VIII

Comme aux âges naïfs, je t'ai donné mon cœur,

Ainsi qu'une ample fleur,

Qui s'ouvre pure et belle aux heures de rosée;

Entre ses plis mouillés ma bouche s'est posée.

La fleur, je la cueillis avec des doigts de flamme;

Ne lui dis rien: car tous les mots sont hasardeux:

C'est à travers les yeux que l'âme écoute une âme.

La fleur qui est mon cœur et mon aveu,

Tout simplement, à tes lèvres confie

Qu'elle est loyale et claire et bonne, et qu'on se fie

Au vierge amour, comme un enfants se fie à Dieu.

Laissons l'esprit fleurir sur les collines

En de capricieux chemins de vanité,

Et faisons simple accueil à la sincérité

Qui tient nos deux cœurs vrais en ses mains cristallines;

Et rien n'est beau comme une confession d'âmes

Lune à l'autre, le soir, lorsque la flamme

Des incomptables diamants

Brûle comme autant d'yeux

Silencieux

Le silence des firmaments.

Les Heures du Soir - Précédées de les Heures claires, Les Heures d'après-midi · 第 19 / 94 题