PHILOSOPHIE SCIENTIFIQUE.
ANALYSE PAR M. ÉMILE FAGUET
DE L'OUVRAGE INTITULÉ _SCIENCE ET MÉTHODE_.
M. Henri Poincaré vient de compléter ses deux admirables Volumes: _la
Science et l'Hypothèse_ et _la Valeur de la Science_, par un troisième
qu'il intitule _Science et Méthode_ et qui ne le cède en rien à ses
illustres devanciers.
Dans ce dernier Volume, M. Poincaré s'attache surtout aux questions de
méthode et il commence par la plus considérable des questions de
méthode, par la plus terrible pour ainsi parler: _le choix des faits_.
Le savant, en effet, qu'il soit physicien ou qu'il soit historien, n'a
qu'à observer et expérimenter. Or, s'il avait à sa disposition un temps
infini, on n'aurait d'autre recommandation à lui faire que celle-ci:
regardez avec attention; mais, comme il n'a le temps ni de tout
regarder, ni de tout voir, il faut qu'il fasse un choix entre les faits
qui passent sous son regard. Quelle sera la méthode de ce choix? Quels
seront les faits que le savant devra juger intéressants et, à cause de
cela, retenir?
«Les faits les plus intéressants sont ceux qui peuvent servir plusieurs
fois, ce sont ceux qui ont chance de se renouveler.» Et quels sont les
faits qui ont chance de se renouveler? Ce sont les faits simples (ou qui
nous paraissent simples, après, du reste, avoir été très mûrement
examinés). Le fait simple est un fait qui recommence et qui doit
indéfiniment recommencer et, par conséquent, il est une loi, une loi
n'étant que la répétition constante d'un même fait. Les faits qui sont
révélateurs d'une loi parce qu'ils sont simples, voilà l'objet propre du
savant.
On peut les appeler des «faits à grand rendement» par opposition aux
faits complexes qui sont «à petit rendement». Ces derniers sont ceux
«sur lesquels des circonstances multiples peuvent exercer une influence
sensible, circonstances trop nombreuses et trop diverses pour que nous
puissions toutes les discerner». Les faits à grand rendement, au
contraire, sont des faits simples qu'on voit se renouveler avec
régularité et avec une sorte de précision toute scientifique. Voilà ceux
qui sont précisément du gibier de savant, comme aurait dit Montaigne.
Ce qu'il y a de très curieux (et ce que M. Poincaré, qui est un poète à
sa manière, comme il nous l'a assez montré par ses pages sur
l'esthétique des mathématiques et sur la volupté des mathématiques,
s'est complu à nous démontrer avec insistance), ce qu'il y a de très
curieux, c'est que les faits les plus simples sont en même temps _les
plus beaux_. Ils séduisent le penseur par leur beauté, comme ils
l'attirent par leur simplicité et comme, par leur beauté, ils le
retiennent. Le savant n'étudie point du tout la nature parce qu'elle est
utile ou parce qu'il est utile de l'étudier. Il l'étudie parce qu'il
l'aime et l'aime parce qu'elle est belle. «Si la nature n'était pas
belle, va jusqu'à dire M. Poincaré, elle ne vaudrait pas la peine d'être
connue, la vie ne vaudrait pas la peine d'être vécue.» Je ne vais point
jusque-là et je crois que M. Poincaré s'emporte, et j'estime que la
nature, ne fût-elle pas belle, vaudrait encore la peine d'être connue
pour être domptée et mise à notre service; et que la vie, ne fût-elle
pas belle, vaudrait encore la peine d'être vécue, parce que nous la
trouverions encore meilleure que son contraire; mais enfin il est très
vrai que le savant étudie la nature parce qu'il l'aime pour sa beauté,
avec, je crois, une petite arrière-pensée que son attention amoureuse
est en même temps une application utile. Ainsi l'amoureux aime une
personne pour sa beauté, avec une conscience obscure des beaux résultats
vivants que son union avec cette personne peut avoir.
