II.

_Comment Restif de la Bretonne s’appropriait les ouvrages des autres._

Nous avons dit quel était le véritable auteur du _Marquis de T*** ou

l’École de la Jeunesse_, publié en 1771, comme _tirée des mémoires

recueillis par N.-E.-A. Desforêts, homme d’affaires de la maison

de T..._ (Londres et Paris, Le Jay, 1771, 4 parties, in-12). Nous

ajouterons que Restif, en imprimant cet ouvrage, hésitait encore à y

mettre son nom, car on lit cette annonce derrière le titre du premier

volume: «On trouve chez le même libraire quelques autres ouvrages

amusants, tels que _la Famille vertueuse_, 4 parties; _Lucile ou les

progrès de la vertu_, 1 partie; _la Confidence nécessaire, lett.

angl._, 2 parties, etc.» Ce sont là les ouvrages de Restif, ou, du

moins, ceux qu’il s’était chargé de publier sous sa responsabilité,

et dont il ne s’attribuait pas encore tout l’honneur. Il n’en est

pas moins démontré que des écrivains qui voulaient se faire imprimer

incognito, avaient recours à l’intermédiaire officieux de Restif, en

raison de ses rapports avec l’imprimerie, la censure de police et la

librairie de colportage.

Voici ce que nous lisons, dans la _Revue des ouvrages de l’auteur_,

placée à la suite de la description des figures du _Paysan perverti_,

édition de 1788: «_L’École des Pères_ (_Ve Duchesne_, imprimé à 1,500

exemplaires) parut en mai 1776, 3 volumes, après avoir été retenue

fort longtemps. L’auteur l’avait rachetée du libraire Costard, pour la

_mettre à la rame_ et en extraire le meilleur pour son _Nouvel Émile_,

mais il en fut détourné par quelqu’un de ses amis, qui le conseilla

mal. Cet ouvrage est bien supérieur à l’_École de la Jeunesse_, publiée

cinq ans auparavant.»

Il résulte, de ce passage, assez obscur aujourd’hui, que Restif

acheta l’édition entière d’un livre qui ne pouvait paraître, faute de

privilége, et qui était arrêté _depuis longtemps_ par la censure et la

police. Restif, au lieu de détruire cette édition, y fit des cartons et

la rendit par là susceptible d’être autorisée, du moins _tacitement_.

Il n’hésita pas ensuite à se donner pour l’auteur de l’ouvrage, qu’il

avait publié seulement, à ses risques et périls, en parlant de cet

ouvrage avec certaines réticences obligées. Restif n’a pas même l’air

de savoir qu’une partie de son _École de la Jeunesse_, publiée en 1771,

se retrouve textuellement dans l’_École des Pères_, publiée en 1776, il

est vrai, mais imprimée SIX ANS _auparavant_.

_L’École des Pères_, que Restif fit paraître en 1776, sous son nom,

avec cette rubrique: _En France et à Paris, chés la veuve Duchesne_,

_Humblot_, _Le Jay et Doréz_ (on peut certifier, à en juger d’après

l’orthographe, que Restif est du moins l’auteur du titre), forme trois

volumes in-8, sur papier fort: le premier volume a 480 pages; le

deuxième 192, et le troisième 372.

Or, l’édition originale, dont nous avons un exemplaire sous les yeux,

devait porter d’abord ce titre: _le Nouvel Émile ou l’Éducation

pratique_, avec cette épigraphe: _Res eadem vulnus opemque feret_

(Ovid. II. _Trist._ v. 20); fleuron: un aigle sur des attributs de

musique, dans une couronne. _A Genève, et se trouve à Paris, chez J.-P.

