_Mon cher fils,
Tu as recueilli diverses traditions, chansons et légendes, que tu as
bien fait, selon moi, d'illustrer; car ces choses se perdent à mesure
que le paysan s'éclaire, et il est bon de sauver de l'oubli qui marche
vite, quelques versions de ce grand poème du _merveilleux_, dont
l'humanité s'est nourrie si longtemps et dont les gens de campagne sont
aujourd'hui, à leur insu, les derniers bardes.
Je veux donc t'aider à rassembler quelques fragments épars de ces
légendes rustiques, dont le fond se retrouve à peu près dans toute la
France, mais auxquelles chaque localité a donné sa couleur particulière
et le cachet de sa fantaisie._
George SAND.