A MARLY-LE-ROI.

«Mon cher Antoine,

«Je commence par t’annoncer une bonne nouvelle: on m’a volé mon

parapluie.

«Ce matin, comme je flânais hors de la ville, rêvant à de grands

projets dont je t’instruirai à mon retour, une petite averse

tombe à l’improviste. J’ai à peine eu le temps d’ouvrir le susdit

parapluie, qu’une femme vient à moi et d’une voix suppliante:

«Ah! monsieur, je vous en prie, rien qu’un instant!»

«Je comprends qu’elle m’implore en faveur de sa toilette menacée

par l’averse. En galant chevalier, je lui offre mon bras, lui

proposant de la reconduire à son hôtel. Nous n’avons pas fait

cent pas: «Dieu! mon mari! s’écrie-t-elle. Ah! monsieur! il est

si jaloux!... S’il nous trouve ensemble....»

«Je m’empresse de me réfugier sous un arbre, lui laissant entre

les mains l’objet en question. Le mari se présente, lui prend le

bras à son tour, tous deux s’éloignent le plus paisiblement du

monde, et le tour est fait.

«Que dis-tu de ce vol au parapluie? La nouvelle est bonne,

n’est-ce pas? d’abord pour toi. Tu auras enfin l’occasion,

une fois dans ta vie, de te moquer justement de ma galanterie

avec les dames; elle est bonne aussi pour moi, si heureusement

débarrassé de ce meuble incommode et inutile. Je ne voyage qu’en

voiture.

«Je ne t’en dirai guère plus aujourd’hui, dans le doute si ces

quelques mots te trouveront encore à Marly. En tout cas, je

compte sur Madeleine ou sur le vieux Jean pour te les retourner

si tu as perdu patience à m’attendre. Je me reproche vivement

de ne pas t’avoir écrit depuis ma malencontreuse arrivée à

Carlsruhe. Tu dois me croire mort, mort assassiné par quelque

brigand de la forêt Noire. Rassure-toi; messieurs les brigands de

la forêt Noire, à Bade, leur quartier général, ont pu attenter

à ma bourse, même à mon parapluie; quant à ma vie, non-seulement

ils l’ont respectée, mais encore rendue douce et facile. Je te

conterai cela de vive voix. Après-demain, lundi, je quitte Bade,

que je n’ai pu me dispenser de visiter en passant. Adieu donc et

à bientôt, mon cher Antoine; je commence à en avoir assez des

voyages.

«Ton ami,

«A. C.

«Bade, 10 mai.

«POST-SCRIPTUM. Je rapporte quelques traditions assez curieuses

du pays; cependant je n’ai plus l’esprit aux légendes. Tout bien

examiné, tu as raison, ce sont là des passe-temps frivoles,

parfois dangereux, tendant à fausser, à dénaturer l’histoire,

à propager des erreurs nuisibles; j’y renonce. Une idée plus

grave me préoccupe. Il se pourrait bien faire que, aussitôt mon

retour en France, je me livrasse exclusivement à des travaux

historiques. Oui, mon ami, oui; que veux-tu? je ne suis plus

jeune; tu me l’as répété assez souvent pour que la conviction me

soit venue. L’historien qui se respecte devant bien se garder de

faire montre d’esprit et surtout d’imagination, ce rôle convient

à mon âge, et me va sous tous les rapports.

«Antoine, je te vois écarquiller tes petits yeux et t’écrier:

«Historien, toi! toi, jusqu’à présent le zélateur passionné du

conte bleu! C’est impossible! Comment une semblable idée a-t-elle

pu te venir en tête?»

«Eh! bon Dieu! cher ami, elle m’est venue comme le reste; je

suis historien comme je suis voyageur, par l’effet du hasard,

par entraînement, presque malgré moi. Je te conterai cela à mon

retour, bientôt.... Au fait pourquoi pas tout de suite? Ma plume

d’auberge est excellente, l’encre est limpide, fine est mon

écriture, et sans risquer d’ajouter à mon timbre-poste, je puis

bien achever de noircir cette seconde page, et même entamer la

troisième, la chose en vaut la peine.