Costard, libraire, rue Saint-Jean de Beauvais_, 1770. Sur le faux

titre: _Idées singulières_. _L’Éducographe._ Restif ne soupçonnait pas

que cet ouvrage était destiné à faire partie des _Graphes_! Le premier

volume a 480 pages, de même que _l’École des Pères_, mais les pages

suivantes ont été remplacées par des cartons, dans _l’École des Pères_:

1-2, 3-4, 9-10, 31-32, 41-42, 51-52, 53-54, 57-58, 65-66, 79-80,

81-82-86 (deux pages au lieu de six), 87-88, 211-212, 247-248, 355-356.

Le second volume offre des différences bien plus importantes; il a 480

pages, tandis qu’il n’en a plus que 192 dans _l’École des Pères_. Il

paraît que le censeur exigea d’abord des cartons aux pages suivantes:

1-2, 59-60, 121-128 (en supprimant ainsi six pages), 189-190, 191-192,

419-420, 435-436, 437-438, 439-440, 441-442. Puis, de tout le volume,

on ne conserva que les 192 premières pages, en supprimant tout le reste.

Le troisième est également mutilé; de ses 476 pages, il n’en est

resté que 372 dans _l’École des Pères_. On demanda des cartons depuis

la première page jusqu’à la page 48; et, sans doute, lorsque ces

cartons furent présentés, on refusa de les admettre, et on retint

définitivement le permis de publier.

C’est six ans plus tard que Restif acheta l’édition pour la mettre à la

rame, c’est-à-dire au pilon; mais il connaissait intimement plusieurs

censeurs, et il proposa de nouveaux cartons qui furent acceptés, après

plusieurs remaniements successifs. Le livre parut enfin, avec son

nom, mais tellement défiguré, que le véritable auteur ne voulut pas

reconnaître son ouvrage. Il n’y eut donc pas débat de paternité entre

le vrai père et le faux père, pour _l’École des Pères_: Restif resta

seul maître de l’enfant ou plutôt de l’avorton, qu’il avait circoncis.

LES ROMANS

DE J. POTOCKI.

On peut dire que, dans la bibliographie, il y a l’instinct (si cette

expression rend bien ma pensée) à côté de la science. L’instinct du

bibliographe, c’est une sorte de divination, qui lui fait découvrir

souvent le véritable auteur d’un livre anonyme ou pseudonyme. Voici un

fait entre mille.

On n’a peut-être pas oublié le célèbre procès littéraire, qui fut un

coup de massue pour le spirituel et imprudent auteur des _Souvenirs

de Mme la marquise de Créquy_. C’était à la fin de l’année 1841.

Le journal _la Presse_ avait commencé la publication des Mémoires

inédits de Cagliostro, traduits de l’italien par un gentilhomme: le

premier épisode de ces Mémoires venait de paraître sous le titre du

_Val funeste_; le second épisode, intitulé: _Histoire de don Benito

d’Almusenar_, paraissait, quand le _National_ (15 octobre 1841) dénonça

le plagiat le plus effronté qui eût été jamais commis dans le monde

des romans et des feuilletons.

Le _Val funeste_ était l’extrait littéral d’un ouvrage attribué

au comte Joseph Potocki: _Dix Journées de la vie d’Alphonse van

Worden_ (Paris, Gide, 1814, 3 vol. in-12); l’_Histoire de don Benito

d’Almunesar_ devait être également un extrait non moins littéral d’un

autre roman anonyme du même auteur: _Avadoro, histoire espagnole_

(Paris, Gide, 1813, 4 vol. in-12).

Le rédacteur en chef du feuilleton de la _Presse_, M. Dujarier,

s’indigna d’une accusation qui n’attaquait que le soi-disant auteur des

prétendus Mémoires de Cagliostro; il intenta un procès au _National_

et appela en garantie M. de Courchamps, qui fut honteusement convaincu

de s’être approprié deux romans oubliés, sinon dignes d’oubli. Peu

d’années après, M. de Courchamps mourait de chagrin, à l’hospice de

Sainte-Périne.

