tantôt par les deux lettres _gh_, qui répondent assez bien au son que
les Arabes d’Afrique donnent au ق, qu’ils prononcent en effet comme un
_g_ dur et guttural. Mais comme les lettres _gh_ ont été aussi employées
dans le vocabulaire pour représenter le غ, il en est résulté quelques
méprises : le mot _bagh_, PUNAISE, en est un exemple ; c’est
incontestablement le mot arabe بق qui a la même signification. Dans le
vocabulaire, on a transcrit _bagh_ par باغ.
Je bornerai là mon examen ; et je dois me hâter de dire que, malgré les
imperfections que j’ai signalées, le vocabulaire de M. Müller n’en est
pas moins un document utile et important. C’est un travail tout fait
pour le premier voyageur qui visitera, après lui, l’Oasis d’Audjelah :
il n’y aura plus qu’à l’étendre et à le régulariser. Des hommes dévoués
à la science ont déja sillonné l’Afrique dans tous les sens ; ils ont
rapporté de leurs courses avantureuses des vocabulaires recueillis sur
divers points de ce vaste et inexplicable continent. Mais M. Müller est,
à ma connaissance, le premier voyageur qui aît publié un vocabulaire de
la langue parlée à Audjelah ; et, à une époque où toute notion acquise
sur l’Afrique est accueillie comme une conquête, l’auteur me paraît
avoir bien mérité des savants, et s’être préparé, pour l’avenir, des
titres à leurs suffrages.
AGOUB.
[Note 389 : Lorsque le mot de la langue d’Audjelah a conservé dans sa
dérivation les formes régulières de la langue arabe, j’ai écrit à côté
le mot arabe tout _formé_ ; dans les cas contraires, j’ai quelquefois
préféré n’écrire que la racine.]
[Note 390 : Pour زجاج, qui est moins employé dans l’arabe usuel.]
[Note 391 : Le manuscrit portait même افقيقه, mais j’ai corrigé cette
transposition.]
FRAGMENT
D’UN VOCABULAIRE DU LANGAGE DES HABITANTS
DE
L’OASIS DE SYOUAH.
RECUEILLI PAR M. FRÉDÉRIC MÜLLER.
* * * * *
PAIN. Khobz, Rgif. خبز, رغيف
VIANDE. Aksoum. اكسوم
HARICOTS. Loubieh. لوبيا
VIN. Khamar, Laguebi. خمر, لاقبي
LENTILLES. Ténifé. تنيفه
MOUTON. Hhaoli. حاولي
EAU. Aman. امان
COUTEAU. Tekhouset. تخوصة
PLAT, ASSIETTE. Thaza. طاظا
HOMME. Aogguit. اوقّيت
PIERRE. Adrha. ادغا
PALMIER. Tazoutat. تزوتات
FEU. Temsa. تمسه
FUSIL. Tabandact. تبانداقت
OUI. Eioua. ايوا
NON. Oula. اولا
JOUR. Asfa. اصفا
AUJOURD’HUI. Asfabidous. اصفا بيدو
ENCRE. Lemdad. لمداد
PLUME pour écrire. Laqalam. لاقلم
PLUME d’oiseau. Tericheh. تريشه
Donne-moi de l’encre. Aghat lemdad. اغاة لمداد
HERBE. Lealef. لهالف
BLED. Iarden. ياردن
ORGE. Teumzen. تومذن
