M. LE MARQUIS DE BRÉZÉ.--Est-ce là votre seul argument? Il est mauvais.

_M. le ministre de l'instruction publique_.--Je crois avoir employé

quelques arguments puisés dans le fond de la question avant d'en venir à

celui-ci. Il est naturel que l'honorable orateur ne les ait pas trouvés

bons; mais il me permettra de croire qu'ils ne sont pas mauvais. (_Rires

d'approbation._)

Je dis donc que de même qu'à mon avis il y a honte pour un parti à

abjurer ce qui a fait non-seulement son honneur, mais sa force, de même

il y aurait honte pour nous à le suivre dans cette voie. Ni vous, ni

nous, messieurs, n'en serons réduits là; vous penserez comme nous, et

quoi qu'on en dise, que ce n'est là que de la politique révolutionnaire,

anarchique, politique de destruction, de démolition.

Eh bien! les temps de démolition sont passés; les moyens de démolition

ne sont plus de saison. Ce que nous voulons aujourd'hui, c'est affermir,

consolider, construire définitivement la monarchie constitutionnelle que

la France voulait en 1789, qu'elle a définitivement conquise en 1830.

Depuis 1830 jusqu'à aujourd'hui, nous avons surmonté tous les obstacles

que nous ont opposés les violences des partis. Si le temps des violences

est passé, comme on le dit généralement aujourd'hui, si à sa place est

venu le temps des mensonges, nous triompherons, je l'espère, des

mensonges comme nous avons triomphé des violences; et nous resterons

dans cette politique libérale et modérée qui est la politique de la

Charte, et cette politique ira se développant, et portera de jour en

jour des fruits nouveaux. (_Marques prolongées d'approbation._)

Histoire parlementaire de France, Volume 2. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 73 / 119 题