Il n’existe pas de bibliographie spéciale sur l’histoire des ouvrages
posthumes qui se sont perdus par la négligence des bibliographes.
Combien de manuscrits autographes ont passé dans les ventes de vieux
papiers, faute d’avoir été signalés! Témoin la comédie des _Querelles
des deux frères_, par Collin d’Harleville, retrouvée chez l’épicier;
les _Historiettes_ de Tallemant des Réaux, acquises au prix de 27
francs en vente publique, etc.
Un des derniers bibliothécaires de la ville de Soissons, nommé
Mezurolles, qui était cordelier en 1788 et qui avait jeté le froc aux
orties dès le commencement de la Révolution, a composé une immense
quantité d’ouvrages de différents genres. Ceux qui concernaient
l’histoire soissonnaise méritent seuls d’être regrettés, quoique les
autres annonçassent un homme d’esprit et d’érudition. On ignore le sort
de ces travaux historiques et littéraires, qui ont occupé toute la vie
de Mezurolles et dont aucun n’a vu le jour.
On sait seulement que ces manuscrits formaient plus de cent volumes
in-folio et in-quarto; ils étaient encore dans les mains d’un habitant
de Soissons, nommé Potaufeu, il y a quelques années (vers 1825); après
la mort de l’auteur, trois ou quatre de ces manuscrits sont entrés
dans la bibliothèque de sa ville natale, entre autres: un _Abrégé
d’histoire universelle_, in-4; une _Chronologie_, et une _Notice
historique sur la ville de Soissons_, in-folio. Mezurolles, qui a fait
le premier catalogue de cette bibliothèque, n’est pas un bon écrivain,
mais ses recherches sur les antiquités locales présentent de l’intérêt
pour les personnes qui étudient l’histoire du Soissonnais. Ses autres
manuscrits seraient donc bien placés dans la bibliothèque publique de
Soissons.