L'Opéra-Comique vient de faire entendre deux oeuvres nouvelles qui ont
beaucoup plu au public. L'une, _les Pêcheurs de Saint-Jean_, paroles de
M. Henri Cain, n'est rien moins qu'une très belle symphonie dramatique,
où le compositeur, M. Widor, affirme une fois de plus les hautes
qualités qu'on lui connaît. Musique savante et facilement
compréhensible, inspiration soutenue et d'une absolue sincérité, tels
sont les mérites divers qui expliquent et justifient le succès de ce bel
ouvrage. Mme Triché et un excellent ténor, M. Salignac, contribuent pour
une large part à sa réussite. La seconde nouveauté, _la Coupe
enchantée_, livret de M. Matrat, d'après La Fontaine, n'est pas moins
remarquable à d'autres points de vue. La partition de M. G. Pierné,
légère, d'une expression charmante, et développée suivant la poétique de
l'opéra-comique d'autrefois, se distingue des productions anciennes par
des délicatesses d'harmonie et d'orchestration que ne recherchaient pas
les maîtres du genre.
L'audition des envois de Rome, au Conservatoire, consacre la bonne
réputation de MM. Malherbe et Levadé parmi les musiciens. M. Malherbe
est un symphoniste très fort; nous lui voudrions moins de science et
plus de jeunesse. M. Levadé a charmé davantage les auditeurs, surtout
dans son très classique développement du psaume CXI qui contient de très
belles parties.
Au théâtre des Folies-Dramatiques, deux maîtres du vaudeville, MM.
Kéroul et Barré, viennent de remporter une nouvelle victoire avec trois
actes follement gais d'un bout à l'autre: _Une veine de..._
_Les 400 coups du Diable_, de MM. V. de Hottens et V. Darlay, au
Châtelet: des décors superbes, des danses, des chants, des cortèges à
n'en plus finir dans un éblouissement de lumière électrique; il n'y
manque qu'un peu de la grosse gaieté des féeries de jadis. Au demeurant,
un gros succès.