VOIX ÉPARSES ET DÉJÀ ÉLOIGNÉES.

Adieu!

Adieu!

Adieu!

PREMIÈRE FÉE, _après un long silence_.

Le ruisseau bouillonnant sous les bras des ondines,

Plus rapide s’enfuit,

Et l’écho faiblissant de leurs voix argentines,

A peine encore bruït;

Et dans l’air fraîchissant sous tant d’ailes errantes

Qui viennent l’agiter,

Pleines de sourds frissons, les feuilles susurrantes

Ont peur de palpiter....

(_Une pause._)

Tout est calme, tout tombe en une paix profonde...

O silence des bois,

Craignant de te troubler et de réveiller l’onde,

Je veux taire ma voix.

(_Longue pause._)

Mais, bien que comprimant ma sourde et longue plainte,

Je l’étouffe en mon sein;

Toujours glace mes sens l’épouvantable crainte

Qui parle d’assassin!

(_Une rafale s’élève; un soudain frémissement secoue tous les arbres de

la forêt: le temps se trouble et change._)

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 67 / 139 题