Ce qu'il y a de curieux encore, c'est que si le savant raisonne ainsi,
ou plutôt _sent_ ainsi; s'il poursuit le beau sans préoccupation de
l'utile, mais avec quelque sentiment vague que l'utile et le beau
doivent aller ensemble; il a parfaitement raison. _Le souci du beau nous
conduit aux mêmes choix des faits que celui de l'utile._ Peut-être--et
ici encore le poète intime que contient M. Poincaré va se donner
carrière, ce qui n'est aucunement pour nous déplaire--peut-être en
cherchant le beau obéit-on à une suggestion du génie de l'espèce
cherchant l'utile. Peut-être les «peuples dont l'idéal était le plus
conforme à leur intérêt bien entendu ont-ils exterminé les autres et
pris leur place. Les uns et les autres poursuivaient leur idéal, sans se
rendre compte des conséquences; mais tandis que cette recherche menait
les uns à leur perte, aux autres elle donnait l'empire». «Si les Grecs
ont triomphé des barbares et si l'Europe, héritière de la pensée des
Grecs, domine le monde, c'est parce que les sauvages aimaient les
couleurs criardes et les sons bruyants du tambour qui n'occupaient que
leur sens, tandis que les Grecs aimaient la beauté intellectuelle qui se
cache sous la beauté sensible et que c'est celle-là qui fait
l'intelligence sûre et forte.»
Quoi qu'il en soit, les signes du choix à faire entre les faits, c'est
la simplicité de certains faits qui est une promesse de leur
renouvellement et de leur régularité; et c'est la beauté de certains
faits, beauté qui, du reste, ne se trouve jamais que dans les faits
simples.
Il en va ainsi de même en mathématiques--M. Poincaré dirait, j'en suis
sûr, surtout en mathématiques--et les «êtres mathématiques» les plus
«beaux», ou les plus «élégants» sont ceux dont les éléments sont
harmonieusement disposés de façon que l'esprit puisse sans effort en
embrasser l'ensemble tout en pénétrant le détail, autrement dit, ce sont
les faits simples.
On n'erre donc point ou l'on a des chances de ne pas errer, en se fiant,
pour le choix des faits, soit à leur simplicité, soit à leur beauté. Les
uns et les autres, qui en définitive se trouveront être les mêmes, sont
des faits à grands rendements.
C'est là ce qui justifie contre M. Tolstoï et autres moralistes
utilitaires la science désintéressée, la science pure, la science
platonique pour ainsi parler, qui ne se préoccupe aucunement des
applications qu'on pourra ou qu'on ne pourra pas faire d'elle. C'est par
superbe qu'ils agissent ainsi, croit-on, comme le philosophe qui dit:
«Le vrai est ce qu'il peut, il n'a pas à se préoccuper de savoir s'il
est bienfaisant, salutaire ou moral». Ce n'est pas par superbe, c'est
par vocation, comme le peintre peint. Seulement il se trouve que ce que
le savant découvre uniquement pour s'amuser entre toujours, à un moment
donné, dans le domaine de l'utile. Si les navigateurs peuvent se diriger
et savoir où ils sont, c'est grâce à la théorie des sections coniques
qui fut inventée au moins quatre cents ans avant Jésus-Christ, qui
longtemps ne servit à rien du tout et qui, au bout d'une vingtaine de
siècles, a trouvé son application pratique. Ce sont les sections
coniques qui ont découvert l'Amérique. Si les savants du XVIIIe siècle
avaient délaissé l'électricité, comme n'étant, ce qu'elle n'était alors,
qu'un objet de curiosité, nous n'aurions au XXe siècle ni télégraphie,
ni électro-chimie, ni électro-technique.--«Les conquêtes de l'industrie
qui ont enrichi tant d'hommes pratiques n'auraient jamais vu le jour si
ces hommes pratiques avaient seuls existé, et s'ils n'avaient été
devancés par des fous désintéressés qui sont morts pauvres, qui ne
pensaient jamais à l'utile et qui pourtant avaient un autre guide que
leur caprice.» La recherche du beau est une recherche inconsciente de
l'utile. L'utile c'est du beau transformé par une application aux
besoins de l'homme qui s'est trouvée réalisable. Cherchez le beau,
l'utile vous sera donné par surcroît; ou plutôt: cherchez le beau, il
vous donnera par surcroît l'utile.
