_M. le ministre de l'instruction publique._--Ce n'est point une
tyrannie; la majorité écoute et ferme la discussion, et la clôture de la
discussion n'est autre chose qu'une limite apportée au droit de parler à
cette tribune. Le droit de parler, de discuter, quelque sacré qu'il soit
dans son principe, quelque étendu qu'il soit dans son exercice, n'est
donc pas illimité. Il est placé, je le répète, sous le contrôle de la
majorité, et elle exerce ce contrôle tous les jours, soit en refusant la
parole, soit en fermant la discussion. Si vous reconnaissiez le principe
contraire, si vous admettiez un droit individuel qui fût affranchi du
contrôle de la majorité, il lui serait supérieur, et le pouvoir de la
Chambre disparaîtrait devant celui d'un seul membre.
Cela est tellement impossible, messieurs, que dans tous les précédents
invoqués sur le sujet même qui nous occupe, le droit de la Chambre de
permettre ou d'empêcher l'interpellation a été formellement reconnu par
les orateurs eux-mêmes qui font des interpellations, et par l'honorable
membre qui a introduit lui-même le droit d'interpellation dans cette
enceinte. Je demande à la Chambre la permission de lui rappeler purement
et simplement les paroles prononcées, dans deux ou trois occasions, par
l'honorable M. Mauguin lui-même. La Chambre verra qu'il reconnaissait
que la première chose à faire était de demander à la Chambre la
_permission_ d'interpeller le gouvernement. C'est dans ces termes mêmes,
je le répète, dans les termes de _permission_ que M. Mauguin a parlé et
les voici:
Je saisirai cette occasion pour prévenir la Chambre que mon intention
est de demander jeudi à M. le ministre des affaires étrangères des
explications sur la conduite politique du ministre à l'égard de la
Belgique et de la Pologne. Les événements de ces deux pays on trop de
gravité, ils occupent trop la Chambre et la nation _pour la Chambre ne
me permette pas_ de provoquer ces explications.» (_Exclamations
diverses._)