--Je regrette d'avoir pris le service de Burty, mon collègue.
--Pourquoi?
--Parce que j'aurais volontiers suivi M. Bardel, au cas où il se fera
ouvrir de nouveau la grille de master Pin.
--Mon cher Whip, répondit Jonathan, nous sommes de vieux amis et il
n'est rien que je ne fasse pour vous.
--Que voulez-vous dire?
--Je quitte mon service à l'instant.
--Ah!
--Et je n'ai rien à faire jusqu'à minuit; s'il vous plaît de sortir, je
prendrai volontiers votre service.
--Je ne demande pas mieux, dit M. Whip, ce que vous venez de me dire
m'intrigue au plus haut point; seulement, attendez que M. Bardel m'ait
remis le service et puis vous viendrez me remplacer.
--Comme vous voudrez.
Le programme de M. Whip fut exécuté à la lettre.
L'homme-fouet alla s'installer dans le corridor et rencontra M. Bardel,
qui lui dit:
--Je sors un moment, j'ai deux mots à dire à master Pin, je ferai ma
ronde à neuf heures.
Et M. Bardel s'en alla au rendez-vous que lui avait donné l'homme gris
dans la taverne de la reine.
Dix minutes après, Jonathan arriva et remplaça M. Whip. Alors celui-ci
sortit et grâce à sa clef passe-partout qui ouvrait toutes les portes
intérieures de la prison, il arriva jusqu'à la grille de master Pin.
Là, il prit une mine un peu effarée.
--Est-ce que M. Bardel n'est pas là? dit-il.
--Non, répondit M. Pin, il doit être à Queen's tavern.
--Il faut que je lui parle pour le service, dit M. Whip.
Le portier-consigne lui ouvrit sans difficulté.
L'homme-fouet se dirigea vers la taverne, mais au lieu d'entrer, il
demeura en dehors et colla son visage aux vitres que ne recouvraient
qu'imparfaitement des rideaux rouges.
Il aperçut alors M. Bardel en conférence mystérieuse avec l'homme gris.
Cela lui parut louche.
Au bout de quelques minutes, M. Bardel sortit.