Au fond, ce que les savants désintéressés donnent à l'humanité c'est une
économie dans le travail de penser. Ils économisent la peine de penser à
leurs descendants. Le sauvage calcule sur les doigts ou avec de petits
cailloux. Un savant, qui est peut-être Pythagore, invente la table de
multiplication, il dispense de petits cailloux et d'immenses lenteurs et
d'immenses efforts tous les humains qui connaîtront sa table.
Immensurable économie.
Le philosophe viennois Mach a bien dit cela: «Le rôle de la Science est
de produire l'économie de pensée, de même que la machine produit
l'économie d'effort».
Les considérations sur le choix des faits sont la partie la plus
brillante du dernier Livre de M. Poincaré; mais il a touché bien
d'autres points intéressants: les «lois du hasard», par exemple, et la
relativité de l'espace et _l'art des définitions_ sur quoi il écrit un
chapitre digne des dialogues socratiques et un peu, je crois, inspiré
d'eux, et où il montre que la vraie définition n'est pas la définition
exacte, mais la définition que comprend celui à qui l'on parle; et qu'il
faut commencer par celle-ci en se réservant d'en donner plus tard une
autre plus précise, puis une autre plus serrée encore; et ceci est très
analogue à la _maieutique_, avec cette différence, peu importante du
reste, que dans la maieutique le maître fait trouver la vérité par
l'élève lui-même par une suite d'approximations, tandis qu'ici c'est le
maître lui-même qui découvre la vérité par une suite d'approximations,
en se mettant toujours à la portée de l'élève, et somme toute et en
définitive, c'est de la maieutique véritable.
Sur les lois du hasard, c'est-à-dire sur le calcul des probabilités, M.
Poincaré nous dit encore des choses extrêmement neuves, du moins par le
biais selon lequel il les présente: il rectifie quelques-unes,
précisément, de ces définitions provisoires dont nous parlions tout à
l'heure et qu'il ne faut garder que provisoirement. Ainsi, il ne faut
pas tout à fait dire, quoiqu'il y ait du vrai et quoi que ce soit très
joli, que «le hasard est la mesure de notre ignorance» et que les
«phénomènes fortuits sont ceux dont nous ignorons les lois», ce qui
n'est pas tout à fait exact, puisque les hommes, avant la découverte des
lois astronomiques, étaient parfaitement persuadés que les astres ne se
mouvaient pas au hasard. Le hasard signifie; que nous disions «hasard»
cela signifie; qu'il y ait, du reste, réellement, un hasard, cela
signifie: que de petites causes peuvent produire de grands effets;--et
cela signifie encore qu'il y a des faits qui sont les effets de causes
complexes, que nous ne pouvons pas démêler, au lieu de l'être de causes
simples facilement discernables.
En histoire par exemple la naissance d'un grand homme est un hasard,
c'est-à-dire une petite cause, ou plutôt une cause énorme, mais qui
paraît petite, comme la naissance de n'importe qui, et qu'on ne pourra
juger énorme que quand on en aura vu les effets. De même, un petit fait
et c'est-à-dire un fait inaperçu au XIXe siècle, sortissant ses effets
et des effets considérables au XXe, ces effets paraîtront provenir du
hasard; ils ne seront que les conséquences grandes d'une cause qui
avait paru petite, jusque-là même qu'elle n'avait pas paru du tout. Or,
ce sont ces effets de causes inaperçues ou de causes complexes qu'il
s'agit de prévoir approximativement par les probabilités, le hasard
lui-même ayant ses lois, puisqu'il n'est pas le hasard, mais ses lois
qui restent relativement incertaines puisqu'il reste obscur.
Il y a encore dans le Livre de M. Poincaré des considérations bien
curieuses sur la voie lactée et sur l'étude de cet univers, éclairée et
comme transformée par l'application inattendue que l'on fait à elle de
la théorie des gaz.
Il y a des observations piquantes par elles-mêmes, piquantes encore par
le caractère auto-biographique qu'elles ont, sur _l'invention
inconsciente_, c'est-à-dire sur ce fait, mille fois répété, qu'un
problème cherché, petit ou grand; qu'une théorie cherchée, grande ou
petite, se révèle brusquement, alors qu'on ne les cherchait plus, et
probablement parce qu'on ne les cherchait plus et alors qu'on ne
songeait, depuis quelque temps, qu'à se reposer ou à se distraire, ce
qui nous prouve, constatation dont il est à craindre que les paresseux
n'abusent, que le repos est la condition du travail.