Quel était le véritable auteur d’_Avadoro_ et de _Dix Journées de la

vie d’Alphonse van Worden_? Le premier de ces deux romans portait

les initiales L. C. J. P., et Barbier, dans son _Dictionnaire des

anonymes_, l’avait présenté comme faisant partie d’un manuscrit plus

considérable, qui pouvait fournir 7 vol. in-12, et qui était l’ouvrage

du comte Jean Potocki. Suivant une note du général de Senovert,

communiquée au savant bibliographe, cet ouvrage aurait été imprimé hors

de France, sous le titre de _Manuscrit trouvé à Saragosse_ (_S. l. n.

d._, in-4).

Quant au révélateur du _vol au roman_, lequel semblait si bien

instruit et si sûr de son fait, on ne savait pas encore que c’était

un des meilleurs amis de la famille Nodier, un écrivain caustique et

ingénieux qui a toujours écrit sous le pseudonyme de Stahl.

Je fus très-préoccupé, très-intrigué, il m’en souvient, par cette

affaire qui produisit tant de scandale et qui resta enveloppée de

certain mystère. Je voulus lire _Avadoro_, et je n’eus pas plutôt lu le

premier volume, que je m’écriai: «C’est Charles Nodier qui a composé ou

du moins écrit ce roman!» Je lus ensuite les _Dix Journées de la vie

d’Alphonse van Worden_, et je fus plus que jamais certain de l’identité

de mon auteur. J’interrogeai les amis de Nodier, Taylor, Jal, Wey, et

tous ceux que je rencontrai, dans l’ardeur de ma nouvelle découverte;

mais je ne pus obtenir que des indications vagues.

J’étais pourtant persuadé que les deux ouvrages du comte Jean ou Joseph

Potocki avaient été écrits par Charles Nodier et que le rédacteur

du _Dictionnaire des anonymes_ s’était laissé égarer par un faux

renseignement. Mon opinion était alors tellement arrêtée, que je me

procurai à grand’peine des exemplaires de ces deux romans et que je les

fis relier avec le nom de Charles Nodier sur le dos des volumes.

Ces deux romans sont très curieux, très-intéressants, et très-dignes,

en un mot, de l’auteur de _Smarra_ et de _Trilby_. Je supposai donc que

quelques circonstances particulières avaient empêché Charles Nodier de

revendiquer son droit de paternité littéraire.

Eh bien! j’avais deviné juste, il y a seize ans: Charles Nodier est

réellement le seul auteur d’_Avadoro_, et de _Dix Journées de la vie

d’Alphonse van Worden_: le manuscrit autographe existe; il est là sous

mes yeux.

Avis à l’éditeur futur des œuvres complètes de notre ami Charles

Nodier.

LES MANUSCRITS

DE

STANISLAS DE L’AULNAYE.

_Lettre à M. Aubry, libraire._

N’est-ce pas dans le _Bulletin du Bouquiniste_ que vous auriez publié

une lettre d’un de vos correspondants, sur divers volumes annotés,

provenant de la bibliothèque du savant éditeur de Rabelais, F.-H.

Stanislas de l’Aulnaye, né à Madrid en 1739, mort à Paris en 1830, à

l’âge de quatre-vingt-douze ans?

J’ai consulté la table des matières de votre excellent _Bulletin du

Bouquiniste_, mais je n’ai pas su y retrouver cette lettre, qui a

laissé un souvenir vague dans ma mémoire. Votre correspondant, ce me

semble, invitait les amateurs à rechercher soigneusement les volumes

annotés de la bibliothèque de Stanislas de l’Aulnaye.

Ces volumes, la plupart du moins, se retrouveront peut-être, à

l’exception de ceux qui, ayant trop mauvaise mine et ne conservant

pas de couverture, auront été impitoyablement jetés au rebut. Mais

ce qui serait plus précieux que les livres et ce qui paraît perdu

pour toujours, ce sont les manuscrits, les ouvrages inédits du docte

commentateur de Rabelais.

