L'édit de pacification rendu au mois de mai 1576 créa (article 18), au
parlement de Paris, une chambre composée de deux présidents et de
seize conseillers, dont la moitié devait appartenir à la religion
réformée. Cette chambre devait être envoyée, trois mois par an, pour y
rendre la justice, aux pays de Poitou, Angoumois, Aunis et La
Rochelle. Une chambre composée de la même manière était établie à
Montpellier, dans le ressort du parlement de Toulouse. Il s'en était
créé aussi une formée de deux présidents et de dix conseillers dans
chacun des parlements de Grenoble, de Bordeaux, d'Aix, de Dijon, de
Rouen et de Bretagne.
On appelait chambre tri-partie le tribunal qu'au mois de juillet 1578,
en conséquence du traité de Bergerac, on établit à Agen. Il se
composait de douze conseillers, 4 réformés et 8 catholiques; deux
présidents, l'un catholique, l'autre protestant. Pour un arrêt, il
fallait que le tiers des juges appartînt à la religion huguenote.
Après le traité de Fleix, cette chambre fut remplacée par une chambre
de justice envoyée en mission. L'article 2 porte: «Le roi enverra au
pays et duché de Guienne une chambre de justice composée de deux
présidents, quatorze conseillers, un procureur et un avocat de S. M.:
gens de bien, amateurs de paix, intégrité et suffisance requises.
Lesquels seront par S. M. choisis et tirés des parlements de ce
royaume et du grand conseil... Lesquels présidents et conseillers
ainsi ordonnés connaîtront et jugeront toutes causes, procès et
différends, et contraventions à l'édit de pacification. Serviront,
deux ans entiers, audit pays et changeront de lieux et de séances, de
six mois en six mois, afin de purger les provinces et rendre justice à
chacun sur les lieux....»
Vers la même époque, il fut établi, à l'Isle-d'Albi, une chambre de
justice spéciale, qui joua un rôle important, et dont il est souvent
parlé dans les lettres et manifestes du roi de Navarre. (_Pages
92-124-140._)
* * * * *
Les membres de la chambre de justice de Guienne arrivèrent à Bordeaux,
au mois de mars 1581; mais plusieurs circonstances, dit l'abbé
O'Reilly, retardèrent leur réunion jusqu'au mois de janvier 1582. Leur
première séance eut lieu le 26 de ce mois. Michel de Montaigne, maire
de Bordeaux, assistait à cette séance.
Parmi les conseillers se trouvait Jacques-Auguste de Thou, le futur
président à mortier du parlement de Paris, le futur auteur d'une de
nos plus belles _Histoires_. (_Page 159._)
[Illustration: fac-simile]