LES TROIS FÉES.

Malheur! malheur! malheur!

La mort glace mon cœur.

Un tel charme inutile!

Sois à jamais stérile,

O terre de douleur!

Malheur! malheur! malheur!

PREMIÈRE FÉE, _écoutant à droite_.

Silence et mystère!

Silence et mystère!

On vient! oui, j’entends

D’un pied solitaire

Effleurant la terre

Les pas hésitants.

DEUXIÈME FÉE, _écoutant à gauche_.

Loin, bien plus loin sous la ramée,

J’entends, j’entends aussi des pas.

O mes sœurs, ne sentez-vous pas

Monter de la terre alarmée,

Monter une odeur de trépas?

TROISIÈME FÉE, _regardant du haut du chêne_.

Moi, du haut de mon chêne,

Dans la plage lointaine,

Je suis un voyageur:

Sur son jeune front pâle

Je vois l’ombre fatale

De la main du Seigneur.

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 70 / 139 题