Les villages épars dans les trois Oasis nommées, sont bâtis en blocs de

pierre, tirés d’une épaisse couche schisteuse que l’on trouve sous les

sables à six pieds environ de profondeur. La plupart des maisons ont une

enceinte extérieure avec une hutte conique au milieu, faites l’une et

l’autre en branches de palmiers : elles servent à renfermer les dattes

et les troupeaux. Quant aux habitants, si l’on en croit leur propre

rapport, ils peuvent fournir environ trois mille hommes armés, ce qui

porterait la population totale sans distinction d’âge ni de sexe, à neuf

ou dix mille ames.

_Sibillèh_, située à trois lieues et au nord du village principal, est

la seule source de tout le canton. Ainsi point de ruisseaux, comme à

Ammon et à l’Oasis de Thèbes, qui consolident autour d’eux le terrain,

le parent de fleurs et de verdure, répandent la fraîcheur dans les airs,

et vont enfin serpenter et se perdre au milieu de petits jardins où

croissent en abondance les arbres fruitiers et les plantes potagères ;

jardins d’autant plus agréables qu’ils sont, la plupart, remplis de

citronniers et de grenadiers, dont les branches s’entrelacent ensemble,

et forment d’épais ombrages, des voûtes fleuries et parfumées sous un

soleil de feu et au milieu d’un désert sans ombre ; tel était un des

plus doux attraits du jardin des Hespérides de la Cyrénaïque.

Au lieu de ces bienfaits accordés par la nature à ces Oasis, on ne voit

à Augiles que des puits creusés à une vingtaine de pieds de profondeur,

revêtus de troncs de dattiers, et d’où l’on extrait des eaux plus ou

moins saumâtres. C’est avec ces seules ressources que les habitants

s’efforcent d’alimenter la végétation de quelques champs, si l’on peut

même donner ce nom à des bandes de sable, métamorphosées en humus, par

les débris des palmiers et par de journalières et pénibles irrigations.

Toutefois au moyen de cette lutte de l’industrie contre la nature, on

parvient à faire croître l’orge et plus difficilement le blé ; le

_doukhn_, espèce de millet dont se nourrissent en général les habitants

de l’Afrique, est la plante qui se refuse le moins à cette ingrate

culture ; le piment et le pourpier s’y montrent aussi peu rebelles ; on

peut en dire autant de l’ail et de l’oignon qui occupent à eux seuls de

petits champs entiers ; mais il n’en est pas de même des tomates, des

melons d’eau et des gourmands _melloukhièhs_, dont on ne peut obtenir, à

force de soins, qu’un petit nombre de plantes. Enfin, les seigneurs les

plus riches du canton, ceux qui ont à entretenir un cheval, ce qui n’est

pas une médiocre affaire dans cette pauvre Oasis, emploient plus de

précautions encore pour faire germer dans le sable un peu de _bercim_,

de ce trèfle symbole des gras pâturages de la vallée du Nil. Le bey

_Abou-Zeith_ m’en montra avec orgueil auprès de sa demeure une prairie

d’une vingtaine de pieds d’étendue.

Isolés au milieu des déserts, n’ayant dans leur triste patrie brûlée par

le soleil aucune des compensations que les autres Oasis offrent à leurs

habitants, ceux d’Augiles ont dû être essentiellement voyageurs. Ils se

destinent dès l’enfance à cette carrière, et ils y deviennent fort

habiles. Je dis habiles, puisque, par la situation du sol ingrat qu’ils

habitent et par l’indispensable besoin d’en sortir quelquefois, l’art de

parcourir les déserts doit être à ces hommes, ce que l’art de naviguer

serait à des insulaires relégués sur de stériles rochers. La

connaissance des astres est, comme on s’en doute, le point fondamental

de cet art ; ils en conservent avec soin les principales notions qu’ils

se transmettent de père en fils. Quant aux procédés de l’enseignement,

ils sont peu compliqués : le seuil de leurs cabanes est leur

observatoire, leurs télescopes sont leurs regards perçants qu’ils

peuvent promener à l’aise sur l’immense pavillon qui se déroule, sans

taches, au-dessus de leurs têtes.

