Barcarolle dédiée à Madame Ch. Marchand.
Le patron m’a dit: demain,
Si le vent s’apaise,
Nous partirons, c’est certain;
François, es-tu bien aise?
Et, trop surpris, moi je pleure;
Je suis fou, car j’attends l’heure
Qui va nous éloigner du port;
Je souffre! mon cœur bat trop fort!
O mon père!
O ma mère!
Je vais donc vous revoir!
Le cœur me bat d’espoir.
Bien sûr je serai chez nous
Fin de la semaine:
Ma bonne mère à genoux
Aura fait sa neuvaine.
Ce soir, à la bonne vierge
Elle ira porter un cierge,
Et la mère des matelots
Va de suite apaiser les flots.
Adieu, Paris, beau séjour
Des arts, de la gloire!
S’il ne sent pas le retour,
Meurt l’enfant de la Loire!
Rarement son ciel se voile;
L’eau reflète mieux l’étoile
Sous un beau ciel rempli d’azur;
L’air y doit être bien plus pur.
Eh! quoi je verrai demain
Le bourg de Dampierre,
De Saumur le beau chemin,
Le clocher de Saint-Pierre;
L’eau me semble aussi plus belle;
Des moulins je crois voir l’aile.
Salut, délicieux côteau;
Demain je verrai le château.
Vous m’avez dit: bon François,
Puisque tu nous quittes,
Avant de partir, reçois
Ces images bénites.
Ma mère, je les rapporte;
Pour vous, en ouvrant la porte,
J’ai le beau crucifix d’argent;
Un bon cœur n’est pas négligent.
O mon père!
O ma mère!
Je vais donc vous revoir!
Le cœur me bat d’espoir.