Il y a bien d'autres choses encore, mais il faut se borner, car qui ne
sut se borner ne sut jamais lire. Comme les précédents, ce volume de M.
Poincaré est très profond et je ne crains pas d'écrire le mot, très
amusant. Il est surtout très _intelligent_. Il m'est arrivé de dire que,
de par la multiplicité croissante des connaissances humaines que
personne ne pourra plus embrasser toutes, _on ne pourra plus être
intelligent_. Cela arrivera; n'en faites aucun doute; mais cela n'est
pas encore arrivé. Pour sa facilité à tenir sous son regard tous les
résultats au moins et toutes les méthodes de toutes les sciences
humaines, M. Henri Poincaré montre qu'être intelligent est encore
possible. A la vérité, il a bien fait de venir. Demain ou après-demain
un Henri Poincaré ne pourra pas naître.--Encore je n'en sais rien et
j'espère me tromper. Cela rentre dans les lois du hasard.
Paris, le 6 mai 1909.
_Revue par l'Auteur_:
Paris, le 16 avril 1912.
OUVRAGES.
+1.+ LA SCIENCE ET L'HYPOTHÈSE.
B P S, Paris, E. F., s. d. (1902), in-18 jésus, 284 p.; 20e
mille, 1912.
Traductions:
En allemand, par F. et L. LINDEMANN: Leipzig, G. B. T., 1904;
1906, in-8;
En anglais, Préface par J. LARMOR: London, Walter Scott, 1905;
New York, 1907, in-8;
En anglais, par GEORGE BRUCE HALSTED: New York, 1905, in-8;
En espagnol, par P. M. GONZÁLEZ QUIJANO: Madrid, José Ruiz,
1907, in-8;
En hongrois, par SZILÁRD BÉLA: Budapest, 1908, in-8;
En japonais, par TSURUICHE HAYASHI: Tokyo, 1909;
En suédois, par Mlle ANNA SUNDQVIST, Stockholm, Albert
Bonnier, 1910, in-8.
Analyses:
Par v. ASTER: Z P P, 4. Bd., Juni 1903, p. 368-370;
Par G. MILHAUD: R M M, 2e a., nov. 1903, p. 773-791;
Par ALEXANDRE MIKOLA: M P L, v. 12, déc. 1903, p. 387-395;
Par L. DE LA LAURENCIE: R I, 1re a., 15 fév. 1904; p. 118-128;
G, 40. J., Okt. 1904, p. 577-584;
Par J. W. A. YOUNG: _Science_, New York, v. 20, Dec. 16, 1904,
in-4, p. 833-837;
Par J. T.: B S M, 2e s., t. 29, 1re p., juil. 1905, p. 185-189;
Par B. RUSSELL: M, v. 14, juil. 1905, p. 412-418;
Par JAEGER: K B, 12 J., Ht. 12, 1905, S. 465-467;
Par EDWIN BILWELL WILSON: B A M S, v. 12, 1905-1906, Jan. 1906,
p. 187-193;
Par ARTHUR SCHUSTER: N, v. 73, Feb. 1, 1906, p. 313-315;
Par W. REINECKE: K, 1906, S. 266-269;
Par ÉMILE FAGUET: R L, 7e a., 25 janv. 1908, p. 1-14.
+2.+ LA VALEUR DE LA SCIENCE.
B P S, Paris, E. F., s. d. (1905): in-18 jésus, 278 p.; 16e
mille, 1911.
Traductions:
En allemand, par E. WEBER: Leipzig, G. B. T., 1906, in-8;
En espagnol, par EMILIO GONZÁLEZ LLANA: Madrid, José Ruiz, 1906,
in-8;
En anglais, par GEORGE BRUCE HALSTED: New York, 1907, in-8.
Analyses:
Par J. T.: B S M, 2e s., t. 29, 1re p., juil. 1905, p. 185-189;
Par A. V. BRAUNMÜHL: B G S, 43 Bd., März-Apr. 1907, S. 249-251;
Par ÉMILE FAGUET: R L, 7e a., 25 janv., 1908, p. 1-14;
Par R. M. WENLEY: _Science_, New York, March 6, 1908, in-4, p.