Qu’un Européen aille assister aux séances pastorales de ces académies du

désert ; l’objet en vaut la peine. Qu’il aille s’asseoir au-devant de la

cabane rustique, sur le sable rafraîchi par les brises de la nuit, au

milieu des vieillards, des femmes et des enfants ; et il verra l’ancien

du village, dont la figure vénérable s’animera aux rayons de la lune,

indiquer à l’assemblée de la voix et du geste les diverses

constellations ; il l’entendra décrire les cercles et les ellipses des

planètes, dénombrer les étoiles fixes, les nommer par leurs noms

classiques quoique altérés par la langue et les traditions, et désigner

par leur moyen les routes inaperçues sur les plaines unies du désert,

mais tracées dans le firmament : il sera frappé de la patriarcale

simplicité de ses paroles et de la religieuse attention de l’auditoire.

Il entendra ensuite les jeunes gens répéter avec recueillement les

leçons du vieillard ; il verra même de petits êtres tout nus, assis sur

les genoux de leurs mères, lever leurs mains enfantines vers le ciel, et

balbutier les noms des guides futurs de leurs lointains voyages ; puis,

à une sévère réprimande, cacher leur figure honteuse dans le sein

maternel. Le pétillant vin de palmier terminera la séance ; il répandra

la gaieté parmi les assistants, et l’Européen en les quittant conservera

une longue impression, je n’en doute point, de cette séance pastorale

formée dans un coin du désert, et dont il ne pourra sûrement contester

l’utilité.

Les approvisionnements de comestibles que les habitants d’Augiles sont

obligés d’aller faire chaque année à Ben-Ghazi, commencent à mettre en

pratique leur éducation voyageuse. Ces approvisionnements consistent en

céréales, beurre et bestiaux contre lesquels ils échangent leurs dattes,

dont la qualité exquise, de beaucoup préférable à celles des autres

Oasis libyques, fut appréciée même dans la haute antiquité[381]. Le

voyage de Tripoli, moins nécessaire pour eux, est aussi moins fréquent.

Ils se rendent plus souvent à Syouah, mais ils ne font ordinairement que

s’y arrêter quelques jours, pour continuer ensuite leur route vers la

vallée du Nil, où ils apportent les peaux de chèvres et le miel des

montagnes de Barcah, et un petit nombre de plumes d’autruche, fruit de

leur propre chasse aux environs d’Augiles. Mais ces courtes excursions

sont généralement abandonnées aux jeunes gens encore inexpérimentés, et

à quelques vieillards leurs guides, qui terminent ainsi leur carrière

comme ils l’ont commencée. Les grands déserts du sud, la spacieuse

vallée du Soudan, en un mot les provinces centrales de l’Afrique et

particulièrement la ville de Tombouctou, tels sont les lointains et

productifs voyages qu’entreprennent les hommes dans la force de l’âge,

et dont la durée atteint quelquefois plusieurs années : le commerce des

esclaves en est malheureusement l’objet exclusif.

Ainsi des hommes patients, laborieux, sobres, entreprenants, et si

fidèles à leur parole, que l’inviolabilité de leurs serments est passée

en proverbe dans toute la Libye, de tels hommes, dis-je, emploient les

plus belles années de leur vie, les fruits de leur utile expérience à

aller arracher du fond de l’Afrique des essaims de jeunes nègres, pour

les conduire aux marchés du Caire et de Tripoli. Ils mettent entre ces

enfants et leur patrie des déserts immenses, les chassent nuit et jour

devant eux comme de vils troupeaux, et, chose incroyable, si je n’en

avais pas été le témoin, ils forcent, chemin faisant, leur douleur à

chanter, de crainte que la mélancolie n’engendre parmi eux une funeste

contagion, ce qui, malgré leurs cruelles précautions, arrive bien

souvent. On avouera qu’il est fâcheux de voir tant de vertus péniblement

acquises et plus péniblement exercées, employées à de pareils résultats.

Indépendamment des traditions de l’histoire, d’après la seule idée que

j’ai donnée du sol et de la situation d’Augiles, on ne doit pas

s’attendre à y trouver, de même qu’aux Oasis d’Égypte, les moindres

vestiges de ces beaux monuments qu’un habile voyageur, M. Cailliaud,

dévoila naguère au monde archéologue. Les seuls édifices antiques dont

on puisse y apercevoir des traces témoignent mieux que mes paroles le

peu de ressources que cette Oasis a dû offrir de tous temps à ses

habitants. Ces édifices consistent en grands massifs de briques crues au

nombre de trois, contenant chacun un puits au milieu. Il n’en reste, à

peu de chose près, que les fondements ; mais, autant qu’on peut en juger

par la disposition de l’ensemble, ce devaient être de grandes tours

semblables à celles que j’ai rencontrées sur le plateau cyrénéen : c’est

dire que je les crois aussi d’origine libyenne, puisque les Sarrasins

n’ont jamais employé, du moins dans ces contrées, les briques crues pour

leurs édifices. Les opinions des Arabes sur des monuments antiques ont

sans doute une bien faible valeur ; mais il en est qui se distinguent

par leur simplicité, et par conséquent par leur vraisemblance, et

celles-là ne sont point à dédaigner : de ce nombre est le récit que je

vais rapporter.

