MARCHE DE LA GRANDE ARMÉE.

La Grande Armée doit se composer d'une agglomération d'armées.--Position

des différentes unités.--Proportions colossales.--Concentration à

opérer: péril à éviter.--Plan de l'Empereur pour réunir ses forces et

les pousser graduellement vers la Russie.--Ses efforts minutieux pour

assurer le secret des premiers mouvements.--Marches de

nuit.--Instruction caractéristique à Lauriston.--Système de

dissimulation renforcée et progressive.--Accumulation de

stratagèmes.--Tchernitchef devient gênant: sa mise en

observation.--Conversation et message de l'Élysée.--Napoléon formule

enfin ses exigences en matière de blocus.--Sincérité relative de ses

propositions: leur but principal.--Départ de

Tchernitchef.--Perquisition.--Le billet accusateur.--Concurrence entre

le ministère de la police et celui des relations extérieures: rôle du

préfet de police.--Découverte et arrestation des coupables.--Dix ans

d'espionnage et de trahison.--Procès en perspective.--Napoléon refrène

sa colère.--Effarement de Kourakine: comment on s'y prend pour

l'empêcher de donner l'alarme.--Passage des Alpes par l'armée

d'Italie.--Universel ébranlement.--Traité dicté à la Prusse.--Alarme à

Berlin; arrivée des Français.--Prise de possession.--Le pays de la

haine.--Marche au Nord.--Échelons successifs.--Rôle réservé au

contingent prussien.--Traité avec l'Autriche.--Appel à la Turquie:

Napoléon espère revivifier et soulever l'Islam.--Rôle réservé à la

cavalerie ottomane.--L'Empereur se résigne à négocier avec

Bernadotte.--Ouvertures à la princesse royale.--Saisie antérieure de la

Poméranie suédoise: conséquences de cet acte.--Premiers

mécomptes.--Arrivée et déploiement de nos armées sur la Vistule.--Départ

projeté et différé.--Lutte contre la famine.--Conversation avec

l'archichancelier.--Opposition de Caulaincourt à la guerre: efforts

persistants et infructueux de Napoléon pour le ramener et le

convaincre.--État d'esprit de l'Empereur.--Son langage à Savary et à

Pasquier.--Les deux plans de campagne: Napoléon subit déjà l'attraction

de Moscou.--Sa raison victime de son imagination.--Rêves

vertigineux.--Au delà de Moscou.--L'Orient.--L'Égypte.--Les

Indes.--Conversation avec Narbonne.--Vision d'une lointaine et suprême

apothéose.

I

En février 1811, les éléments destinés à constituer la Grande Armée se

trouvaient formés, sans être encore réunis. Ils s'étendaient de

Dantzick à Paris, du Texel à Vienne, répartis entre l'Allemagne, le nord

de la France et de l'Italie. Tandis qu'à l'angle nord-ouest de cet

immense carré la garnison de Dantzick atteignait au chiffre de

vingt-cinq mille hommes, tandis que le duché de Varsovie s'épuisait à

mettre sur pied soixante mille combattants, l'armée de Davout, établie à

la base de la péninsule danoise, comptait cent mille Français, soldats

d'élite, renforcés par plusieurs groupes d'Allemands divers: elle allait

devenir le premier corps de la Grande Armée. Entre l'Elbe et le Rhin, la

Confédération avait levé cent vingt-deux mille hommes: avec les Saxons,

les Bavarois, les Wurtembergeois, les Westphaliens, avec les brigades de

Berg, de Hesse et de Bade, avec les troupes fournies par le collège des

rois et celui des princes, Napoléon avait matière à former trois corps

entiers, les 6e, 7e et 8e, ainsi que plusieurs divisions et brigades

auxiliaires. Le 2e corps se composerait avec les trois divisions

d'Oudinot et ses deux brigades de cavalerie, massées à l'entrée de la

Westphalie; le 3e, avec les cinquante mille hommes de Ney, groupés

autour de Mayence. Au sud de l'Allemagne, derrière le rideau des Alpes,

l'armée d'Italie, qui s'intitulerait le 4e corps, se tenait rangée: il y

avait là, avec plusieurs divisions françaises, la garde royale

italienne, les troupes de ligne et légères du royaume cisalpin, le

régiment croate, le régiment espagnol Joseph-Napoléon, le régiment

dalmate, des chasseurs français et italiens, en tout quatre-vingt mille

hommes sous les ordres d'Eugène, à qui Junot servirait de guide et de

conseiller. À l'intérieur de la France, la Garde, les grands parcs

d'artillerie, les réserves de matériel et les neuf mille chariots

destinés au transport des vivres, n'attendaient qu'un ordre pour partir.

Dans l'intervalle des différents groupes, de grandes masses de cavalerie

flottaient: elles se formeraient en unités spéciales, essentiellement

mobiles et maniables.

