Art. 1er. Il est accordé sur les fonds généraux:
1º A Mme Anne-Marie Coquet du Trazailé, veuve de M. le baron Cuvier,
membre de la Chambre des pairs, conseiller d'État, membre du conseil
royal de l'instruction publique, etc., etc., une pension de 6,000 fr.;
2º A Mme Rose Blanc, veuve de M. Champollion jeune, membre de l'Académie
royale des inscriptions et belles-lettres de l'Institut, conservateur du
musée royal égyptien, professeur d'archéologie au Collége de France,
etc., une pension de 3,000 fr.;
3º A Mme Andrée-Jeanne-Jenny Lecamare, veuve de M. Abel Rémusat, membre
de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres,
conservateur-administrateur de la Bibliothèque royale, professeur des
langues chinoise, tartare et mandchoue au Collége de France, membre de
la commission administrative de l'École des chartes, une pension de
3,000 fr.;
4º A Mme Wilhelmine-Christiana de Klenecke, veuve de M. de Chézy, membre
de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres de l'Institut,
professeur de langue et littérature sanscrites au Collége de France,
professeur de persan à l'École royale et spéciale des langues orientales
vivantes, etc., une pension de 3,000 fr.;
5º A Mme..., veuve de M. de Saint-Martin, membre de l'Académie des
inscriptions et belles-lettres de l'Institut, etc., une pension de 3,000
fr.
Art. 2. Ces pensions seront inscrites sur le livre des pensions du
trésor public et acquittées à partir du jour de la promulgation de la
présente loi.
A mon grand regret, la commission, chargée par la Chambre des députés de
l'examen de ce projet de loi, le réduisit aux articles qui concernaient
MM. Cuvier et Champollion jeune et leurs veuves, décidant, par une idée
mesquine et fausse, à mon avis, que MM. Abel Rémusat, Chézy et
Saint-Martin n'étaient pas en possession d'un nom assez populaire pour
être l'objet d'une récompense nationale. Elle divisa, de plus, le projet
en deux lois qui furent adoptées sans discussion par les deux Chambres
et promulguées le 24 avril 1833.