C’est le cadi d’Augiles qui parle ; il est placé sur un de ces

monticules de ruines, et avec son long bâton il indique le village :

« Avant qu’il fût bâti, dit-il, là où l’on voit maintenant ces maisons

existait une plaine couverte de soudes et de roseaux ; et à l’endroit

même où nous sommes s’élevait un château dont les murs se rétrécissant

de la base au sommet le faisaient ressembler aux pyramides du Caire.

Cette forêt de dattiers qui nous entoure n’a pas été plantée par les

croyants ; de tous temps elle couvrit ce canton : elle forme maintenant

nos richesses, auparavant elle était le prix des fatigues du voyageur.

Néanmoins quelques familles de pasteurs de la côte venaient chaque année

en recueillir les dattes, conduisant avec eux leurs troupeaux qui

trouvaient un bon pâturage dans la plaine de soudes. Le château servait

à renfermer la récolte, et à veiller à sa sûreté : à cet objet, le chef

des pasteurs l’occupait. Si par hasard il apercevait dans l’horizon

quelque caravane nombreuse, il faisait un signal, et ils accouraient

tous vers le château avec leurs troupeaux, où ils s’enfermaient jusqu’à

ce que les étrangers eussent quitté le canton. »

Quoi qu’il en soit des circonstances qui accompagnent cette tradition,

le fond en paraît d’autant plus probable qu’il s’accorde avec d’autres à

peu près semblables recueillies dans d’autres Oasis, qui semblent aussi

n’avoir servi que de lieux de campements annuels durant cette période

qui séparé la haute antiquité du moyen âge, c’est-à-dire, entre

l’expulsion ou la retraite des Libyens ou des Éthiopiens, et la

fondation des villages Berbères ou Arabes.

Il est toutefois certain que les villages actuels d’Augiles existaient

au moins dès le quinzième siècle, d’après le témoignage de Léon

l’Africain ; et, ce qui est plus intéressant, on voyait encore à cette

époque les trois châteaux dont je viens de parler : quelques détails du

voyageur arabe, à leur sujet, m’auraient épargné bien des paroles.

Quant aux époques de la haute antiquité, l’Oasis d’Augiles fut

incontestablement habitée ; mais quoique Étienne de Bysance ait dit

qu’il y existait une ville[382], je ne crois point qu’il faille prendre

ce mot à la lettre, d’autant plus que ce géographe n’a pas été sobre de

pareilles dénominations. Il me paraît plutôt probable que les

Augilites[383] durent avoir des habitations semblables à celles des

autres peuplades qui s’étendaient plus à l’ouest, c’est-à-dire, quelques

excavations faites dans la roche ; c’est ce que l’on peut d’ailleurs

inférer tant du silence de l’histoire sur cette prétendue ville, que de

quelques traditions qui se rapportent aux Augilites et au pays qu’ils

habitaient. Hérodote, auquel il faut toujours avoir recours, m’offrira

les dernières, et je les trouverai tellement fidèles, qu’elles

pourraient encore servir à décrire l’Augiles moderne.

