Notice sur Néel. (En tête du Voyage de Paris à Saint-Cloud, 1797.)

Et beaucoup d’autres notices biographiques qui devaient figurer dans

le second volume de l’_Examen critique des Dictionnaires historiques_,

volume que l’auteur ne voulait publier qu’après l’achèvement de la

_Biographie universelle_ de Michaud.

IV. _Notices littéraires._ C’est encore de la bibliographie raisonnée

et critique de main de maître.

Dissertation sur soixante traductions françaises de l’Imitation

de Jésus-Christ. (_Paris_, Lefebvre, 1812, in-12.).--M. Louis

Barbier a vivement excité notre intérêt, en nous apprenant que

son père avait laissé un exemplaire de ce savant ouvrage tout

chargé de corrections et d’additions.

--Sur les Lettres manuscrites de P.-D. Huet. (_Mercure de

France_, t. XXVI, p. 289.)

--Sur les Contes et Nouvelles de Mirabeau. (_Ibid._, t. XXXIII,

p. 263.)

--Sur les Œuvres de Vauvenargues. (_Ibid._, t. XXXIV, p. 204.)

--Sur l’Introduction à l’Analyse infinitésimale, d’Euler.

(_Ibid._, t. XXXVI, p. 342.)

Examen de plusieurs assertions hasardées par la Harpe dans sa

Philosophie du XVIIIe siècle. (_Magasin encyclopédique_, 1805, t.

III, p. 5.)

--Sur le Recueil des Lettres de Mme de Sévigné. (_Mag. encycl._

1801, t. VI, p. 7.)

--Sur le poëme de la Conversation, du P. Janvier. (_Revue

philosophique_, 1807, 2e trimestre, p. 88.)

Rapport au Conseil du Conservatoire des objets de science

et d’art, sur le Recueil des Lettres de P.-D. Huet, évêque

d’Avranches, trouvé parmi les livres de l’ex-jésuite Querbœuf.

(_Journal des Savants_, an V, p. 334.)

Je m’arrête, car il faut savoir se borner, même en bibliographie; je

ne pousserai pas plus loin cette nomenclature qui, si variée qu’elle

soit, ne supplée pas aux articles eux-mêmes qui se recommandent tous

par une connaissance approfondie du sujet et par des observations

aussi savantes qu’ingénieuses. Ces articles ont été fort remarqués au

moment de leur apparition dans le _Magasin encyclopédique_, dans la

_Revue encyclopédique_, etc.; mais lorsqu’ils seront réunis et classés

systématiquement, ils offriront un intérêt de plus, en présentant sous

un nouveau jour le talent analytique et critique d’Antoine-Alexandre

Barbier. Ce volume de mélanges littéraires viendra se placer avec

honneur dans les bibliothèques, à côté de recueils du même genre qui

appartiennent à la même époque, et qui réunissent les articles et les

feuilletons de Dussault, Feletz, Maltebrun et Boissonade.

Mon cher collègue, M. Louis Barbier, ne me saura pas mauvais gré,

sans doute, d’avoir évoqué le souvenir bibliographique de son savant

et vénéré père: il approuvera certainement la publication que je lui

propose de faire de ces opuscules, qui ne demandent qu’à être réunis

et coordonnés pour acquérir toute leur importance littéraire; mais

il aura quelque prétexte plausible à faire valoir, pour s’excuser

de n’avoir pas encore publié la troisième édition du Dictionnaire

des Anonymes: il me dira que son manuscrit est prêt depuis dix ans,

depuis vingt ans même, ce que je me plais à reconnaître avec plaisir,

mais qu’un libraire lui a manqué pour entreprendre une édition aussi

coûteuse... Il y a dix ans, il y a vingt ans de cela; la bibliographie

n’était pas alors en bonne odeur auprès de la librairie marchande, et

le _Dictionnaire des Anonymes_, qu’on avait vu tomber à vil prix (10 à

15 fr. l’exemplaire), passait pour un livre _dur à la vente_; l’éditeur

Barrois se plaignait même d’avoir fait une triste affaire; mais tel

temps, telle mode; aujourd’hui le même _Dictionnaire des Anonymes_,

réimprimé avec les augmentations qu’il réclame, se vendra sur-le-champ

à 1,500 exemplaires, et le reste de l’édition ne moisira pas en

magasin. Vienne donc le plus tôt possible cette troisième édition,

revue, corrigée et augmentée par le fils de l’auteur: elle aura le

même succès que la cinquième édition du _Manuel du Libraire_, de ce

chef-d’œuvre incomparable de la science bibliographique, auquel le

vénérable M. Brunet met la dernière main à l’âge de quatre-vingt-deux

ans, M. Brunet, notre maître à tous et le glorieux chef de la

bibliographie française.

NOTA. M. Louis Barbier, à qui je reproche de nous faire attendre si

longtemps la réimpression du _Dictionnaire des Anonymes_, n’en a pas

moins dignement suivi les traces de son père, en faisant, de la

bibliothèque du Louvre, de cette bibliothèque que son père a créée,

une des plus belles, des plus riches, des plus curieuses bibliothèques

du monde. Une autre fois, je vous parlerai du bibliothécaire, à propos

de cette bibliothèque merveilleuse qui vient d’attirer à elle et

d’absorber la bibliothèque de mon ami Motteley. Dieu merci! les livres

de Motteley sont en bonnes mains et sous bonne garde.

EXTRAITS

D’UNE

CORRESPONDANCE LITTÉRAIRE.

I

La lettre suivante, datée de janvier 1858, renferme une curieuse

anecdote de l’histoire littéraire:

«En feuilletant un charmant petit volume: _Un Million de rimes

gauloises_, lequel aura pour lecteurs tout ce qui reste de

Gaulois en France, je remarque, à la page 256, une Épitaphe de

Désaugiers, _par lui-même_, que je vous demande la permission de

restituer à son véritable auteur, malgré le témoignage de Charles

Nodier, sur lequel se fonde l’éditeur du recueil, M. Alfred de

Bougy. Cette épitaphe, si mes souvenirs ne me trompent pas,

fut improvisée par M. Paul Lacroix, le jour même de la cruelle

opération que Désaugiers venait de subir et qui paraissait

avoir bien réussi. M. Paul Lacroix envoya ces vers dans une

lettre de félicitations adressée au pauvre malade, qui devait

succomber peu de jours après, et qui s’empressa de répondre par

quatre vers sur les mêmes rimes. Les deux pièces de vers furent

successivement imprimées alors dans deux numéros du _Figaro_,

rédigé par le Poitevin Saint-Alme, Maurice Alhoy, Étienne Arago,

Jules Janin, etc. On a, depuis, recueilli les vers de M. Paul

Lacroix, et on a oublié ceux de Désaugiers, qui ne méritent pas

cet oubli. Mais où trouver une collection complète du _Figaro_,

pour y chercher l’épitaphe que Désaugiers a faite sur son lit

de douleurs et qui aurait pu être gravée sur sa tombe, peu de

jours après? M. Alfred de Bougy nous donnera peut-être les

deux épitaphes dans la seconde édition du _Million de rimes

gauloises_? Ce sera donc pour le mois prochain.

«UN VIEUX RÉDACTEUR DU PREMIER FIGARO.»

Énigmes et découvertes bibliographiques · 第 48 / 82 题