«Hier donc, je me reposais des fatigues de la veille, où avec

ton cousin Junius nous avons poussé nos excursions jusque

sur les bords de la Mourg, à quatre ou cinq lieues de Bade.

Assez désœuvré, je me promenais devant certaine galerie des

légendes, à laquelle je n’avais plus rien à demander, quand

au-dessus de la porte nord de cette galerie, je vis un tableau

jusqu’alors échappé à mon regard. C’était une espèce de grisaille

représentant une entrée triomphale.

«Qu’est-ce que cela? murmurai-je, et assez haut pour qu’une voix

tudesque me répondît:

«--C’est le retour du vainqueur des Turcs à Rastadt, monsieur; de

notre célèbre margrave Louis-Guillaume de Bade. Que pense-t-on en

France de notre héros, monsieur? ajouta la voix.

«--Il y est fort estimé,» répondis-je effrontément, car, à ma

profonde humiliation, je te l’avoue, du vainqueur des Turcs je ne

connaissais pas le premier mot. Nous autres Français, nous avons

déjà tant de grands hommes en propre, que le loisir nous manque

pour nous occuper de ceux des autres. Cependant, je trouvais

étrange qu’un margrave badois eût été en querelle sérieuse avec

les Turcs, et s’en fût gaillardement tiré. Il me fallait un

éclaircissement; je le trouvai dans la bibliothèque du casino de

cette ville, où j’appris que Louis-Guillaume, général en chef des

armées de l’empereur, avait partagé avec Jean Sobiesky la gloire

de la délivrance de Vienne; qu’à Gran, à Bude, à Vicegrad, et sur

vingt autres champs de bataille les Turcs durent reconnaître en

lui leur éternel vainqueur.

«Comme tu le penses bien, cher ami, ce ne sont pas ses batailles

qui m’affriandèrent; non, mais bien son histoire personnelle,

vraiment fort singulière. Tu en auras la preuve dans ma relation.

Restons-en là pour aujourd’hui.... Cependant en quelques lignes

je puis résumer pour toi son curieux historique.

«D’abord, Louis-Guillaume de Bade est né à Paris; pour un Badois,

c’était débuter d’une manière piquante; de plus, il fut tenu sur

les fonts de baptême par Louis XIV, et pour son apprentissage

de guerre, le filleul devait battre le parrain, avant de battre

les Turcs. Tu vois déjà d’ici que, grâce à ces relations de

filleul ou d’adversaire entre mon personnage et le grand roi,

je pourrai relever l’importance de ma biographie du margrave

par des considérations détaillées sur la cour de France à cette

époque; sur Mmes de Montespan et de Maintenon. Grâce à l’illustre

philosophe M. Cousin, les belles femmes historiques sont fort à

la mode aujourd’hui. Et quelle entrée en matière!

«Le père, le frère et les oncles de Louis-Guillaume étaient morts

par des accidents de chasse ou de guerre. Prévoyant le même sort

pour lui, sa mère, Louise de Carignan, l’avait retenu en France,

et caché sous ses jupes. Toutefois, la cachette éventée, au nom

de l’intérêt général du peuple, qui ne pouvait se passer de son

souverain, il avait été ramené à Bade; mais ses tuteurs avaient

solennellement juré à sa mère que jamais une arme à feu ne se

trouverait entre les mains du jeune prince. Il fut élevé comme

Achille à Scyros, en demoiselle de bonne maison. Un jour, la

demoiselle séduisit une de ses gouvernantes, puis, tout à coup

saisie d’une ardeur belliqueuse, sauta par la fenêtre pour aller

se battre avec des portefaix qui se chamaillaient sur la place du

Château-Neuf.