DÉSERT, MONTAGNE. Adrhar. ادغار
MAISON. Abgguin. ابغين
TABAC. Tabrha. تبغا
NUIT. Ietaa. يتعا
CHAMEAU (le). Alrhoum. الغوم
ŒUF. Tébétoue. تبتوع
LE MANGER. Atchou. اتشو
LE BOIRE. Tesoua. تسوه
PAILLE. Loum. لوم
LAIT. Akhi. اخي
FÈVES. Yéouawoum[392]. يوواون
TURBAN. Alfaf. الفاف
COUVERTURE DE BÉDOUIN. Ahram. اهرام
PLACE, ENDROIT. Ankan. انكان
FIÈVRE. Tazaqt. طزقت
LONG. Athouïl. اطويل
SOULIERS. Zarabin. زربين
PEU. Ahibba. اهيبّا
BEAUCOUP. Koma. كوما
RASOIR. Terhosat. تغصات
HUILE. Dahan. دهان
OLIVIER. Azemmour. ازمّور
RAISIN. Tezrhaine. تزغاين
BOIS. Sarharhine. سغاغين
DATTES VERTES. Ghaouene. غاوين
DATTES MURES. Tena. تنا
PIED. Thar, pl. Techka. طار طشكا
LIVRE. Tekhtemet. تختمت
TAISEZ-VOUS. Sisem. سسم
ÉCOUTE. Sell. سلّ
TÊTE. Akhfi. اخفي
CHEVAL. Agmar. اقمار
JUMENT. Tegmert. تقمرت
NOUVEAU. Atrar. اترار
POUSSIÈRE. Ejdan. ازدان
NEZ. Tanezert. تنزرت
VOIS, REGARDE. Hommar. حمّار
HABIT. Kebraouêne. كبراوين
BRAS, COUDÉE. Fous. فوس
ŒIL. Thoth, pl. thaouene. طوط طاوين
FEMME. Taltan. تلتان
PÈRE, MÈRE. Abba, Omma. ابَّ امَّ
* * * * *
[Note 392 : Pour la conformité des deux orthographes, il faudrait
remplacer la lettre _m_ par un _n_, ou le ن par un م ; mais nous n’avons
rien voulu changer au manuscrit de M. Müller. Si ce _Fragment_ eût été
plus étendu, il aurait été l’objet d’un travail semblable à celui que
nous devons à M. Agoub sur le _Vocabulaire d’Audjelah_ ; il suffit de
dire ici qu’il contient une vingtaine de mots arabes et que le غ y est
presque toujours représenté par les lettres _rh_.]
* * * * *
EXPLICATION
DES
PLANCHES QUI ACCOMPAGNENT CETTE RELATION.
* * * * *
_Carte de la Marmarique et de la Cyrénaïque, comprenant les Oasis
voisines de ces contrées, dressée par l’auteur, d’après ses observations
astronomiques et ses itinéraires, et appuyée en plusieurs points sur les
cartes et les observations les plus récentes._
Privé durant son voyage de garde-temps, l’auteur n’a pu déterminer la
position des lieux en longitude, qu’en suivant les rumbs de vent de la
boussole, et en supputant les heures de marche. Quant à la fixation de
la latitude de ces lieux, et relativement à ceux situés dans l’intérieur
des terres, il s’est servi d’un octant et d’un horizon artificiel, avec
lesquels il a pu faire de fréquentes observations, mais seulement
jusqu’au mois de février, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la hauteur du
soleil n’eût pas dépassé quarante-cinq degrés. Les principaux lieux
observés sont :
Noms des lieux. Latitude
septentrionale.
