[Illustration: Le général Thibaudin. _Phot. Pirou, boulevard
Saint-Germain._]
Le général de division Jean Thibaudin vient de mourir, à Paris, à l'âge
de quatre-vingt-trois ans. Il avait fait la campagne d'Italie, en 1853,
comme capitaine. Il y avait gagné la croix. En 1870, quand éclata la
guerre, il était lieutenant-colonel. Fait prisonnier avec l'armée de
Metz, après avoir été blessé à Rezonville, où il s'était distingué, il
fut interné à Mayence. Il s'évada et, sous le nom de Comagny, revint
prendre du service. On lui donna le commandement du 10e régiment
provisoire dans 'armée de la Loire. Il était nommé, peu après, général
au titre auxiliaire. En décembre, avec le 24e corps dont il commandait
la 2e division, il quittait Lyon pour se porter sur Besançon, puis voler
au secours de Belfort. Il prit alors une part importante aux combats
livrés par Bourbaki. Pendant la retraite vers la Suisse, il reçut le
commandement du 24e corps. Il attendit la paix à Berne.
A la révision des grades, on le nomma colonel.
Général de brigade en 1877, directeur de l'infanterie au ministère, il
accepta le portefeuille de la Guerre en janvier 1883, au moment où le
général Billot l'abandonnait plutôt que de rayer des cadres les princes
d'Orléans. Ce fut lui qui accomplit cet acte. Il quitta le ministère au
mois d'octobre de la même année. C'est lui qui avait rétabli les
tambours, supprimés par le général Farre.
Il était à la retraite depuis 1887.