«Il fallut se rendre devant des instincts amoureux et guerriers

manifestés si énergiquement. On le maria et on lui ceignit l’épée.

«Louis-Guillaume, margrave de Bade, après avoir fait vingt-six

campagnes, commandé à vingt-cinq siéges, livré quarante batailles

ou combats, mourut paisiblement dans son lit, sans avoir jamais

eu la peau effleurée ni par le plomb ni par le fer. Tel est, mon

ami, l’homme qui vient de changer soudainement mes instincts

littéraires, et auquel je consacre ma plume.

«J’ai passé hier toute ma journée à recueillir des notes. Ce

matin, je me suis rendu à l’église collégiale de Bade où se

trouve son tombeau, exécuté par notre compatriote Pigalle,

à grand renfort de personnages allégoriques comme celui du

maréchal de Saxe, que j’ai visité à Strasbourg. Une longue

inscription latine attira d’abord mon attention. Du plus loin

que j’en pus déchiffrer le premier mot: _Subsiste, Viator!_

Arrête-toi, voyageur! je m’arrêtai. Du fond de sa tombe, mon

héros lui-même m’en donnait l’ordre. Un tumulte se fit dans mes

idées; il me semblait que nous venions l’un l’autre d’entrer

en communication. Pensif et recueilli, je murmurai en moi-même:

«Louis-Guillaume, ce voyageur inconnu qui vient aujourd’hui vers

toi, c’est ton futur historien.»

«Après un salut profond, je relevai la tête et arrêtai mon regard

interrogant sur la statue du margrave; je crus lui voir faire un

mouvement.... Illusion, sans doute.

«Je copie l’inscription, vrai résumé des hauts faits que j’avais

à signaler: _Infidelium debellator.--Imperii protector.--Atlas

Germaniæ.--Hostium terror.--Quoad vixit, semper vicit, nunquam

victus_..., etc. C’était là un latin à ma portée; j’en fus ravi;

un peu de latin est chose indispensable dans un ouvrage sérieux.

«Une heure entière, je restai en méditation devant le tombeau.

«C’était ma veillée des armes.

«Ne me traite pas de rêveur et de songe-creux, Antoine; mais

quand je sortis de la collégiale quelque chose d’inexplicable

s’était opéré en moi: je marchais d’un pas plus lent, plus

régulier; les pensées m’arrivaient plus graves; je ne retournais

plus la tête de droite et de gauche pour inspecter les passants,

ou fureter de l’œil à travers la vitre des boutiques; tout ce

qu’il y avait encore de frivole et de peu rassis dans ma nature

se modifiait, se métamorphosait; je me sentais devenir historien.

«Junius, que j’allai voir, me demanda si j’étais malade, tant

il me trouva changé d’allure et de physionomie. Tandis qu’il me

questionnait ainsi, avec bienveillance d’ailleurs, je regardais

sa cravate blanche; je me disais qu’une cravate blanche pourrait

me convenir tout autant qu’à lui. Il est diplomate, je suis

historien: deux positions respectables.

«Je ne sais si je dînerai aujourd’hui à la table d’hôte. Me

faire servir chez moi, dans ma chambre, serait peut-être plus

convenable.

«Mais ce _post-scriptum_ vient d’envahir jusqu’aux marges de

mes quatre pages; je te quitte, mon cher Antoine. Ton cousin

Junius me fait demander par un garçon de l’hôtel si je veux

l’accompagner au château de _la Favorite_; je n’y manquerai pas.

_La Favorite_, située à deux heures de Bade, du côté de l’ouest,

était le séjour de prédilection de la margrave Sibylle-Auguste,

femme de Louis-Guillaume. J’y trouverai occasion d’ajouter à mes

documents déjà recueillis quelques notes sur la compagne de mon

héros, digne de lui, je n’en doute pas.»

* * * * *

«Même jour, dix heures du soir.