386-389.
+3.+ SCIENCE ET MÉTHODE.
B P S, Paris, E. F., 25 nov. 1908, in-18 jésus, 314 p., 9e mille
1909.
Traductions:
En allemand, par Mme LINDEMANN: Leipzig, G. B. T., 1909, in-8;
En espagnol, par EDUARDO CAZORLA: Madrid, José Ruiz, 1909,
in-18.
En anglais, par GEORGE BRUCE HALSTED, du Chapitre intitulé _Les
Logiques nouvelles_: M C, v. 22, 1911-1912, Apr. 1912, p.
243-256.
Analyse: R M M, 17e a., Supplément au numéro de mars 1909,
p. 3-4.
ARTICLES.
+1.+ _Sur les hypothèses fondamentales de la Géométrie._
B S M F, t. 15, 1886-1887, 2 nov. 1887, p. 203-216.
Traduction en russe par D. SINTSOFF: B S P M K, s. 2, t. 3,
nº 4, 1893. p. 109-121.
Analyse par SCHLEGEL: J F M, Bd. 19, J. 1887, S. 512-513.
Analyse: B S M, 2e s., t. 13, 2e p., déc. 1889, p. 203-204.
+2+ à +4.+ _Les Géométries non-euclidiennes._
Article: R O, t. 2, 15 déc. 1891, p. 769-774.
Lettre de M. H. POINCARÉ à M. MOURET: R O, t. 3, 30 janv. 1892,
p. 74-75.
Note dans le _Traité de Géométrie_ par E. ROUCHÉ et CH. DE
COMBEROUSSE. IIe partie: Paris, G.-V., 1900, gr. in-8,
p. 581-583.
Traduction en anglais par W. J. L.: N., v. 45, Feb. 25, 1892, p.
404-407.
+5.+ _L'Espace et la Géométrie._
R M M, 3e a., nov. 1895, p. 631-646.
+6.+ _Réponse à quelques critiques._
Relatives aux Articles intitulés _Mécanisme et Expérience_ et
_L'Espace et la Géométrie_.
R M M, 5e a., janv. 1897, p. 59-70.
+7.+ _On the Foundations of Geometry_[12].
M C, v. 9, 1898-1899, Oct. 1898, p. 1-43.
Note 12: Translated from Professor POINCARÉ's MS. by T. J. McCORMACK.
+8.+ _Des fondements de la Géométrie._
A propos d'un Livre de M. RUSSELL, intitulé _An Essay on the
Foundations of Geometry_[13].
R M M, 7e a., mai 1899, p. 251-279.
Note 13: Cambridge, 1897.
+9.+ _Sur les principes de la Géométrie._ Réponse à M. RUSSELL.
R M M, 8e a., janv. 1900, p. 73-86.
+10.+ _Fondements de la Géométrie._
Analyse du Mémoire de DAVID HILBERT, intitulé _Grundlagen der
Geometrie_[14].
_Journal des Savants_, Paris, mai 1902, in-4, p. 252-271.--B S M,
2e s., t. 26, 1re p., sept. 1902, p. 249-272;--t. 27,
1re p., avr. 1903, p. 115.
Traduction en anglais par E. V. HUNTINGTON: B A M S, v. 10,
1903-1904, Oct. 1903, p. 1-23.
Note 14: Festschrift zur Feier der Enthüllung des GAUSS-WEBER-DENKMALS
in Göttingen: Leipzig, 1899, gr. in-8, 92 S.
+11.+ _L'espace et ses trois dimensions._
R M M, 11e a, mai, juil. 1903, p. 281-301, 407-429.
+12.+ _Le continu mathématique._
R M M, 1re a., janv. 1893, p. 26-34.
+13. 14.+ _Mécanisme et Expérience._
Article: R M M, 1re a., nov. 1893, p. 534-537.
Réponse de M. H. POINCARÉ à M. LECHALAS (nº +6+, p. 85): R M M,
2e a., mars 1894, p. 197-198.
+15.+ _Sur la nature du raisonnement mathématique._
R M M, 2e a., juil. 1894, p. 371-384.
