, qu'on trouverait des hommes pour faire le jeu de ses agresseurs.
La note patriotique de ce discours a été fort remarquée.