I
Salut, frères, salut! Pour rendre notre fête
Brillante, fraternelle, heureuse, enfin parfaite,
D’aucun nuage obscur nos yeux ne sont tachés;
Les arbres, comme nous se sont endimanchés;
Nos drapeaux, comme un ciel où l’arc divin s’étale,
Bariolent sur nous le plafond de la salle;
Et bien que nous soyons entourés d’étendards,
Bien qu’un vin généreux anime nos regards,
Bien que l’artillerie, en salves régulières,
Tonne et mitraille l’air de ses chansons guerrières,
Ce soir, à son coucher, le flambeau du soleil
Ne se mirera pas dans notre sang vermeil;
Les membres palpitants, les poitrines broyées,
Les chevaux sans poitrail, les maisons foudroyées
Ne le forceront pas à pâlir, et ses feux
N’auront illuminé que nos vins et nos jeux.