Boumnah (ruines d’un château), vallée Maréotide 30° 51′ 35″
Ghattadjiah (ruines de Marée) 30 40 50
Abousir (ruines d’) 30 57 40
Lamaïd (château), fond du golfe des Arabes 30 52 00
Abdermaïn, puits 30 45 57
Dresièh (ruines de la ville de) 30 54 00
Maktaéraï, bourgade troglodyte 30 59 00
Puits d’El-Heyf 31 9 50
Djamernèh (ruines de), bourgs d’Antiphræ 31 6 00
Mahadah (port de) 31 11 57
Zarghah-el-Ghublièh, tombeau 31 7 40
Parætonium (extrémité orientale du port de) 31 18 00
Boun-Adjoubah, ruines de l’ancienne Apis 31 20 35
Chammès, tour d’Alchemmas 31 30 35
Zemlèh, puits au-dessus du plateau de Za’rah 31 38 00
Djédid, ruines dans la vallée des Lauriers 31 45 30
Combous, ruines 31 50 00
Toubrouk (côté septentrional du port de) 32 5 30
Klekah, ruines 32 4 50
Ain-el-Gazal, source située à l’extrémité orientale 32 10 30
du golfe de Bomba
Ersen ou Erasem, source située à l’extrémité 32 31 20
orientale du plateau cyrénéen
Derne 32 47 30
Ghardam, ruines d’Hydrax, ancien village situé sur 32 35 55
les confins méridionaux des terres fertiles
Bou-Hassan, tour 32 37 5
Koubbèh, ruines d’anciens thermes 32 46 10
Maârah, château 32 49 00
Massakhit, ruines d’une ville 32 50 5
Lameloudèh, ruines de Limniade 32 46 15
Natroun, ruines d’Erythron 32 55 00
Village au fond du golfe Naustathmus 32 54 00
Hal-Al, extrémité du promontoire Naustathmus 32 56 20
Boumnah (château de), Cyrénaïque 32 44 20
Lemlez, château 32 50 30
Téreth (Thintis) 32 46 00
El-Hôch, sanctuaire 32 49 20
Ouma-Bneib, ruines d’un village 32 51 50
Zaouani (mausolées de) 32 53 50
Ghernès, ruines d’une ville 32 46 2
Saf-Saf, ruines 32 47 30
Cyrène 32 47 30
Magharenat, magasins souterrains 32 50 00
Apollonie 32 54 25
Ptolémaïs 32 44 00
Teuchira 32 34 00
Ben-Ghazi (Bérénice) 32 8 5
_Carte de la partie orientale de la Pentapole libyque, dressée par
l’auteur._
La lisière blanche, qui suit les sinuosités de la côte, doit représenter
la petite plaine d’un quart de lieue environ de largeur qu’on y
rencontre partout, entre les bords de la mer et les premiers
escarpements de la montagne, depuis Derne jusqu’au cap Phycus. Le
travail topographique de la partie septentrionale donne une idée de la
disposition des terrasses boisées qui s’élèvent en échelons depuis le
littoral jusqu’au sommet des montagnes ; et celui de la partie
méridionale représente une portion du plateau cyrénéen, ondulé en tous
sens de vallées peu profondes.
_Plan des ruines de Cyrène, levé en 1825._
Ce plan a été dessiné et réduit au 8000e, sous la direction de M. le
chevalier Lapie, par M. Dufour, que recommandent déja plusieurs
importants travaux géographiques. Le dessin répond exactement aux
mesures géométriques prises à Cyrène, et explique suffisamment la
disposition du petit nombre de débris qui existent encore de cette ville
célèbre. Il suffit d’ajouter que la partie inférieure du plan représente
le point le plus culminant du plateau cyrénéen, la plaine sur laquelle
fut bâtie la ville ; et que la partie supérieure, sillonnée par les eaux
de la fontaine d’Apollon, doit figurer un terrain inégal, rocailleux,
couvert çà et là de quelques genévriers, qui s’étend au bas de la
Nécropolis. Quant à la Nécropolis elle-même, presque totalement taillée
dans le revers de la montagne, on a essayé d’en indiquer le gisement et
la disposition par des ombres, selon la méthode adoptée pour la
cartographie.
PLANCHE I[393].
VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE SITUÉ A ABOUSIR.
Ces ruines se trouvent sur une crête rocailleuse, couverte de sables, à
quelques pas des bords de la mer, et au nord de l’ancienne ville de
Taposiris, dont elles font partie. Les dimensions générales du mur
d’enceinte sont de quatre-vingts mètres de chaque côté ; celui qui forme
la façade dans le dessin est tourné vers l’orient. Selon toutes les
apparences, elles sont les débris d’un temple égypto-grec. MM. de
Chabrol, Lanout, Faye et Lepère, qui ont visité ce monument, y ont
trouvé dans l’intérieur des chapiteaux d’ordre dorique.
PLANCHE II.
FIG. 1.
