Une correspondante de la Société d'acclimatation, Mlle L. Reyen, a donné
à cette Société quelques renseignements intéressants sur l'élevage en
captivité des hirondelles et d'autres oiseaux sauvages de notre région.
Mlle Reyen, qui a, à ce sujet, une expérience déjà longue--elle a gardé
sept ans une hirondelle de cheminée et dix-sept ans un
rossignol--conseille, pour élever les jeunes, une pâtée faite de viande,
de biscuits, de graines, bien mélangée et parfaitement séchée. Elle y
ajoute des insectes: mouches, cousins, papillons, petits coléoptères,
vers de farine, et surtout des araignées.
Les araignées semblent être indispensables aux oiseaux insectivores à
qui elles servent de nourriture et de médicament à la fois. L'araignée
semble être purgative et dépurative, et il convient d'en donner deux ou
trois, au printemps, à l'oiseau captif, pour l'entretenir en bonne
santé. Très recommandée encore, la carotte fraîchement râpée. Tous les
quinze jours, il convient aussi de faire boire à l'hirondelle de l'eau
où macère de la graine de lin. Cette eau convient au rossignol; la
fauvette se trouve mieux d'eau miellée. Les hirondelles supportent bien
la captivité, à condition qu'on les tienne au chaud en hiver. Elles
muent au milieu de la mauvaise saison, mais la crise n'a rien de grave
si l'on a soin de les bien nourrir. Mlle Reyen possède depuis treize ans
une fauvette à tête noire qui chante fort bien, mais la pauvre petite
bête a chaque année une crise de goutte. Or sa protectrice est là qui
veille; dès que vient le mal, elle lui administre une liqueur de sa
composition qui, très rapidement, dissipe l'accès. Très probablement la
goutte est une des conséquences de la captivité: l'oiseau captif a
rarement assez d'espace dans sa volière pour pouvoir prendre tout
l'exercice dont il a besoin.