Traduction en russe par S. CHOUBINE; B S P M K, s. 2, t. 8, nº
3, 1898, p. 74-88.
+16.+ _La mesure du temps._
R M M, 6e a., janv. 1898, p. 1-13.
+17.+ _Réflexions sur le calcul des probabilités._
R O, t. 10, 15 avr. 1899, p. 262-269.
+18.+ _Sur la valeur objective de la Science._
R M M, 10e a., mai 1902, p. 263-293.
+19.+ _La Terre tourne-t-elle?_
Je commence à être un peu agacé de tout le bruit qu'une partie
de la presse fait autour de quelques phrases tirées d'un de mes
ouvrages[15] et des opinions ridicules qu'elle me prête. H. P.
B S A F, 18e a., mai 1904, p. 216-217.
Note 15: _La Science et l'Hypothèse_, 1902, p. 138-141.
+20.+ COURNOT _et les principes du calcul infinitésimal_.
R M M, 13e a., 1905, p. 293-306.
+21. 22.+ _Les Mathématiques et la Logique._
R M M, 13e a., nov. 1905, p. 815-835.
R M M, 14e a., janv. 1906, p. 17-34; 14e a., mai 1906, p. 294-317.
+23.+ _Lettre de M._ H. POINCARÉ _à M._ G. F. STOUT. Au sujet
d'un Article publié par M. B. RUSSELL en juillet 1905.
M, v. 15, janv. 1906, p. 141-143.
+24.+ _La fin de la matière._
_The Athenæum_, London, Feb. 17, 1906, in-4, p. 201-202. Cet
Article est, depuis 1907, dans l'Ouvrage intitulé _La Science et
l'Hypothèse_.
+25.+ _A propos de la Logistique._
R M M, 14e a., nov. 1906, p. 866-868.
+26.+ _Le choix des faits._
Préface de l'édition américaine de l'Ouvrage de M. H. POINCARÉ
intitulé _La Valeur de la Science_, traduit en anglais par
GEORGE BRUCE HALSTED.
M C, t. 19, 1908-1909, Apr. 1909, p. 231-239. Cet Article est
dans l'Ouvrage intitulé _Science et Méthode_.
+27.+ _Le hasard._
R M, t. 3, 10 mars 1907, p. 257-276.
+28.+ _La relativité de l'espace._
_L'Année Psychologique_, Paris, t. 13, 1907, gr. in-8, p. 1-17.
+29.+ _Comment se fait la Science._
_Le Matin_, Paris, 25e a., 25 nov. 1908, in-fol., p. 1.
+30.+ _Comment on invente. Le travail de l'inconscient._
_Le Matin_, Paris, 25e a., 24 déc. 1908, in-fol., p. 1.
+31.+ _La logique de l'infini._
R M M, 17e a., juil. 1909, p.461-482.
Analyse par E. B.: R M, 4e a., t. 8, 1909, p. 504.
Analyse par H. FEHR et E. LAMPE: J F M, Bd. 40, Ht. 1, S. 97-98.
DISCOURS.
+1.+ _La Géodésie française._
Discours lu dans la Séance publique annuelle des Cinq Académies,
le jeudi 25 octobre 1900, par M. H. POINCARÉ, en qualité de
Délégué de l'Académie des Sciences.
_Institut_, 1900.-20, F.-D., p. 13-25.--B S A F, 14e a., déc.
1900, p. 513-521.
+2.+ _Grandeur de l'Astronomie._
Discours lu à l'Assemblée générale annuelle de la Société
astronomique de France, le 6 mai 1903, par M. H. POINCARÉ, en
qualité de Président.
B S A F, 17e a., mai 1903, p. 253-259.
+3.+ _Au 19e Banquet de l'Association générale des Étudiants de
Paris._
Allocution prononcée le 11 mai 1903 par M. H. POINCARÉ, en
qualité de Président, _sur la vérité scientifique et sur la
vérité morale_.
U P, 18e a., 1er juin 1903, p. 59-64.
+4.+ _Discours prononcé par_ M. HENRI POINCARÉ _à l'Académie
française, en y venant prendre séance le 28 janvier 1909_.
_Sur la Vie et l'OEuvre poétique et philosophique_ de SULLY
PRUDHOMME.