«Me voici de retour de _la Favorite_; je crois sortir d’un rêve;

je me hâte de rouvrir ma lettre, cher ami, pour lui donner un

supplément, et te faire part de mes impressions tandis qu’elles

ont encore toute la vivacité, tout le relief de la surprise.

C’est un double timbre qu’il m’en coûtera, mais je suis en fonds

aujourd’hui.

«En abordant la résidence de la veuve du grand margrave,

conservée intacte, même dans la disposition des appartements,

des tentures et du mobilier, telle enfin qu’elle l’a laissée

à sa mort, vers 1733, j’avais pris un air de circonstance, le

front baissé, le chapeau à la main; je m’attendais à trouver

une habitation grandiose, sévère, magistrale, en rapport avec

les souvenirs qu’elle rappelle. J’y vis une immense boutique

de bric-à-brac, une exposition générale de tous les bibelots

imaginables, aujourd’hui redevenus à la mode; potiches,

chinoiseries, vases et statuettes de porcelaine, de jade ou de

céladon, cristaux de Bohême, glaces et verres de Venise, pâtes

de Sèvres, craquelés de la Chine, bois de fer de l’Inde, émaux

de Limoges, bronzes antiques, faïences et majoriques du seizième

siècle, tout y est accumulé sur les murs, les corniches, les

chapiteaux; les tables, les dessus de cheminées et de poêles

en regorgent; partout, ce ne sont qu’étagères et vitrines.

Non, jamais le _Petit-Dunkerque_, Susse, Tahan, les magasins

du boulevard de la Bastille, le musée Sauvageot et le musée de

Cluny, en se cotisant, n’en pourraient offrir une collection plus

complète. C’est fort curieux, d’accord; mais cela manque tout à

fait de dignité.

«A travers ces antiquailles, je cherchai le portrait de mon

héros; selon Junius, il y figurait sous plusieurs types

différents. Pour quiconque est physionomiste, et, tu le sais, je

me pique de l’être, un simple portrait d’après nature, calqué sur

l’individu, est le meilleur renseignement historique à consulter.

La physionomie dit le tempérament, par conséquent le caractère,

le caractère foncier, natif; l’autre, le caractère acquis, se

devine d’après les faits accomplis.

«Mais je me perdais dans un dédale de couloirs, de grands et de

petits salons, sans pouvoir trouver mon margrave. Junius, d’abord

mon cicerone, venait de me quitter pour aller chez la concierge

du château prendre sa tasse de petit-lait. Las de mes recherches

vaines, en l’attendant, je me mis à examiner une foule de

miniatures représentant toute une population de femmes.

«Parmi ces femmes, quelques-unes étaient en costume de ville ou

de cour, d’autres en habits de deuil, avec la cape et le rosaire

des religieuses; la plupart semblaient travesties en bohémiennes,

en saltimbanques, avec des bonnets en pointe ou en turban....

Un instant, je me crus sur la piste d’un précieux renseignement

historique.

«Louis-Guillaume avait été d’humeur galante dans son temps;

parfois le vainqueur des Turcs comme butin, rapporta de ses

campagnes de belles Circassiennes, faites captives sous la tente

des pachas mis en déroute.... Mais le moyen de penser que les

portraits de ses maîtresses se trouvaient collectionnés chez sa

femme? J’y regardai de plus près; toutes ces figures avaient

entre elles un air de parenté, de ressemblance; j’avais sous

les yeux tout un sérail orné d’une seule tête, et cette femme

multiple, tour à tour marquise, nonne, odalisque ou sorcière,

c’était la margrave Sibylle-Auguste elle-même!

«Junius, qui revint, me montra en face des soixante-douze

portraits de la princesse, soixante-douze autres miniatures

représentant un bon bourgeois, à la face vulgaire, aussi bigarré

de costumes divers que son vis-à-vis; ce bon bourgeois, ô honte!

c’était mon héros, c’était le vainqueur des Turcs!