Il s'agissait maintenant, par un mouvement de concentration qui

porterait sur les forces d'un continent presque entier, de fondre et

d'amalgamer en un tous ces éléments divers, d'en faire une seule et

prodigieuse armée, de ranger cette armée entre le Rhin et l'Elbe, en

face de la Russie, et de la pousser ensuite jusqu'au seuil de cet empire

en une ligne mouvante qui roulerait transversalement sur l'Allemagne.

Travail sans précédent, qui exigeait de l'Empereur un effort presque

surhumain de calcul, d'ordre et de combinaison. La conjonction des

différents corps devait s'opérer avec une précision infaillible, tous

les moyens d'acheminement et de subsistance devaient être préparés et

assurés à l'avance, car la moindre erreur, le plus petit mécompte,

suffirait à créer partout l'encombrement, la confusion, le désarroi, et

à remplacer cette affluence de foules disciplinées par une Babel en

armes. Et ce qui mettait le comble aux difficultés de l'entreprise,

c'était qu'elle devait s'accomplir à aussi petit bruit que possible et

en sourdine. En effet, il dépendait encore des Russes, s'ils pénétraient

à temps nos projets, de fondre avec l'avantage du nombre sur nos

avant-postes de la Vistule, de dévaster le pays destiné à fournir notre

approvisionnement d'entrée en campagne et de refouler l'invasion

approchante.

La crainte de ce contretemps hantait Napoléon à toute heure. Pour le

prévenir, il résolut d'envelopper du plus profond mystère les

préparatifs et les débuts de l'opération. Quatre cent mille hommes

allaient se lever et commencer leur marche en quelque sorte sur la

pointe des pieds. Toutes les mesures seraient prises pour organiser le

silence: on aurait soin d'assourdir et d'ouater tous les ressorts prêts

à entrer en jeu. Le mouvement de concentration une fois démasqué, on le

poursuivrait avec une rapidité foudroyante, afin de mettre l'ennemi le

plus tôt possible en présence du fait accompli. Puis, à mesure que nos

troupes avanceraient vers le Nord, l'Empereur s'efforcerait d'atténuer

par son langage le caractère menaçant de cette approche. Il ferait dire

à Pétersbourg que l'attitude suspecte et incompréhensible de la Russie

l'obligeait à ébranler lui-même ses forces et à les porter en ligne,

mais qu'il n'en restait pas moins résolu à écouter toute proposition

dictée par un esprit d'apaisement: il affecterait de plus en plus un

ardent désir de négocier, et ses déclarations, ses instances pacifiques

suivraient la même progression que le mouvement de ses armées.

Le plan adopté pour la concentration et la marche en avant fut le

suivant. L'armée d'Italie, étant la plus éloignée, partirait la

première, franchirait les Alpes, et, s'élevant à travers la Bavière,

pousserait droit devant elle jusqu'à Bamberg, au centre de l'Allemagne,

à mi-chemin entre le Rhin et l'Elbe: là, elle obliquerait à droite pour

continuer sa route vers le Nord-Est et la Russie. Les 2e et 3e corps, le

6e (Bavarois), le 7e (Saxons), le 8e (Westphaliens), réglant leur

mouvement sur celui de l'armée d'Italie, arriveraient à hauteur sur sa

gauche et se mettraient en ligne avec elle, tandis que le 1er corps,

celui de Davout, s'élancerait rapidement jusqu'à l'Oder, afin que les

Russes, s'ils prenaient l'offensive, vinssent immédiatement butter

contre cet obstacle. La liaison des autres colonnes opérée, elles se

dirigeraient d'ensemble vers la frontière ennemie, allant plus ou moins

vite, suivant les circonstances, mais toujours graduellement et par

échelons, se portant d'abord sur l'Elbe, s'avançant ensuite de l'Elbe à

l'Oder, s'acheminant enfin à pas sourds vers la Vistule, faisant halte

autant que possible sur chacun de ces grands fleuves pour reprendre

haleine et rectifier leurs distances, se servant d'eux comme d'assises

superposées pour affermir et régulariser leur marche ascensionnelle vers

le Nord. Le corps de Davout continuerait à les précéder et à les

couvrir: il se tiendrait toujours en avance d'un échelon, c'est-à-dire

d'un fleuve, pareil à un rempart mobile à l'abri duquel s'accomplirait

l'ensemble du mouvement. Notre diplomatie seconderait pendant ce temps

les opérations militaires: elle terminerait nos accords avec la Prusse

et l'Autriche au moment précis où l'armée traverserait la première et

passerait devant la seconde, afin que les deux puissances s'incorporent

à un point nommé du grand parcours. Nos forces se compléteraient ainsi

tout en marchant, et, après s'être alignées enfin à la gauche de Davout

sur la Vistule, elles n'auraient plus qu'à attendre l'apparition de

l'Empereur et la belle saison pour franchir le dernier pas, atteindre

le Niémen, toucher la Russie et dresser contre elle un amoncellement

d'armées[365].

