Langage pacifique et libéral de Napoléon dans ses premiers

entretiens. -- Choix de ses ministres arrêté dans la soirée même

du 20 mars. -- Le prince Cambacérès provisoirement chargé de

l'administration de la justice; le maréchal Davout appelé au

ministère de la guerre, le duc d'Otrante à celui de la police, le

général Carnot à celui de l'intérieur, le duc de Vicence à celui

des affaires étrangères, etc.... -- Le comte de Lobau nommé

commandant de la première division militaire, avec mission de

rétablir la discipline dans les régiments qui doivent presque

tous traverser la capitale. -- Le 21 mars au matin Napoléon se

met à l'oeuvre, et se saisit de toutes les parties du

gouvernement. -- Devait-il profiter de l'impulsion de ses succès

pour envahir la Belgique, et se porter d'un trait sur le Rhin? --

Raisons péremptoires contre une telle résolution. -- Napoléon

prend le parti de s'arrêter, et d'organiser ses forces

militaires, en offrant la paix à l'Europe sur la base du traité

de Paris. -- Ordre au général Exelmans de suivre avec trois mille

chevaux la retraite de la cour fugitive. -- Séjour de Louis XVIII

à Lille. -- Accueil froid mais respectueux des troupes. --

Conseil auquel assistent le duc d'Orléans et plusieurs maréchaux.

-- Le duc d'Orléans conseille au Roi de se rendre à Dunkerque et

de s'y établir. -- Louis XVIII approuve d'abord cet avis, puis

change de résolution et se retire à Gand. -- Les troupes et les

maréchaux l'accompagnent jusqu'à la frontière, en refusant de le

suivre au delà. -- Licenciement de la maison militaire. --

Pacification du nord et de l'est de la France. -- Courte

apparition du duc de Bourbon en Vendée, et sa prompte retraite en

Angleterre. -- La politique des chefs vendéens est d'attendre la

guerre générale avant d'essayer une prise d'armes. -- Madame la

duchesse d'Angoulême s'arrête à Bordeaux, où la population paraît

disposée à la soutenir. -- Le général Clausel chargé de ramener

Bordeaux à l'autorité impériale. -- M. de Vitrolles essaie

d'établir un gouvernement royal à Toulouse. -- Voyage de M. le

duc d'Angoulême à Marseille. -- Ce prince réunit quelques

régiments pour marcher sur Lyon. -- Les troubles du Midi

n'inquiètent guère Napoléon, qui regarde la France comme

définitivement pacifiée par le départ de Louis XVIII. -- Tout en

affichant les sentiments les plus pacifiques Napoléon, certain

d'avoir la guerre, commence ses préparatifs militaires sur la

plus grande échelle. -- Son plan conçu et ordonné du 25 au 27

mars. -- Formation de huit corps d'armée, sous le titre de corps

d'observation, dont cinq entre Maubeuge et Paris, destinés à agir

les premiers. -- Reconstitution de la garde impériale. -- Pour ne

pas recourir à la conscription Napoléon rappelle les semestriers,

les militaires en congé illimité, et se flatte de réunir ainsi

400 mille hommes dans les cadres de l'armée active. -- Il se

réserve de rappeler plus tard la conscription de 1815, pour

laquelle il croit n'avoir pas besoin de loi. -- Les officiers à

la demi-solde employés à former les 4e et 5e bataillons. --

Napoléon mobilise 200 mille hommes de gardes nationales d'élite

afin de leur confier la défense des places et de quelques

portions de la frontière. -- Création d'ateliers extraordinaires

d'armes et d'habillements, et rétablissement du dépôt de

Versailles. -- Armement de Paris et de Lyon. -- La marine appelée

à contribuer à la défense de ces points importants. -- Après

avoir donné ces ordres, Napoléon expédie quelques troupes au

général Clausel pour soumettre Bordeaux, et envoie le général

Grouchy à Lyon pour réprimer les tentatives du duc d'Angoulême.