«Maudit soit-il le miniaturiste qui a ainsi soixante-douze fois

calomnié ce grand homme!

«Dis-moi, Antoine, te figures-tu ce que pouvait être l’habitante

de ce palais, à la juger par tout ce qui la rappelait alors

autour de moi, avec son bazar de curiosités, avec ses cent

quarante-quatre portraits pour deux personnes? Une femme poëte,

n’est-ce pas? sacrifiant à la fantaisie? Hélas! mon ami, la

princesse Sibylle-Auguste, fille des ducs de Saxe-Lowenbourg,

était une espèce de folle dont la tête et le cœur tournaient à

tous les vents; une sainte Thérèse tudesque, dont les aspirations

se dirigeaient tantôt vers le monde et ses plaisirs les plus

raffinés, tantôt vers le cloître et ses austérités les plus

violentes.

«Dans un coin retiré de son parc, elle s’était fait construire

une cellule, une cénobie, à son usage particulier. Là, portant

le cilice, vêtue d’un sac de grosse toile, dormant sur une

natte de paille, étendue sur la terre froide, la puissante

margrave priait, pleurait, jeûnait, et se faisait chaque matin

administrer par ses filles d’honneur des coups d’une discipline

armée de grains de plomb et de pointes de fer, quitte à leur

rendre ensuite le même service. Elle avait fait confectionner

trois figures en cire, celles de Jésus, de la Vierge et de saint

Joseph. Elle vivait dans leur compagnie intime, se purifiant par

leur approche, dînant à leur table, et ne mangeant guère plus

qu’eux.

«Le temps des saintes folies passé, Sibylle jetait tout à coup

sa coiffe de béguine par-dessus les moulins, et, contre la

marche ordinaire du calendrier, faisait à cet affreux carême

succéder brusquement un carnaval échevelé. Ce n’était plus alors

que danses, spectacles et orgies prolongés jusqu’au jour, et

les pudiques bourgeoises de Bade et de Rastadt affirmaient que

fussent-elles conviées à ces fêtes princières elles refuseraient

de s’y montrer, pour l’honneur de leurs maris.

«Après avoir parcouru le château de _la Favorite_, où partout ce

ne sont que lustres, girandoles, cristaux et porcelaines, j’ai

visité la cellule de sœur Sibylle. Quel contraste! C’est bien

la chose la plus triste, la plus sombre qu’on puisse voir. Le

cilice, la discipline, le sac de toile, la natte de paille y sont

encore. Jésus, la Vierge et saint Joseph n’ont pas cessé de se

tenir autour de la petite table, à laquelle la pauvre folle ne

vient plus s’asseoir.

«Quoique ces détails appartiennent plutôt à la chronique qu’à

l’histoire, j’espère pouvoir en tirer parti dans mon grand

ouvrage; mais j’en userai avec discrétion.

«Ainsi, tiens-toi-le pour dit, demain dimanche, je compte passer

encore la journée ici, à recueillir des notes, puis après-demain,

en route, trajet direct!... Il sera possible cependant que je

fasse une pose à Épernay, où j’ai quelques renseignements à

prendre. En tout cas, je ne toucherai barre à Paris que pour

t’emmener avec moi sur nos Alpes marlésiennes. Bonsoir; je vais

me coucher. Ton cousin Junius t’envoie ses compliments.»

* * * * *

Cette lettre, je l’avais remise sous enveloppe, cachetée de nouveau

avec apposition d’un double timbre; mais après réflexion, comme elle

renfermait quelques épisodes curieux sur Louis-Guillaume et sur sa

femme, craignant qu’elle ne s’égarât en route, ou que mon ami Antoine

Minorel ne s’en servît pour allumer ses cigarettes, je m’abstins de la

lui envoyer, et la mis simplement en réserve avec mes autres documents

historiques.

Le chemin des écoliers Promenade de Paris à Marly-le-Roy, en suivant les bords du Rhin · 第 39 / 76 题