[Note 365: Voy. la _Correspondance impériale_, février, mars et

avril 1811, et le lucide exposé de Thiers, t. XIII, liv. XLIII.]

Les premiers ordres furent expédiés du 8 au 10 février, soit par

l'Empereur lui-même, soit par le prince major général. Pour assurer le

secret, il n'est sorte de précautions auxquelles Napoléon n'ait recours.

Les voltigeurs, tirailleurs et canonniers de la Garde, qui tiennent

garnison aux environs de Paris et doivent se rendre à Bruxelles pour s'y

former en division avec d'autres détachements, se mettront en route de

nuit et sans traverser la ville[366]; ces braves vont partir pour la

plus grande expédition du siècle comme pour une furtive équipée. Le

général Colbert, qui ira prendre en Belgique le commandement de ses

chevau-légers, disparaîtra sans «faire d'adieux à personne[367]». Les

grenadiers de la Garde seront dirigés nuitamment de Compiègne sur Metz,

sans connaître le but de leur marche. Procéder avec une muette activité,

tel est le mot d'ordre qui, dépassant la France, court d'un bout de

l'Allemagne à l'autre, arrive jusqu'à l'Elbe, où il avertit Davout de se

mettre en garde contre toute indiscrétion[368].

[Note 366: _Corresp._, 18490.]

[Note 367: _Id._]

[Note 368: _Id._, 18494.]

C'est surtout en ce qui concerne l'armée d'Italie que le système adopté

se précise et se raffine. Junot, chargé d'aller prendre cette armée à

Vérone pour la conduire au delà des Alpes, est invité à s'échapper de

Paris «en gardant le plus profond mystère sur son départ et sur sa

destination, de sorte que ses aides de camp mêmes et ses domestiques ne

sachent pas où il va[369]». Le mouvement commencera le 20 au plus tard,

le 18, s'il est possible: d'ici là, les troupes se tiendront cachées et

blotties dans les vallées du Trentin et de la haute Lombardie; mais des

détachements de sapeurs, des équipes de montagnards, iront en avant

déblayer les cols encombrés de neige, tenir les voies toutes prêtes,

afin que, l'armée une fois lancée, rien n'arrête son mouvement et

qu'elle tombe en Allemagne en même temps que le bruit de son

approche[370].

[Note 369: _Id._, 18489.]

[Note 370: _Corresp._, 18488, 18492, 18495.]

Grâce à cette célérité discrète, la concentration sera fort avancée,

lorsque l'écho de nos premiers pas retentira en Russie. Il importe que

pour cette époque notre ambassadeur à Pétersbourg soit en mesure de

réfuter jour par jour les craintes que l'on ne manquera pas d'exprimer,

qu'il ait réponse à tout et ne reste jamais à court d'explications,

qu'il soit fourni en abondance d'arguments spécieux, bien imaginés,

propres à faire illusion. Le 18 février, une longue instruction

ministérielle lui est adressée. Cette pièce dénote chez le gouvernement

français une fécondité d'artifices inépuisable; elle suggère à Lauriston

des expédients divers, suivant que nos troupes parcourront tel ou tel

stade de leur carrière, met une gradation dans la duplicité: c'est tout

un cours de dissimulation progressive, se déroulant à travers quinze

pages d'une fine écriture: jamais la diplomatie n'aurait été plus

audacieusement réduite à l'art de farder la vérité, si cette fausseté

n'avait trouvé à l'avance son pendant dans l'hypocrisie caressante avec

laquelle Alexandre avait préparé en 1811 la surprise de Varsovie et

l'envahissement de l'Allemagne[371].

[Note 371: Le système du baron Fain, dans son _Manuscrit de_ 1812,

de Bignon et d'Ernouf, attribuant jusqu'au bout à l'Empereur un désir

sincère de traiter et d'éviter la guerre, est aussi insoutenable que

celui de Thiers, tendant à rejeter sur Napoléon tous les torts et à

dégager la responsabilité d'Alexandre.]

Au début, lorsque la nouvelle de nos marches se répandra à l'état de

vague rumeur, Lauriston commencera par tout nier, par nier

imperturbablement: «Vous devez, lui écrit le ministre, ignorer

absolument le mouvement du Vice-Roi jusqu'à ce qu'on annonce

positivement que son armée est à Ratisbonne. Vous direz alors que vous

ne le croyez pas possible, que vous supposez qu'il s'agit de quelques

bataillons composés des conscrits des départements romains et de la

Toscane, qui traversent la Bavière et vont à Dresde. Vous pourrez

ajouter que vous aviez en effet connaissance d'un mouvement de cette

espèce de cinq à six mille hommes. Vous vous expliquerez de manière à ne

pas vous compromettre. Il est probable que vous pourrez ainsi gagner

cinq à six jours et peut-être davantage.