_Ruines d’une mosquée située aux environs du lac Maréotis._
Ce petit édifice, construit avec les débris de monuments plus anciens,
est situé sur la lisière qui sépare les terres labourables de la vallée
Maréotide du désert de sables. D’après une assez grande quantité de
ruines parsemées aux environs de cette mosquée, et portant la plupart
des signes de réédification, on pourrait croire que ce lieu offre
l’emplacement de la ville de Marée, capitale du nome Maréotide.
FIG. 2.
_Vue d’un ancien phare, à Abousir._
Ce monument, vulgairement appelé _Tour des Arabes_, sert aux marins
actuels, à défaut d’autre élévation sur cette côte, à reconnaître la
position d’Alexandrie. Sa situation sur une petite colline qui domine
les ruines de _Taposiris_, plus que sa propre élévation, lui donne cette
utilité qui, d’ailleurs, fut sa véritable destination dans l’antiquité.
La plaine qui forme le second plan du dessin, peut donner une idée de
l’aspect de la vallée Maréotide, en y ajoutant toutefois plus de
végétation fruticuleuse que n’en offre la planche.
PLANCHE III.
VUE DU CHATEAU LAMAÏDE.
Ce château est situé sur les bords de la mer, au fond du golfe des
Arabes, et auprès d’une dune de sables qui côtoie une grande partie du
littoral de la Marmarique. Entre les frises de l’ogive en relief qui
décore la façade, on voit une inscription en grands caractères sculptés
en relief, par laquelle on apprend que cet édifice fut construit par le
sultan Bibars, contemporain de saint Louis. (_Voyez_ la traduction de
cette inscription, par M. A. Jaubert, insérée dans la _Relation_, p.
12.)
PLANCHE IV.
FIG. 1.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Baharièh._
Ce mausolée fut construit, ainsi que le dessin l’indique, sur un petit
plateau calcaire, éloigné de deux portées de fusil environ des bords de
la mer. Le côté septentrional du plateau contient des excavations
sépulcrales ; et sa surface, si ce n’est en totalité, du moins en
partie, fut pavée en larges blocs de pierres équarris. Ces divers
tombeaux faisaient infailliblement partie du cimetière de la petite
ville de Zygis, dont les débris sont épars sur la plaine, couverte de
flaques d’eau salée, qui sépare ces monuments des bords de la mer, et
dont le port, actuellement nommé Mahadah, se retrouve aussi à peu de
distance vers l’est.
FIG. 2.
_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Ghublièh._
Quoique ce petit monument, qui servit comme le précédent de tombeau, en
soit éloigné d’une heure vers le sud, sa situation sur le point le plus
élevé du canton, et son isolement, portent à croire qu’il fut de même
construit par les habitants de Zygis, mais probablement à une époque
antérieure, ce que semble attester la diversité du style de leur
architecture. Les rangées de pierres disposées en forme elliptique, que
l’on voit auprès de cet ancien édifice, donnent une juste idée de
l’architecture de la plupart des tombeaux bédouins.
PLANCHE V.
PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS DE LA MARMARIQUE.
FIG. 1, 2.
Places de deux grottes sépulcrales du mont Bomboa, décrit par Synésius.
FIG. 3.
Coupe et distribution du fond d’une pièce d’une des précédentes grottes
sépulcrales.
FIG. 4.
Place de la mosquée, dite Ghettadjiah, située dans la vallée Maréotide.
FIG. 5.
Coupe de la façade d’un tombeau égypto-grec, nommé Kassaba el-Chammamèh,
situé aux environs du golfe des Arabes.
FIG. 6.
Côté intérieur des murs de l’enceinte de la ville de Toubrouk.
PLANCHE VI.
VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.
Le village qui occupe la majeure partie du dessin est Mansour-el-
Tahatâni, un des cinq qui composent collectivement la ville de Derne.
C’est sur la plaine qui règne au bas de ce village que se trouve le
cimetière général de la ville. Il est remarquable que les habitants
choisissent l’opuntia pour orner leurs tombeaux préférablement au
cyprès, si commun dans le pays, et que les Orientaux ont l’habitude,
comme on sait, de placer auprès de leurs sépultures. Le château, flanqué
de quatre tours, qui domine, la ville, fut construit par les Américains
durant le court espace de temps qu’ils furent maîtres de Derne.
