Le 16 juillet a commencé en Belgique la «grande semaine», consacrée par
nos voisins à la célébration du soixante-quinzième anniversaire de leur
indépendance. Le programme comportait nombre de cérémonies,
manifestations et réjouissances; mais, avant toute chose, les premières
démonstrations patriotiques du peuple belge devaient s'adresser au
souverain qui naquit cinq ans après l'événement de 1830, solennellement
commémoré.
Donc, dimanche dernier, la résidence de Laeken, dont Léopold II s'est
plu, on le sait, à faire une sorte de «Versailles», a servi de cadre au
brillant prélude de la fête nationale. Au milieu du vaste parc, au pied
du monument de Léopold Ier, une loge tendue de pourpre avait été
dressée. C'est de là que le roi écouta la harangue du bourgmestre de la
commune, M. Bockstael, et y répondit, aux acclamations chaleureuses de
la foule.
Quelques jours auparavant, on aurait pu voir Léopold II se promener à
Laeken même avec beaucoup moins d'apparat. C'était un matin, vers onze
heures; le souverain, seul, en petite tenue de général, sans autre
escorte qu'un piqueur, à distance respectueuse, chevauchait le long de
la grille du parc, venant d'inspecter les travaux de la résidence. Or,
sur son passage, se trouvait juste à point un virtuose de
l'«instantané», qui prit le très intéressant portrait équestre que nous
reproduisons. Ce document est d'autant plus curieux que le roi ne monte
plus guère à cheval et qu'il a pour l'objectif une horreur notoire.
[Illustration: Mme et M. de Brazza. LA MISSION DE BRAZZA AU CONGO
FRANÇAIS.--Une palabre à Brazzaville.]
LE ROI DES BELGES LÉOPOLD II SE PROMENANT A CHEVAL A LAEKEN, PRÈS DE
BRUXELLES.
_D'après une photographie instantanée de M. G. Nadaud.--Voir l'article
ci-contre._
[Illustration: Façade sur la rue de Lille.]
[Illustration: Coupe longitudinale de la maison des Dames des Postes,
Télégraphes et Téléphones.]