-- Réception, le 28 mars, des grands corps de l'État. --

Renouvellement, sous une forme plus solennelle, de la promesse de

maintenir la paix, et de modifier profondément les institutions

impériales. -- Prompte répression des essais de résistance dans

le Midi. -- Entrée du général Clausel à Bordeaux, et embarquement

de madame la duchesse d'Angoulême. -- Arrestation de M. de

Vitrolles à Toulouse. -- Campagne de M. le duc d'Angoulême sur le

Rhône. -- Capitulation de ce prince. -- Napoléon le fait

embarquer à Cette. -- Soumission générale à l'Empire. --

Continuation des préparatifs de Napoléon, et formation d'un 9e

corps. -- État de l'Europe. -- Refus de recevoir les courriers

français, et singulière exaltation des esprits à Vienne. --

Déclaration du congrès du 13 mars, par laquelle Napoléon est mis

hors la loi des nations. -- Cette déclaration envoyée par

courriers extraordinaires sur toutes les frontières de France. --

On enlève le Roi de Rome à Marie-Louise, et on oblige cette

princesse à se prononcer entre Napoléon et la coalition. --

Marie-Louise renonce à son époux, et consent à rester à Vienne

sous la garde de son père et des souverains. -- En apprenant le

succès définitif de Napoléon et son entrée à Paris, le congrès

renouvelle l'alliance de Chaumont par le traité du 25 mars. -- Le

duc de Wellington, quoique sans instructions de son gouvernement,

ne craint pas d'engager l'Angleterre, et signe le traité du 25

mars. -- Plan de campagne, et projet de faire marcher 800 mille

hommes contre la France. -- Deux principaux rassemblements, un à

l'Est sous le prince de Schwarzenberg, un au Nord sous lord

Wellington et Blucher. -- Départ de lord Wellington pour

Bruxelles, et envoi du traité du 25 mars à Londres. -- État des

esprits en Angleterre. -- La masse de la nation anglaise,

dégoûtée de la guerre, mécontente des Bourbons, et frappée des

déclarations réitérées de Napoléon, voudrait qu'on mît ses

dispositions pacifiques à l'épreuve. -- Le cabinet, décidé à

ratifier les engagements contractés par lord Wellington, mais

embarrassé par l'état de l'opinion, prend le parti de dissimuler

avec le Parlement, et lui propose un message trompeur qui

n'annonce que de simples précautions, tandis qu'on ratifie en

secret le traité du 25 mars, et qu'on se prononce ainsi pour la

guerre. -- Discussion et adoption du message au Parlement, dans

la croyance qu'il ne s'agit que de simples précautions. -- Deux

membres du cabinet britannique envoyés en Belgique pour

s'entendre avec lord Wellington. -- État de la cour de Gand. --

Violences des Allemands et menace de partager la France. -- Lord

Wellington s'efforce de calmer ces emportements, et malgré

l'impatience des Prussiens empêche qu'on ne commence les

hostilités avant la concentration de toutes les forces coalisées.

-- Napoléon, en présence des déclarations de l'Europe, n'ayant

plus rien à dissimuler, se décide à dire toute la vérité à la

nation. -- Publication, le 13 avril, du rapport de M. de

Caulaincourt, où sont exposées sans réserve les humiliations

qu'on vient d'essuyer. -- Revue de la garde nationale, et langage

énergique de Napoléon. -- Napoléon redouble d'activité dans ses

préparatifs militaires, et fait insérer au _Moniteur_ les décrets

relatifs à l'armement de la France, lesquels s'étaient exécutés

jusque-là sans aucune publicité. -- Tristesse de Napoléon et du

public. -- Napoléon se décide enfin à tenir la promesse qu'il a

faite de modifier les institutions impériales. -- Il n'hésite pas

à donner purement et simplement la monarchie constitutionnelle.

-- Son opinion sur les diverses questions qui se rattachent à

cette grave matière. -- Il ne veut pas convoquer une

Constituante, de peur d'avoir en pleine guerre une assemblée

révolutionnaire sur les bras. -- Il prend la résolution de

rédiger lui-même, ou de faire rédiger une constitution nouvelle,

et de la présenter à l'acceptation de la France. -- Ayant appris

que M. Benjamin Constant est resté caché à Paris, il le fait

appeler, et lui confie la rédaction de la nouvelle constitution.

-- Napoléon paraît d'accord sur tous les points avec M. Constant,

sauf l'abolition de la confiscation, l'hérédité de la pairie et

le titre de la nouvelle constitution. -- Napoléon veut absolument

la qualifier d'_Acte additionnel aux constitutions de l'Empire_.

-- Le projet est envoyé au Conseil d'État, et M. Benjamin

Constant est nommé conseiller d'État pour soutenir son ouvrage.

-- Rédaction définitive et promulgation de la nouvelle

constitution sous le titre d'_Acte additionnel_. -- Caractère de

cet acte. 229 à 446

LIVRE CINQUANTE-NEUVIÈME.

LE CHAMP DE MAI.