PLANCHE VII.
GROTTES SÉPULCRALES, DITES KENNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE
DARNIS.
On parvient à ces grottes par des marches taillées dans les endroits les
plus abrupts d’un ravin situé aux bords de la mer. Les grandes niches
creusées aux côtés de l’entrée principale, et les emblêmes du
christianisme qu’on y trouve dans l’intérieur, justifient le nom
d’église que leur donnent les Arabes.
PLANCHE VIII.
VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.
Le principal objet de ce pont est de servir d’aquéduc au ruisseau Bou-
Mansour, dont le cours actuel, à travers les petites terrasses cultivées
du vallon de Derne, était interrompu par le ravin el-Brouis, représenté
dans cette planche. Cet édifice a été élevé, il y a peu d’années, par
les ordres et aux frais de Mohammed-el-Gharbi, envoyé des États
barbaresques auprès du vice-roi d’Égypte ; ce qui peut donner une idée
du goût pour la civilisation et les établissements utiles, que Mohammed
Aly communique à ceux qui l’entourent, lors même qu’ils sont
indépendants de son pouvoir.
PLANCHE IX.
RUINES DE KOUROUMOUS. — INTÉRIEUR DU CHATEAU EL-HARAMI.
FIG. 1.
Ce monument, situé aux confins méridionaux des terres fertiles de la
Cyrénaïque, faisait partie des tombeaux de l’ancien village d’Hydrax.
FIG. 2.
Le nom de ce château sarrasin répond à l’usage auquel il servit pendant
long-temps. Situé à dix lieues de Derne, et à l’extrémité des gorges
étroites et boisées de Maârah et de Tarakenet qui conduisent à cette
ville, il offrait aux bandits un lieu de repaire très-favorable pour
dépouiller les voyageurs qui se rendaient à Derne. Les tribus des
environs se sont réunies, il y a peu d’années, et en démolissant le
château elles ont rendu leur contrée plus praticable.
PLANCHE X.
VUE, COUPE ET PLAN D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH.
Il paraît qu’indépendamment des différentes pièces dont ces thermes
étaient subdivisés, ils contenaient un nombre considérable de cuves
monolithes qui en faisaient le tour, et étaient situées sur un plan
inférieur à celui du reste de l’édifice ; apparemment pour recevoir plus
facilement les eaux par des rigoles. Celles de ces cuves qu’on tailla
dans le roc même y existent encore à leur place ; et d’autres, formées
séparément de blocs détachés, se trouvent dispersées çà et là au milieu
des ruines, et servent aux Arabes d’abreuvoirs pour leurs troupeaux.
FIG. 1.
Coupe d’une galerie intérieure des thermes, adossée contre la colline,
et se trouvant actuellement à découvert. En confrontant cette élévation
avec la vue en perspective, on reconnaîtra les parties qui ont été
restaurées.
FIG. 2.
Plan de la même galerie : la grotte que l’on voit dans le massif
d’ombres est taillée autour de la source qui alimentait les thermes, et
dont les eaux passaient au-dessous de la galerie par un canal
souterrain.
PLANCHE XI.
FIG. 1.
Vue de deux hypogées funéraires, situés dans la vallée de Koubbèh : les
niches de formes diverses qui en entourent les entrées, indiquent qu’ils
ont servi aux chrétiens de la Cyrénaïque.
FIG. 2.
Plans des deux hypogées précédents : leur position sur la planche
relativement au dessin de perspective, désigne l’hypogée auquel ils
appartiennent.
FIG. 3.
_Plan du château de Chenedirèh._
_a._ Chapelle chrétienne.
_b._ Entrées voûtées du château.
_c._ Mur de revêtement décrivant un talus, et arrondi à chaque angle.
_d._ Communications intérieures par de petites portes carrées.
_e._ Corridor.
_f._ Puits comblé.
FIG. 4.
_Plan des ruines du temple de Vénus, situé auprès de l’ancienne station
d’Aphrodisias._
_a._ Entrée du temple, située au sud.
