UN SYLPHE.

Rose pâle

Dont le dernier soupir

S’exhale,

Tu vas mourir!

Soumise,

Tu penches tristement

Ton front dépouillé lentement.

Sens-tu la brise

Accourir?

Rose, tu vas mourir!

CHOEUR DES ONDINES, _dans les roseaux_.

Sylphes chéris, laissez les fées.

De sombres guirlandes coiffées,

Voyez-les pleurer et pâlir.

* * * * *

Des fleurs couvrent nos lits de mousse.

Notre haleine aux rives si douces,

C’est la fraîche vapeur des eaux:

Nos soupirs en sont le murmure,

Qui répond, dans la nuit obscure,

Aux frémissements des roseaux.

LES FÉES, _tressaillant_.

Silence, silence, silence!

Esprits des airs, esprits des eaux,

Fermez l’aile, endormez les flots

Sous une magique influence.

Silence, silence, silence,

Esprits des airs, esprits des eaux!

Les poètes du peuple au XIXe siècle · 第 61 / 139 题