L’HIRONDELLE ET LE CHRIST.

Une hirondelle printanière

Cherchait, pour construire son nid,

Une fenêtre hospitalière,

Un toit protecteur et béni;

Parcourait les airs et l’espace;

Mais de voler déjà bien lasse,

Elle se pose sur un bois;

Bois précieux, dont la structure

Lui fut d’un excellent augure;

Du Calvaire c’était la croix!

Le Christ, à son pieux approche,

L’accueillant d’un œil paternel,

Lui fit ce généreux reproche:

«Quand tu cherches, oiseau du ciel,

»Au bas de la voûte azurée,

»Une retraite humble, assurée,

»Pour couvrir ta timidité;

»Pourquoi ne pas chercher l’ombrage,

»La branche courbe et le feuillage

»De l’arbre de l’humanité?

»Près de ma couronne d’épine,

»Ah! viens bâtir ton logement,

»En recueillant, à la colline,

»Le brin de paille et le ciment!

»Apporte, sur ton bec fragile,

»Avec soin, le morceau d’argile;

»Dispose tes secrets outils;

»Achève ta maison de fange;

»Puis à la garde du bon ange

»Je _confierai_ tes petits.

»Avec moi tu seras heureuse;

»Tu ne verras point le méchant

»Lancer sa pierre dangereuse

»Pour détruire ton logement;

»Au lieu de ce fatal outrage,

»Nous partagerons l’humble hommage

»Que l’on vient me rendre en ce lieu.

»Oh! toujours, ma pauvre petite,

»Bâtis ton nid, creuse ton gîte

»Sur la croix même du bon Dieu.»

Et l’obéissante hirondelle,

A ce tendre avis du Seigneur,

De plaisir secoua son aile

Et tressaillit d’un saint bonheur.

Depuis, sur la couronne auguste

Qui ceint le front de l’homme juste,

L’oiseau se plaît à se poser;

Alors, perché sur cette branche,

Il prodigue à l’épine blanche

De son amour le doux baiser.

Pour faire connaître l’homme plus particulièrement, après ces citations

poétiques, j’ajouterai: Le dimanche est un jour que Pélabon consacre

tout entier à l’Église; il a un goût extraordinaire pour le chant des

offices divins. Dieu lui a donné un peu de voix et il l’emploie à ce

service. Il ne fréquente que les humbles chapelles, telles que la maison

de charité où sont les pauvres vieillards indigents, les enfants

trouvés, les orphelins et orphelines, ou le Saint-Esprit, qui est

l’hôpital civil.

La vie ordinaire a toujours une grande influence sur les compositions

des _Poètes du peuple_.

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 99 / 139 题