Il a parlé de ses forêts de palmiers, de la qualité exquise de leurs

dattes, et nous avons dit qu’elles sont la plus grande ressource que

possède encore Augiles. La seule fontaine qu’on y trouvait de son temps,

est la seule qu’on y trouve de nos jours ; c’est _Sibillèh_. La seule

colline qui, d’après l’historien, existait dans ce canton, est la seule

qui interrompe la monotonie de son immense plaine de sables : elle

occupe la partie nord du village principal. De plus, il ajoute que cette

colline, comme celles d’Ammon, était de sel[384] ; et dans le monticule

de spath calcaire d’Augiles, comme aux collines d’Ammon, nous trouvons

des masses de sel gemme. Ainsi vingt-trois siècles ont passé sur le

canton d’Augiles, et les mêmes ressources qu’il offrait aux anciens

habitants, il les offre aux habitants actuels ; exceptons-en les

villages arabes, et c’est encore le même aspect. Cette idée ne déplaît

pas au voyageur ; il aime à s’y arrêter, car le plus souvent ce qu’il a

de mieux à faire dans ces déserts, c’est de chercher à ranimer sa pensée

aux souvenirs des âges antiques. Le voilà donc parmi les Libyens

d’Augiles ; que faisaient-ils dans ce triste pays ? Quels étaient leurs

mœurs, leurs usages ? C’est ce qu’il se demande ; malheureusement

l’histoire ne lui offre que bien peu de renseignements. Les seuls

qu’elle ait transmis à ce sujet sont relatifs à leurs croyances

religieuses, qui ne laissent pas que d’avoir quelque chose de

particulier. Différemment des Libyens nomades, les Augilites, au lieu

d’adorer les astres, n’avaient d’autres dieux que leurs mânes, ne

juraient qu’en leur nom, les consultaient comme des oracles, et dans ces

occasions ils dormaient sur les tombeaux, et prenaient leurs songes pour

les réponses des mânes[385].

On peut observer en passant que ce n’est pas sans intérêt pour

l’histoire de l’esprit humain que l’on voit cette bizarre croyance

exister avec des caractères à peu près semblables, et peut-être dès la

même époque, en des lieux fort éloignés de cette Oasis, dans les îles

Mariannes, dont les habitants n’invoquent, comme les anciens Augilites,

d’autres dieux que les esprits de leurs morts qu’ils appellent Anitis,

et auxquels, dit Bernardin de Saint-Pierre, d’après le père Gobien, ils

attribuent le pouvoir de commander aux éléments, de changer les saisons,

et de rendre la santé[386]. Ce serait sans doute en pure perte que l’on

chercherait à cette anomalie morale observée en des lieux si distants

entre eux, d’autre fondement que la bizarrerie de l’esprit humain. Me

bornant donc à mes seuls Augilites, je dirai que l’on trouve encore de

nos jours dans leur Oasis des témoignages marquants de ce culte. Ces

témoignages, du moins, j’ai cru les rencontrer auprès d’une excavation

antique située à _Djallou_. On y pénètre par une entrée carrée taillée

dans la couche de roche schisteuse que j’ai dit régner partout dans ces

Oasis à six pieds environ au-dessous de la surface du sol. Latéralement

à l’excavation sont deux escaliers qui du fond en atteignent le sommet :

ses dimensions totales sont de sept mètres de chaque côté. Ce petit

hypogée, découvert et déblayé il y a peu d’années par les habitants,

n’offrirait par lui-même aucun indice des usages que j’ai rappelés, si

d’autres circonstances ne s’y rattachaient. Le chef du village me montra

une petite colonne en quartz de deux pieds six pouces de hauteur et de

forme conique, que l’on avait retirée de la grotte lors du déblayement.

Une autre pierre retirée aussi du même endroit, couronnait la tombe d’un

Santon : celle-ci, à peu près de la même hauteur que la précédente, est

de roche granitique et d’une forme différente : elle figure un bloc

carré dont les deux côtés supérieurs seraient en angle rentrant[387].

Ces deux monuments ont quelque rapport avec certaines pierres votives

des anciens ; et l’on avouera que s’ils sont dépourvus de caractères

plus décisifs, le canton reculé où ils se trouvent, l’espèce de roche

dont ils sont formés, qui lui est étrangère et qu’on a dû y apporter de

loin, et surtout le lieu même dont ils ont été retirés, offrent par

différentes raisons plusieurs points d’analogie avec les usages

tumulaires des anciens Augilites. On sait combien le sable est

conservateur : les antiquités extraites des catacombes de l’Égypte en

sont d’assez fortes preuves. Ce ne serait donc pas émettre une

conjecture dépourvue de fondement, si l’on supposait que ces petits

monuments renfermés pendant une longue suite de siècles dans un hypogée

sépulcral, et enterrés sous les sables, fussent des pierres votives que

les Augilites auraient élevées à leurs mânes, et offrissent par

conséquent des témoignages encore existants de la fidélité des récits de

l’histoire, et du culte funéraire des anciens habitants d’Augiles.

Pendant que je suis encore aux portes de l’Afrique, entouré d’Arabes

voyageurs, m’entretenant avec eux de leurs lointaines migrations, je

pourrais m’amuser à traduire leurs récits, et à éclaircir peut-être de

quelques faits nouveaux la géographie obscure des provinces centrales.