_b._ Grand corridor qui paraît avoir régné tout autour de l’enceinte
générale.
_c._ Porte de ce corridor formée de deux pilastres d’ordre dorique.
_d._ Colonnes accompagnées d’un mur d’entre-colonnement.
_e._ Ouverture qui conduit à un réservoir souterrain.
PLANCHE XII.
VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.
Tel est l’aspect qu’offrent un grand nombre de petites Nécropolis des
anciens bourgs de la Cyrénaïque : une falaise irrégulière dans laquelle
sont creusées en tous sens des grottes sépulcrales. Sur le devant, comme
dans celle-ci, s’étend ordinairement un beau tapis de verdure ou un
champ de céréales ; et sur le sommet sont épars les débris du bourg. Le
grand nombre de niches de toutes formes que l’on voit, soit dans les
métopes et les entre-colonnements de la façade, soit isolément sur le
mur de la falaise, appartiennent au moyen âge.
PLANCHE XIII.
PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, A MASSAKHIT.
Ce tombeau fait partie de la même Nécropolis. Les emblèmes chrétiens et
le arabesques qu’il contient, confirment évidemment l’opinion émise
relativement à l’époque à laquelle on vient d’attribuer les niches qui
couvrent la falaise sépulcrale de la planche précédente.
PLANCHE XIV.
VUE D’UN CHATEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES
ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.
Tel est le coup d’œil que présentent constamment, à plus ou moins de
conservation près, ces nombreux châteaux romains que l’on trouve sur
chaque élévation qui avoisine la moindre bourgade de la Cyrénaïque. Les
Arabes les désignent tous indistinctement par le nom de _Sirèh_, mot
remarquable qui offre une analogie palpable avec celui de _Cyré_ ou
_Cyra_, que les anciens Libyens donnaient à la montagne sur laquelle fut
bâtie Cyrène, et qui signifiait peut-être dans leur langage _montagne_
ou _élévation_.
PLANCHE XV.
VUE DU KASSR SENNIOU. — CIMETIÈRE ANTIQUE A SAFFNÈH.
FIG. 1.
Ce château fut construit par les Sarrasins avec les débris d’un ancien
monument. Le souterrain dont on aperçoit l’entrée sur la planche,
contourne une partie de l’édifice, et fut destiné à contenir des
tombeaux. Cette disposition se rencontre souvent dans la Cyrénaïque
auprès d’autres ruines semblables à celles-ci, telles que Maârah,
Chenedirèh et autres.
FIG. 2.
Ce cimetière, malgré l’ogive des voûtes, appartient à une époque
antérieure à l’invasion des Sarrasins dans la Cyrénaïque. On sait
d’ailleurs que les monuments sarrasins de cette période contiennent des
voûtes en fer à cheval : les ruines de Ladjedabiah (Voy. _Planche_
LXXXIX) nous en offrent des preuves, même dans cette contrée.
PLANCHES XVI, XVII, XVIII.
VUES DES MAUSOLÉES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI, AUX ENVIRONS DU
GOLFE NAUSTATHMUS.
Ces tombeaux, les plus élégants et les mieux conservés de tous ceux que
l’on trouve dans la Cyrénaïque, joints à un grand nombre d’autres en
partie détruits et à de belles grottes sépulcrales ornées de façades
doriques, formaient la Nécropolis d’une ville très-considérable,
inconnue des anciens géographes. Les ruines de cette ville ont même
conservé chez les Arabes une désinence grecque : elles sont appelées
_Ghertapoulous_ ; on les rencontre à un quart d’heure de distance des
tombeaux vers le nord, et au sommet d’un profond ravin qui correspond au
fond du golfe Naustathmus. Il faut aussi faire remarquer que, de même
que la plupart des ruines des villes et villages de la Cyrénaïque,
celles-ci offrent des témoignages marquants du séjour qu’y ont fait les
Chrétiens. On est donc en droit d’être surpris que les auteurs de cette
dernière période aient, comme ceux de la haute antiquité, négligé de
parler de cette ville, qui, d’après sa situation auprès de la plus belle
rade de la Cyrénaïque et ses magnifiques débris, dut infailliblement
jouer un rôle important dans l’histoire de cette contrée.