«Quand on parlera du mouvement des troupes qui sont à Mayence et à

Münster, vous n'en conviendrez pas d'abord et vous pourrez aussi gagner

plusieurs jours. Vous direz ensuite qu'il est nécessaire d'avoir une

réserve dans le Nord, et que, dans un moment où le blé est cher, on a

jugé utile d'éloigner un certain nombre de consommateurs des environs de

Paris pour les envoyer dans des pays où les grains sont abondants. Vous

pourrez après cela faire entendre que tant qu'on ne passe pas l'Oder,

dont les places sont occupées par les troupes françaises, il n'y a lieu

à aucune observation: que ces mouvements sont des mouvements intérieurs,

et non pas des mouvements hostiles.

«Lorsqu'il ne sera plus possible de nier le mouvement du Vice-Roi, vous

direz encore que Sa Majesté centralise ses forces, que la Russie a

depuis longtemps centralisé les siennes, en négociant et sans vouloir la

guerre; que Sa Majesté ne veut pas la guerre davantage, mais qu'elle

négocie dans la même attitude que la Russie.

«Vous devez mesurer vos paroles de manière à gagner du temps, avoir

chaque jour un langage différent, et n'avouer une chose que quand, par

les dépêches qui vous seront communiquées, on vous prouvera qu'elle est

connue.

«Sa Majesté a le droit de réunir ses troupes et son artillerie sur la

ligne de l'Oder, de même que l'empereur Alexandre a eu le droit de

réunir les siennes sur les bords du Niémen et du Borysthène et sur les

limites du duché de Varsovie. Les armées russes sont depuis un an sur

les frontières de la Confédération, c'est-à-dire sur celles de l'Empire,

tandis que les armées de l'Empereur sont encore bien loin des frontières

russes.»

C'est au moment où nos colonnes de tête franchiront l'Oder pour se

couler dans les régions de la Vistule, que les soins devront redoubler

en vue de prévenir une irruption ennemie. Après avoir bien établi que

les Français ne dépassent pas leur droit en occupant des contrées

soumises à leur protectorat et qu'ils restent chez eux à Varsovie,

l'ambassadeur pourra dire qu'au contraire les Russes, s'ils faisaient un

pas en dehors de leurs frontières, s'ils envahissaient le sol de nos

alliés, commettraient un acte d'hostilité flagrante et anéantiraient

tout espoir de paix: «Le jour où un seul Cosaque mettrait le pied sur le

territoire de la Confédération, la guerre serait déclarée.» Mais que

Lauriston soit «avare» de ces avertissements: la menace ne doit percer

que très discrètement dans son langage; mieux vaut recourir encore, s'il

est possible, au miel de la persuasion. Ce qu'il faut dire et répéter

avec une persévérance inlassable, sur tous les tons, sous les formes les

plus variées, c'est que l'Empereur veut le maintien de la paix et le

raffermissement de l'alliance, c'est qu'il conservera jusqu'au bout

l'intention et l'espoir de traiter.

À l'appui de ces allégations, Lauriston réclamera de nouveau l'envoi de

Nesselrode, afin que dès à présent la négociation s'amorce: il promettra

au besoin que nos troupes ne traverseront pas la Vistule; enfin, comme

suprême expédient, il pourra parler et convenir d'une entrevue des deux

souverains, en se donnant toutefois l'air d'agir par inspiration

spontanée et sans ordres, en réservant ainsi à l'Empereur la faculté

d'esquiver la rencontre: «Cette dernière ressource, dit l'instruction,

ne doit être employée qu'à la dernière extrémité et au moment où les

Russes marcheraient sur la Vistule; c'est ce mouvement qu'il faut tâcher

d'empêcher ou de retarder en proposant une entrevue, sans engager

l'Empereur en rien.» En un mot, pourvu que l'ambassadeur ne compromette

que lui-même et ne lie pas son gouvernement, toute latitude lui est

laissée dans l'accomplissement de sa tâche temporisatrice. «Gagner du

temps», telle est l'expression qui revient à chaque instant sous la

plume du ministre: il la répète à satiété, jusqu'à cinq fois en

quelques lignes; il l'ajoute sur le texte recopié par surcharges de sa

main; il croit n'avoir jamais assez fait comprendre que l'ambassadeur ne

doit reculer devant aucun moyen, devant aucune supercherie, pour

faciliter la marche silencieuse et rampante de nos troupes jusqu'à leur

indispensable base d'offensive, jusqu'à ces pays de la Prusse orientale

et de la basse Pologne dont l'Empereur veut se faire un tremplin pour

s'élancer en Russie.

Napoléon et Alexandre Ier (3/3) L'alliance russe sous le premier Empire · 第 41 / 102 题