Il est à peu près certain que les papiers et les livres de Stanislas

de l’Aulnaye, décédé dans l’hospice de Sainte-Périne, à Chaillot, ont

été recueillis par l’Administration des domaines et vendus à l’encan,

sans catalogue et sans annonces, à la salle des ventes du Domaine, dans

l’hôtel du Bouloi.

Nous avons fait bien des démarches pour découvrir ces précieux papiers

littéraires, accumulés pendant la longue vie laborieuse de ce savant

universel; nous avons espéré, un moment, d’après une indication

qui semblait exacte, les faire sortir des greniers de l’hospice de

Sainte-Périne, où ils auraient été déposés, mais il faut renoncer

à toute espérance, après la lettre que nous a écrite à ce sujet

l’honorable directeur de cet hospice.

Nous croyons pouvoir donner à cette lettre la publicité qu’elle mérite:

non-seulement elle nous fournit plusieurs faits intéressants pour la

bibliographie, mais encore elle signale, de la part du Domaine, une

fâcheuse indifférence à l’égard des papiers et des manuscrits qui

font partie des successions vacantes. Voici la lettre de M. Varnier,

directeur de l’institution de Sainte-Périne:

Paris, 18 Juin 1856.

Monsieur,

Je me suis empressé de faire les recherches que vous désiriez

relativement aux manuscrits laissés par M. Stanislas de

l’Aulnaye. Malheureusement, les informations que j’ai recueillies

ne peuvent guère éclairer la question. Le directeur chargé

de Sainte-Périne, à cette époque, est mort: lui seul aurait

probablement pu dire ce qu’étaient devenus ces manuscrits. Il

paraît bien certain, du reste, qu’ils n’ont jamais été laissés

à l’Institution, la bibliothèque de notre établissement n’ayant

été fondée qu’en 1839, par M. Uginet, autrefois attaché à la

maison de Louis-Philippe, et aujourd’hui décédé. Je serais porté

à croire que ces manuscrits ont été enlevés par le Domaine, comme

l’ont été, à une époque postérieure, ceux de M. Montverand et

de M. Leroy de Petitval. M. Montverand avait laissé une pièce

en cinq actes, et M. de Petitval, des _Anecdotes de l’ancienne

cour_, des _Observations sur les finances d’Angleterre depuis le

règne d’Élisabeth jusqu’en 1815_, et le _Récit d’un voyage en

Angleterre_. Mais il est à craindre que ces écrits, recueillis

par le Domaine comme papiers de succession, n’aient été vendus au

poids.

Agréez, etc.

Ainsi, les manuscrits de Stanislas de l’Aulnaye ont été vendus au

poids, comme ceux de MM. Montverand et Leroy de Petitval, comme ceux

de tant d’autres savants et littérateurs, dont la succession est

tombée dans le gouffre du Domaine. Dieu veuille que les fureteurs

d’autographes aient pu les racheter entre les mains des épiciers! On

sait que Villenave a fait ainsi de précieuses découvertes parmi les

vieux papiers achetés au poids et sauvés du pilon.

Entre les manuscrits de Stanislas de l’Aulnaye les plus regrettables,

il faut citer son _Essai de bibliographie encomiastique_, ou

bibliographie des éloges qui ont pour objet les choses et les

personnes. Ce grand travail, qui ne comprenait pas moins de 5,000

articles, aurait formé environ quatre volumes in-8. On en trouve

quelques extraits curieux dans le _Rabelaisiana_, qui est imprimé à la

suite du glossaire, dans les deux éditions de Rabelais publiées par de

l’Aulnaye.