PLANCHE XIX.
COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MAUSOLÉES DE ZAOUANI.
FIG. 1.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVI.
1. _a._ Plan de ce mausolée.
1, _b._ Détail des sculptures de la façade du même monument.
FIG. 2.
_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVII.
2. _a._ Plan de ce mausolée.
2, _b._ Détail des sculptures de la façade.
FIG. 3.
_Coupe du Mausolée, formant un carré rectangle, de la_ PLANCHE XVIII.
L’intérieur de cet élégant édifice est subdivisé en trois cloisons, sans
ouverture extérieure, et remplies chacune d’ossements d’enfants en bas
âge.
PLANCHE XX.
VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.
Ces ruines, pittoresquement situées sur le penchant d’une belle colline,
faisaient partie d’un monument plus considérable, et un des plus anciens
de la Cyrénaïque parmi ceux dont il existe encore des débris, mais dont
il serait difficile d’assigner la véritable destination.
PLANCHE XXI.
RUINES DU CHATEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.
Ce château offre un exemple du système qui paraît avoir été adopté de
tous temps en Cyrénaïque pour la construction des châteaux, consistant
dans une double ou triple superposition de pièces voûtées. Le témoignage
des ruines actuelles permet de dire que ce système fut établi par les
Grecs, adopté par les Romains et imité par les Sarrasins. Les châteaux
évidemment grecs de Lemschidi et de Lemlez auprès du golfe Naustathmus ;
ceux de Chenedirèh, d’Ay-Thas, de Tebelbèh, de Thaoughat, de Boumnah, de
l’époque romaine, caractérisée par les voûtes en plein cintre ; et
enfin, ceux de Mouchedachieh, d’El-Harâmi, de Bénéghdem et de Diounis,
évidemment sarrasins, offrent des preuves encore existantes de ce
système de superposition adopté successivement par les divers peuples
qui ont occupé la Cyrénaïque.
PLANCHE XXII.
VUE DES RUINES DE DIABORAH.
Le mur d’enceinte dessiné sur le premier plan de cette planche
appartient à un vaste édifice funéraire, le seul de ce genre que l’on
trouve dans la Cyrénaïque. Les tombeaux qui l’entourent sont la plupart
taillés dans le roc vif, et peuvent donner une idée de l’aspect
qu’offrent en Cyrénaïque un grand nombre de petites Nécropolis dépendant
des villes ou des villages situés dans les plaines, dépourvues
d’élévations suffisantes pour y creuser des grottes sépulcrales.
PLANCHE XXIII.
VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.
Le principal édifice que renferme cette planche paraît être d’anciens
thermes, dont les voûtes en plein cintre indiquent l’époque romaine. Les
petits soupiraux que l’on voit à la partie supérieure des voûtes,
offrent une analogie marquante avec la disposition des bains actuels de
l’Orient.
PLANCHE XXIV.
VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.
Les mausolées de forme circulaire sont très-rares dans la Cyrénaïque ;
et il est à remarquer qu’ils furent ordinairement construits sur des
élévations et presque toujours isolément, de manière qu’on pût les
apercevoir de très-loin. La grande excavation que l’on voit au-dessous
de ce mausolée fut destinée à servir également de tombeau : l’avenue
taillée dans le roc qui en précède l’entrée se retrouve auprès de toutes
les grottes sépulcrales, toutes les fois que les localités l’ont permis.
PLANCHE XXV.
PLANS ET COUPES DE DIVERS MONUMENTS DE LA CYRÉNAÏQUE ET DE L’OASIS
D’AUGILES.
FIG. 1.
Plan des bains de Ghernès.
1, _a._ Mur construit par les habitants actuels, qui ont métamorphosé
cette partie des bains en tombeaux.
FIG. 2.
Plan du tombeau circulaire situé auprès de Ghernès.