_Institut_, 1909.-3, F.-D., p. 3-37.
CONFÉRENCES.
+1.+ _Du rôle de l'intuition et de la logique en Mathématiques._
Conférence faite le 11 août 1900 au Congrès international des
Mathématiciens, tenu à Paris du 6 au 12 août 1900.
C R C M P, 1902, p. 115-130.
Analyse par WALLENBERG: J F M, Bd. 32, J. 1901, S. 67-68.
+2.+ _L'Avenir des Mathématiques._
M. H. POINCARÉ étant souffrant, Conférence lue par M. G. DARBOUX
à la Séance générale du 10 avril 1908 du IVe Congrès
international des Mathématiciens tenu à Rome du 6 au 11 avril
1908.
A C M R, v. I, 1909, p. 167-182.--B S M, 2e s., t. 32, 1re
p., juin 1908, p. 168-190.--R C M P, t. 16, sett.-ott. 1908, p.
152-168.--R O, t. 19, 15 déc. 1908, p. 930-939.--S R S, Anno 2,
nº 3, 1908, p. 1-23.
+3.+ _L'invention mathématique._
Conférence faite à l'Institut général psychologique, à Paris, le
23 mai 1908.
_Bulletin de l'Institut général Psychologique_, Paris, 8e a., mai-juin
1908, gr. in-8, p. 175-187.--R M, t. 6, 10 juil. 1908,
p. 9-21.--R O, t. 19, 15 juil. 1908, p. 521-526.--E M, 10e a.,
15 sept. 1908, p.357-371.
+4.+ _Sur les principes de la Mécanique._
Lecture faite au Congrès international de Philosophie tenu à Paris
du 1er au 5 août 1900.
B C P P, III, 1901, p. 457-494.
Analyse par ANDRÉ LALANDE et Discussion: R P, t. 50, nov. 1900,
p. 490-491; p. 491-492.
+5+ à +7+. _La Mécanique nouvelle._
Conférence faite en français le 28 avril 1909 à l'Université de
Göttingue (_Fondation_ WOLFSKEHL).
S V, 28 avr. 1909, S. 49-58.
Conférence faite le 3 août 1909, par M. HENRI POINCARÉ, à qui la
grande Médaille de l'Association Française pour l'Avancement des
Sciences avait été décernée le 2 août 1909 dans la Séance
d'ouverture du Congrès de Lille.
A F A S, Congrès de Lille, 3 août 1909, _Conférences_, gr. in-8,
p. 38-48.--R R, 47e a., 2e sem. 7 août 1909, p.
170-177.--_Éditions de la Revue bleue et de la Revue
scientifique_, Paris, in-8, 28 p.
Conférence faite en français le 14 octobre 1910 à l'Université
de Berlin.
Traductions en allemand: _Himmel und Erde_, Leipzig, 23 J., 30
Dez. 1910, in-4, S. 97-116.--HENRI POINCARÉ: _Die neue
Mechanik_, Leipzig und Berlin, B. G. T., 1911, in-4, 22 S.
Analyse: N., v. 85, nº 2153, Feb. 2, 1911, p. 452.
+8.+ _Sur les rapports de l'Analyse pure et de la Physique
mathématique._
Conférence faite au Congrès international des Mathématiciens
tenu à Zurich du 9 au 11 août 1897.
A M, t. 21. 15 sept. 1897, p. 331-341.--R O, t. 8, 15 nov. 1897,
p. 857-861.--V M K Z, 1898, S. 81-90.
Traductions:
En polonais, par S. DICKSTEIN: W M, t. 2, fév. 1898, in-4, p.
10-20;
En anglais, par C. J. KEYSER: B A M S, v. 4, 1897-1898, March
1898. p. 247-255.
Analyse par A. SOMMERFELD: J F M, Bd. 29, J. 1898, S. 53.
+9.+ _Sur les rapports de la Physique expérimentale et de la
Physique mathématique._
Conférence faite au Congrès international de Physique tenu à
Paris du 6 au 12 août 1900.
R C P P, t. 1, 1900, p. 1-29.--R O, t. 11, 15 nov. 1900, p.
1163-1175,--R R, 4e s., t. 14, 8 déc. 1900, p. 705-715.
