--Mon enfant, dit-il, tu es sauvé! tu vas revoir ta mère!...
--Allons, John, poursuivit-il, prends-le sur tes épaules et file.
En même temps, il pesait sur la corde pour la tendre.
Le brouillard était devenu si épais qu'on ne voyait plus ni la fenêtre,
ni même la maison.
Cette corde qui était le salut de Ralph semblait pendre du ciel.
John prit l'enfant et le chargea sur ses épaules.
--Tiens-toi bien à mon cou, dit-il.
M. Bardel le lui plaça à califourchon sur les épaules, et l'intelligent
petit être passa les bras autour du cou.
Alors John voulut saisir la corde et commencer son ascension.
Mais soudain les forces lui manquèrent, les mains qui serraient la corde
se détendirent, un cri sourd lui échappa et il s'affaissa à son tour sur
le sol:
--Moi aussi, dit-il, je crois que j'ai mon compte.
Le poignard de M. Whip avait pénétré dans la cuisse de John un peu
au-dessous du bas-ventre, et John perdait beaucoup de sang.
Ce fut un moment terrible.
Un moment qui parut à M. Bardel avoir la durée d'un siècle.
Qui donc allait sauver l'enfant?
Ralph, qui était tombé avec John Colden, venait de se relever.