La première de ces éditions (_Paris, Desoer_, 1820, 3 vol. in-18) est

plus recherchée des amateurs que la seconde, qui a l’avantage d’être

beaucoup plus complète; mais cette première édition peut passer pour

un chef-d’œuvre typographique, comparable aux plus jolies éditions

elzeviriennes. Le texte des deux éditions du Rabelais de Stanislas

de l’Aulnaye est défiguré par un système d’orthographe étymologique,

poussé jusqu’à l’exagération. Nous nous reprochons d’avoir adopté ce

texte dans notre édition, qu’il n’a pas empêché de devenir populaire,

et qui s’est vendue à plus de 30,000 exemplaires (_Paris, Charpentier_,

1840 et années suivantes, in-12). Le troisième volume des deux éditions

de Stanislas de l’Aulnaye est un piquant répertoire d’érudition

rabelaisienne.

Lorsque Stanislas de l’Aulnaye faisait imprimer la seconde édition de

son Rabelais (_Paris, Louis Janet_, 1823, 3 vol. in-8º, imprim. de

Jules Didot), il était âgé de quatre-vingt-deux ans; il avait conservé

toute sa verve et son originalité d’esprit. Il demeurait alors dans

une mansarde de la rue Saint-Hyacinthe, près de la place Saint-Michel:

cette mansarde n’avait pas d’autres meubles qu’un grabat et une chaise;

le pauvre vieillard travaillait dans son lit, dont il ne sortait que

pour aller chercher de l’eau-de-vie chez le liquoriste du coin, car

il ne vivait que d’eau de-vie, et il était rarement ivre. Sa chambre

était encombrée de livres et de paperasses, entassés sur le carreau

et couverts de poussière. Ordinairement, sa mémoire prodigieuse lui

servait de bibliothèque.

Les derniers temps qu’il passa dans ce bouge, comme la clef restait

jour et nuit à la porte, un voleur était entré pendant son sommeil et

lui avait pris son pantalon, le seul qu’il possédât. Chaque fois que

quelqu’un ouvrait la porte, il criait d’une voix de Stentor: «Eh bien!

me rapportez-vous mon pantalon?» Quand l’apprenti de l’imprimerie Didot

arrivait avec un paquet d’épreuves, de l’Aulnaye lui disait, sans

bouger de son lit: «Petit, tu trouveras une pièce de dix sous dans mes

souliers; va voir si mon pantalon est au porte-manteau sur l’escalier.

S’il n’y est pas, descends chez le liquoriste et achète-moi pour dix

sous d’eau-de-vie, pendant que je corrigerai ton épreuve.» L’épreuve

était corrigée, avant que l’enfant fût de retour.

Le libraire Louis Janet, ayant été instruit de l’état de détresse dans

lequel se trouvait le vieux savant, lui envoya un pantalon neuf, qui

fut déposé au pied du lit où de l’Aulnaye était couché. Celui-ci, à

son réveil, aperçut le pantalon et s’empressa de s’en revêtir avec

joie, sans soupçonner que ce fût un vêtement neuf. «Celui qui m’avait

emprunté mon pantalon, dit-il en riant, ne me le reprendra plus, car je

coucherai avec.» Ce qu’il fit à l’avenir.

Il écrivait sans cesse. Il avait achevé la rédaction de sa grande

_Histoire générale et particulière des religions et des cultes de tous

les peuples du monde, tant anciens que modernes_, dont le premier

volume seulement avait paru en trois livraisons, Paris, 1791: cet

ouvrage devait avoir 12 volumes in-4º. Il s’occupait aussi de l’examen

critique du Rabelais, publié par Esmangard et Éloy Johanneau, chez

Dalibon: «Il me faudra, disait-il gaiement, plus de neuf volumes in-8º,

pour rassembler les âneries et les coq-à-l’âne qui distinguent cette

édition _variorum_, que je propose d’appeler _édition Aliborum_.»

Stanislas de l’Aulnaye se livrait encore aux spéculations de la science

hermétique: «Vous verrez, disait-il, que, le jour même où je mourrai de

faim, j’aurai trouvé le secret de faire de l’or.»

Énigmes et découvertes bibliographiques · 第 13 / 82 题