Publication de l'Acte additionnel. -- Effet qu'il produit. --

Quoiqu'il contienne la plus libérale, la mieux rédigée de toutes

les constitutions que la France ait jamais obtenues, il est

très-mal accueilli. -- Motifs de ce mauvais accueil. -- La France

ne croit pas plus à Napoléon quand il parle de liberté, que

l'Europe lorsqu'il parle de paix. -- Déchaînement des royalistes

et froideur des révolutionnaires. -- Le parti constitutionnel est

le seul qui accueille favorablement l'Acte additionnel, et

néanmoins il reste défiant. -- Importance du rôle de M. de

Lafayette en cette circonstance. -- Le parti constitutionnel met

des conditions à son adhésion, et exige la convocation immédiate

des Chambres. -- Napoléon voudrait différer, pour n'avoir pas des

Chambres assemblées pendant les premières opérations de la

campagne. -- On lui force la main, et avant même l'acceptation

définitive de l'Acte additionnel, il se décide à le mettre à

exécution, en convoquant immédiatement les Chambres. -- Il

appelle en même temps le corps électoral au _Champ de Mai_. --

Ces mesures produisent un certain apaisement dans les esprits. --

Suite des événements à Vienne et à Londres. -- Quoique

très-animées, les puissances cependant ne laissent pas de

considérer comme fort grave la lutte qui se prépare. --

L'Autriche voudrait essayer de se débarrasser de Napoléon en lui

suscitant des embarras intérieurs. -- Tentative d'une négociation

occulte avec M. Fouché. -- Envoi à Bâle d'un agent secret. --

Napoléon découvre cette sourde menée, et, pour la déjouer,

dépêche M. Fleury de Chaboulon à Bâle. -- Explication violente

avec M. Fouché, surpris en trahison flagrante. -- Pour le moment

cette menée n'a pas de suite. -- La coalition persiste, et le

ministère britannique, poussé à bout, finit par avouer au

Parlement le projet de recommencer immédiatement la guerre. --

L'opposition se dit trompée, le Parlement le croit, et vote

néanmoins la guerre à une grande majorité. -- Marche des armées

ennemies vers la France. -- Aventures de Murat en Italie. -- Sa

folle entreprise et sa triste fin. -- Il s'enfuit en Provence. --

Sinistre augure que tout le monde en tire pour Napoléon, et que

ce dernier en tire lui-même. -- Progrès des préparatifs

militaires. -- Formation spontanée des fédérés. -- Services que

Napoléon espère en obtenir pour la défense de Lyon et de Paris.

-- Tandis que les révolutionnaires se décident à appuyer

Napoléon, les royalistes lèvent le masque, et commencent la

guerre civile en Vendée. -- Premiers mouvements insurrectionnels

dans les quatre subdivisions de l'ancienne Vendée, et combat

d'Aizenay. -- Promptes mesures de Napoléon. -- Il se prive de

vingt mille hommes qui lui eussent été bien utiles contre

l'ennemi extérieur, et les dirige sur la Vendée. -- En même temps

il charge M. Fouché de négocier un armistice avec les chefs

vendéens. -- Résultat et esprit des élections. -- Réunion de la

Chambre des pairs et de celle des représentants. -- Dispositions

de celle-ci. -- Tout en voulant sincèrement soutenir Napoléon

contre l'étranger, elle est préoccupée de la crainte de paraître

servile. -- Ses premiers actes marqués au coin d'une extrême

susceptibilité. -- Napoléon en est vivement affecté. -- Champ de

Mai. -- Grandeur et tristesse de cette cérémonie. -- Adresses des

deux Chambres. -- Conseils dignes et sévères de Napoléon. -- Ses

profondes remarques sur ce qui manque à son gouvernement pour

subsister devant des Chambres. -- Sinistres présages. -- Il

quitte Paris le 12 juin pour se mettre à la tête de l'armée. --

Adieux à ses ministres et à sa famille. -- Dernières

considérations sur cette tentative de rétablissement de l'Empire.

447 à 630

FIN DE LA TABLE DU TOME DIX-NEUVIÈME.

[Notes au lecteur de ce fichier numérique:

Seules les erreurs clairement introduites par le typographe ont été

corrigées. L'orthographe de l'auteur a été conservée.

--Le titre de l'illustration page 402 "Napoléon" a été rajouté lors de

la création de ce fichier; le titre original n'étant pas lisible.]

Histoire du Consulat et de l'Empire, (Vol. 19/20) faisant suite à l'Histoire de la Révolution Française · 第 46 / 46 段