Le jour de notre fête patronale, l’Ascension

I

Salut, frères, salut! Pour rendre notre fête

Brillante, fraternelle, heureuse, enfin parfaite,

D’aucun nuage obscur nos yeux ne sont tachés;

Les arbres, comme nous se sont endimanchés;

Nos drapeaux, comme un ciel où l’arc divin s’étale,

Bariolent sur nous le plafond de la salle;

Et bien que nous soyons entourés d’étendards,

Bien qu’un vin généreux anime nos regards,

Bien que l’artillerie, en salves régulières,

Tonne et mitraille l’air de ses chansons guerrières,

Ce soir, à son coucher, le flambeau du soleil

Ne se mirera pas dans notre sang vermeil;

Les membres palpitants, les poitrines broyées,

Les chevaux sans poitrail, les maisons foudroyées

Ne le forceront pas à pâlir, et ses feux

N’auront illuminé que nos vins et nos jeux.

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 85 / 139 题