Mais ce n’est pas sans plaisir que j’apprends à l’instant même que de

pareilles notions puisées à de pareilles sources deviennent superflues.

Un Européen vient de traverser la redoutable Afrique : seul, il s’est

aventuré dans ses déserts dévorants, et il leur a échappé ; il a su

tromper le fanatisme religieux par le fanatisme de la gloire ; il a

séjourné à la mystérieuse Tombouctou, et il en est de retour. Gloire à

vous, heureux voyageur ! Votre courage a dompté l’hydre gardienne ; et

la pomme, vous avez l’honneur de l’offrir à la France.

J’abandonne donc sans regrets mes causeries d’Augiles ; mais en portant

ma vue vers l’intérieur de l’Afrique, j’y ai rencontré involontairement

des noms dont j’aimerais à orner ce fragment de géographie sur cette

contrée, si ma faible voix pouvait ajouter la moindre chose à leur

célébrité. Sans diriger mes regards loin de moi, la moisson serait

abondante et les fruits en seraient variés. Je devrais en premier lieu

nommer M. Jomard, puisque ce serait rappeler un savant depuis long-temps

dévoué à la géographie de l’Afrique. Je saisirais ensuite cette occasion

pour signaler à mon tour un bon résumé historique sous le titre modeste

d’Essai ; je parcourrais avec lui les annales arides de l’Afrique, et je

serais surpris d’y trouver du charme : telle est la magie du style

lorsqu’il est uni au savoir, et M. Larenaudière est un de ceux qui

connaissent le grand art de rendre l’érudition aimable par les prestiges

d’un langage séduisant. Je ne pourrais aussi me défendre de citer les

excellents travaux de MM. Brué et Lapie sur l’Afrique ; je contribuerais

volontiers à mettre au jour cette scrupuleuse conscience qui, par des

moyens différents, ne laisse apercevoir d’un amas de recherches que les

sommités, et les sommités réelles. Poursuivant ma revue, je

rencontrerais une foule de noms représentant chacun dans la science un

caractère à part. Parmi ces derniers je choisirais ceux de MM.

Walkenaër, Eyriès et Jaubert, dont le savoir orné d’une simplicité

antique en acquiert plus de prix ; et si je voulais prouver que cette

simplicité peut prendre une physionomie piquante, je joindrais à ces

géographes M. de la Roquette, un des savants interprètes du grand

Colomb. Je ne devrais non plus omettre, ni les profondes et ingénieuses

expositions de M. Denaix, ni les philantropiques recherches de M. Dupin,

ni les scientifiques tableaux de MM. Balbi, Moreau et autres : travaux

d’autant plus importants à mes yeux, qu’indépendamment de leur propre

but, ils peuvent aider le géographe philosophe à des développements d’un

ordre différent.

Mais si l’apostille dont j’aurais voulu orner la fin de ce livre comme

d’un cul-de-lampe géographique, aurait pu paraître au moins superflue,

il n’en est pas de même de celle que je dois à la reconnaissance. Ainsi

quelque fugitives que puissent être les observations dont j’ai composé

mon récit, qu’il me soit permis en le terminant, sans parler de MM.

Firmin Didot, auprès de qui les ouvrages de quelque utilité, quoique

accompagnés de dessins explicatifs d’une publication fort dispendieuse,

trouvent de véritables Mécènes, qu’il me soit permis, dis-je, d’offrir

de nouveau mes remercîments à l’estimable négociant M. Guyenet, qui, par

sa généreuse assistance, m’a mis à même d’en recueillir les matériaux

les plus indispensables en des lieux difficiles à parcourir. Je ne

saurais trop insister sur ce sujet, puisque, prêter un appui

désintéressé à une entreprise scientifique, c’est, si elle est couronnée

de quelques résultats, en avoir le principal mérite.

FIN DE LA RELATION.

[Note 364 : IRIARTE, p. 487.]

[Note 365 : IRIARTE, p. 487.]

[Note 366 : PROCOP. de Ædifi. l. VI, c. 2.]

[Note 367 : Ce promontoire fut nommé _Borion_ par les Grecs, dit Solin,

parce qu’il était constamment battu par le vent du nord (SOLIN,

Polyhist. c. 40). Il prit dans la suite les noms d’_Hypon_ et

d’_Hyporegius_.]

[Note 368 : PTOLÉMÉE, l. IV, c. 4.]

[Note 369 : ÉTIENNE DE BYSANCE, au mot _Drepane_.]

[Note 370 : EDRISII Africa, ed. Hartm. p. 301.]

