Souffle, souffle vent d'hiver;
Tu n'es pas si cruel
Que l'ingratitude de l'homme.
Ta dent n'est pas si pénétrante,
Car tu es invisible
Quoique ton souffle soit rude[31]
Hé! ho! chante; hé! ho! dans le houx vert;
La plupart des amis sont des hypocrites et la plupart des amants des
fous
Allons ho! hé! le houx!
Cette vie est joviale.
Gèle, gèle, ciel rigoureux,
Ta morsure est moins cruelle
Que celle d'un bienfait oublié.
Quoique tu enchaînes les eaux,
Ton aiguillon n'est pas si acéré
Que celui de l'oubli d'un ami.
Hé! ho! chante, etc., etc.
[Note 31: Le sens de ces vers a beaucoup tourmenté les commentateurs,
et reste encore inexplicable: combien de chansons anglaises (et même
combien de françaises) ne sont que des mots _avec rime et sans raison_!]
LE VIEUX DUC.--S'il est vrai que vous soyez le fils du bon chevalier
Rowland, ainsi qu'on vous l'a entendu dire ingénument tout bas, et ainsi
que tout me l'annonce; car il respire dans tous vos traits, et votre
visage est son portrait vivant; soyez vraiment le bienvenu ici; je suis
le duc qui aimait votre père. Venez dans ma grotte me raconter la suite
de vos aventures; et toi, bon vieillard, tu es le bienvenu comme ton
maître.--Soutenez-le par le bras. (_A Orlando._) Donnez-moi votre main,
et faites-moi connaître toutes vos aventures.
(Ils sortent.)