_M. le ministre de l'instruction publique_.--Je me résume, messieurs, et
je dis que, dans le projet qui vous est soumis dans la pensée qui y est
écrite, il n'y a rien, absolument rien, qui ne soit parfaitement
conforme aux principes que j'ai eu l'honneur de développer ici.
Je répète qu'on ne peut parler de climat dévorant, de lieu insalubre.
Vous ne savez pas quel sera le lieu, quel sera le climat; vous le
saurez; vous en délibérerez. Vous avez raison sur ce point; il faut que
le lieu soit sain, il faut que le régime soit sain. (_Interruption à
gauche._)
_M. le ministre de l'intérieur_.--- La discussion est-elle libre ou ne
l'est-elle pas?
_M. le président_.--J'invite la Chambre à garder le silence.
_M. le ministre de l'instruction publique_.--Il faut qu'aucun danger
physique ne vienne déshonorer la peine; mais il faut que, comme peine
morale, elle soit forte, efficace; il faut qu'une forte privation morale
agisse sur les imaginations. Vous avez besoin, comme je l'ai dit,
d'intimider les factieux; vous avez besoin d'une peine redoutée et
redoutable. C'est cette peine que nous avons voulu écrire dans nos lois.
Nous repoussons absolument les reproches qu'on lui a adressés. Non, ce
n'est pas un danger physique, ce n'est pas une souffrance physique que
nous recherchons; c'est une peine puissante, mais essentiellement
morale, qui inflige aux hommes condamnés à la subir une véritable
douleur morale; c'est celle-là qu'il importe d'éveiller dans les âmes,
de faire agir sur les imaginations. Si vous ne savez pas employer ces
légitimes et uniques moyens de gouvernement, si vous voulez que vos lois
soient vaines, faites des lois vaines; mais sachez que, le jour où les
lois seront vaines, la société sera en grand danger. (_Mouvement
prolongé d'assentiment._)