Traductions:
En allemand: P Z, 2. J., 1900-1901, S. 166, 182, 196;
En anglais, par GEORGE K. BURGESS: M C, v. 12, 1901-1902, July
1902, p. 516-543.
+10.+ _L'état actuel et l'avenir de la Physique mathématique._
Adresse lue, le 24 septembre 1904, à la Section de Mathématiques
appliquées du Congrès international d'Arts et de Science de
l'Exposition universelle de Saint-Louis.
_La Revue des Idées_, Paris, 1re a., 15 nov. 1904, in-8, p.
801-814.--B S M, 2e s., t. 28, 1re p., déc. 1904, p.
302-324.--Extrait intitulé _Une image de l'Univers_: B S A F,
19e a., janv. 1905, p. 30-31.
Traductions:
En anglais, par GEORGE BRUCE HALSTED: C E St L, v. 1, 1905, p.
604-622.--M C, v. 15, 1904-1905, janv. 1905, p. 1-24;
En japonais, par YOSHIO MIKAMI: _Tokyobuteu ri gakkozashi_, 164,
165, 1905; gr. in-8, p. 1-13, 1-14;
En anglais, par J. W. YOUNG: B A M S, v. 12, 1905-1906, Feb.
1906, p.240-260.
+11.+ _La Voie Lactée et la Théorie des gaz._
Conférence faite à la séance du 7 mars 1906 de la Société
astronomique de France.
B S A F, 20e a., avr. 1906, p. 153-165.
Traduction en tchèque: Z, 1907, p. 65-70.
+12.+ _Réflexions sur les Notes de M._ A. S. SCHÖNFLIES _et de
M._ E. ZERMELO,
Intitulées _Ueber eine vermeintliche Antinomie der Mengenlehre_
et _Sur les ensembles finis et le principe de l'induction
complète_.
A M, t. 32, 1909, 2 fév., p. 195-200.
+13.+ _Ueber transfinite Zahlen._
S V, 27 avr. 1909, S. 43-48.
+14.+ _Le libre Examen en matière scientifique._
Conférence faite le 21 novembre 1909 par M. H. POINCARÉ aux
Fêtes organisées par l'Université libre de Bruxelles pour le
LXXVe Anniversaire de sa Fondation.
Bruxelles, M. Weissenbruch, 1910, in-8 jésus, p. 97-106.
+15. 16.+ _Conférences faites à «Foi et Vie»._
_La Morale et la Science._
Conférence faite le 17 mars 1910.
Les questions discutées ont pour titres: _Une morale
scientifique est impossible. La morale ne peut s'appuyer que sur
elle-même. L'action de la science. Les bienfaits de sa méthode.
Comment la science transformera nos âmes. La science créera des
sentiments nouveaux. Les dangers d'une science incomplète. Les
risques de la morale déterministe. Conclusion._
_Foi et Vie_, Paris, 13e a., 1er juin 1910, in-4 jésus, p.
323-329.--_Questions du temps présent_, Paris, 1910, in-8, p.
49-69.--_La Revue_ de JEAN FINOT, Paris, vol. 86, 1er juin 1910,
in-8, p. 289-302.
_Les Conceptions nouvelles de la matière._
Conférence faite le 7 mars 1912.
_Foi et Vie_, Paris, 15e a., 1er avr. 1912, in-4 jésus,
p. 185-191.
Analyse: _Le Temps_, Paris, 52e a., 9 mars 1912,
in-fol., p. 4.
+17.+ _L'évolution des lois._
Conférence de M. H. POINCARÉ, lue le 8 avril 1911 par M. ÉMILE
BOREL, au IVe Congrès international de Philosophie tenu à
Bologne du 6 au 11 avril 1911.
S R S, v. 9, 1-IV-1911, p. 275-292.
Analyse: N, v. 86, nº 2168, May 18, 1911, p. 399-400.
Analyse par H. NORERO: R M M, 19e a., juil. 1911, p. 417, 638,
639-643.
+18.+ _La logique de l'infini._
Conférence faite le 3 mai 1912 à l'Université de Londres.
+19.+ _L'Espace et le Temps._
Conférence faite le 4 mai 1912 à l'Université de Londres.