Le savant bibliographe allemand, Guillaume Fleischer, qui était venu
en France sous le Directoire pour faire de la bibliographie française,
eut l’idée de publier, en 1806, un Manuel de la Librairie française
moderne, ou Catalogue général des ouvrages qui se trouvaient, à la
fin de 1806, comme livres de fonds ou en nombre, chez les libraires
de France, et principalement chez ceux de Paris, etc. Il publia
plusieurs prospectus et circulaires adressés aux libraires pour leur
demander la note de leurs livres de fonds ou en nombre; il commença
son travail avec le courage et la patience d’un Allemand; mais, au
bout de deux années, il se vit obligé d’y renoncer: la moitié des
livres qui existaient chez les libraires en 1806, avaient changé de
main, ou bien étaient mis à la rame en 1808, ou du moins avaient
subi un rabais plus ou moins considérable. Fleischer jugea que la
librairie française était aussi mobile que le caractère français, et il
essaya de donner à son ouvrage une base plus stable, en préparant un
Dictionnaire de Bibliographie française générale; il n’en fit paraître
que deux volumes, en 1812, car les souscripteurs ne se hâtèrent pas de
l’encourager, et il retourna en Allemagne, en déclarant que la France
n’était pas digne d’avoir un bibliographe.
V