A madame la comtesse de Saux[209], dix mil livres.
[Note 209: Auparavant marquise de Créqui, et mère du
maréchal de ce nom. Le comte de Sault, dont il a été parlé
plus haut, étoit son fils d'un second lit. Bullion avoit
été son amant et lui devoit sa faveur. V. Tallem., édit.
in-12, t. 3, p. 5-6.]
A madame de Balligny[210], dix mil livres.
[Note 210: Diane d'Estrées, soeur de Gabrielle et seconde
femme de Jean de Montluc, sieur de Balagny, maréchal
de France. Elle avoit une détestable réputation et la
méritoit. V. t. 5, p. 155.]
A madame de Guercheville[211], dix-huict mil livres.
[Note 211: Henri IV l'avoit aimée sans succès. Il l'attacha
à la personne de Marie de Médicis lors de son mariage avec
cette princesse. C'est l'une des rares honnêtes femmes que
nous trouvons dans cette liste de dames ayant pension de
Louis XIII, dit le _chaste_.]
A madame de Vauselaux, dix-huict mil livres.
A Françoise Joret, nourrice de Sa Majesté, six mil livres[212].
[Note 212: En 1641, c'est la nourrice du dauphin qui touche
une pension, mais de beaucoup moins forte: «A la demoiselle
de la Giraudière, première nourrice de M. le Dauphin ...,
1,200 livres.»]
Aux servantes des Enfans de France, quatre mil livres.
A Mathurine, douze cens livres[213].
[Note 213: C'est la _folle_ en titre d'office dont nous
avons déjà si souvent parlé. V. notamment _Caquets de
l'Accouchée_, p. 168, 261. Ogier, dans son _Apologie pour
Balzac_, p. 100, parle de Mathurine comme d'une _folle à
gages_. Ce livre parut en 1627, et Ogier dit qu'elle étoit
morte alors.]
A M{e} Guillaume[214], par les mains de M{e} Jean Lobeys, son
gouverneur[215], dix-huict cens livres.
[Note 214: Même note pour maître Guillaume, qui se trouvoit
être le fou de Louis XIII comme il avoit été celui de
Henri IV. V. pour lui _les Caquets de l'Accouchée_, p.
263, etc. Dans le _Lunatique à maître Guillaume_, l'une
des nombreuses pièces qui furent faites sous le nom de ce
fol ou à son sujet, il est parlé de sa pension, ainsi que
de celle de Mathurine: «Tu fais bien de ne pas aimer les
réformés, dit l'auteur à maître Guillaume ... car s'ils
étoient crus ... on retrancheroit les fols et les bouffons
... Eh! pauvre Mathurine, pauvre Angoulevant, pauvre maître
Guillaume, et tous tant que vous êtes de fous à chaperon et
sans chaperon, où seroient désormais vos pensions?»]
[Note 215: Les gouverneurs des fous de cour étoient
eux-mêmes des bouffons, témoins ceux qu'on avoit donnés
pour maîtres à Thoni, fou de Henri II et de Charles IX:
l'un s'appeloit Gui, l'autre La Farce. Il est parlé de
celui-ci, dont nous ne venons, bien entendu, de dire que le
surnom, dans une pièce qui se trouvoit parmi les archives
de M. le baron de Joursanvault, et que le _Catalogue_ (1re
partie, p. 64, nº 447) analyse ainsi: «Louis de la Proue,
dit La Farce, gouverneur de Thouyn (c'est le vrai nom de
Toni), _fou du roy_, va avec ledit Thouyn trouver le duc de
Lorraine de la part du roi.» (1560.)]
_Quatrains au Roy sur la façon des harquebuses et pistolets,
enseignans le moyen de recognoistre la bonté et le vice de toutes
sortes d'armes à feu, et les conserver en leur lustre et bonté, par
François Poumerol, arquebusier._
_A Paris, pour l'autheur, chez Pierre Rocolet, au Palais._