[Note 371 : Voyez pl. LXXXIX, XC.]

[Note 372 : IRIARTE, p. 487.]

[Note 373 : HÉRODOTE, l. IV, 173.]

[Note 374 : HÉRODOTE, l. IV, 190.]

[Note 375 : Id. ibid.]

[Note 376 : Id. ibid. 172.]

[Note 377 : Id. ibid. 172, 182. PLINE, Histo. natur. l. V, c. 4.]

[Note 378 : LUCAIN, Phars. l. IX, v. 443, 444.]

[Note 379 : Voyez pl. XCI.]

[Note 380 : On n’apprendra pas peut-être sans intérêt que ce bey, nommé

_Abou-Zeith Abdallah_, est Français, et qu’il est né à Toulon. Il

faisait partie, à l’âge de douze ans, de l’expédition française en

Égypte, en qualité de tambour. Pris dans un combat par un corps de

Bédouins, il fut vendu au pacha de Tripoli : son heureux physique fit sa

fortune. Il resta long-temps attaché à la personne du pacha, comme

mamelouk, et fut ensuite envoyé dans le Fazzan, avec l’armée de Mohammed

le Circassien. La bravoure qu’il montra dans cette campagne, qui eut

pour résultat la conquête totale du Fazzan, lui attira les bonnes graces

de son souverain : celui-ci le récompensa en lui accordant le titre de

bey et le gouvernement d’Augiles. _Abou-Zeith-Abdallah_ n’a conservé

d’autres souvenirs de sa patrie, qu’une idée vague de la ville et des

environs de Toulon, et d’autre usage de sa langue originaire, que

quelques mots provençaux qu’il estropie avec une bonhomie charmante.

C’est _Abou-Zeith_ lui-même que l’auteur tient ces détails. Il se plaît

à ajouter qu’il en a reçu, outre l’hospitalité habituelle des mœurs

orientales, l’accueil le plus cordial et les prévenances les plus

délicates.]

[Note 381 : HÉROD. l. IV, 182.]

[Note 382 : _Voce Augila_.]

[Note 383 : Je me conforme à la dénomination d’Étienne de Bysance.]

[Note 384 : HÉROD. l. IV, 182.]

[Note 385 : POMP. MELA, l. I, c. 8. SOLIN. Polyhst. c. 44.]

[Note 386 : BERNARD. DE SAINT-PIERRE, Études de la Nature, 3e édit., t.

III, p. 31, 32.]

[Note 387 : Voyez pl. XXV, fig. 6, 7.]

* * * * *

TABLE

DES MATIÈRES.

* * * * *

A.

ABASSIDES (la dynastie des) succède dans la Cyrénaïque à celle des

Ommiades, xxx.

ABOULFÉDA, cité, 269.

ABOUSIR, nom des ruines de la ville de Taposiris, 5, 6, 7.

ABOU-ZEITH-ABDALLAH, gouverneur du pays d’Augiles : son origine et sa

carrière.

ACTIUM (la bataille d’) : ses résultats pour les destinées de la

Cyrénaïque, xx.

ADICRAN, roi libyen, implore et obtient le secours des Égyptiens contre

les Cyrénéens, 176.

ADRIANOPOLIS DE LIBYE : époque de sa fondation, et remarques sur le

silence de plusieurs anciens géographes, relativement à cette ville,

189, 190.

ADRIEN (l’empereur) : ses bienfaits en Cyrénaïque et médaille qui les

rappelle, xxvi, 189 et note. — Ses parties de chasse dans la Marmarique,

123.

AEDONIA, île, 51, 52, note.

AFRIQUE (l’) : moyens que les Cyrénéens auraient pu employer pour la

civiliser, xxiii. — Opinion de l’auteur sur la manière la plus propre à

la parcourir scientifiquement, 1, 2.

AGATHÉMÈRE, cité, 55, note.

AGIS, général de Ptolémée Soter, apaise une sédition à Cyrène, xix.

AGRIPPA protége les Juifs de Cyrène, xxvi.

AÏOUBITES (la dynastie des) succède dans la Cyrénaïque à celle des

Fathimites, xxxi.

ALAZIR, roi des Barcéens, s’allie avec la famille royale de Cyrène, 176.

ALEXANDRE-LE-GRAND : son voyage au temple d’Ammon, xvi, 29, 30.

Relation d'un voyage dans la Marmarique, la Cyrénaïque, et les oasis d'Audjelah et de Maradèh · 第 29 / 37 段