XII

Et à quoi se passe ce clignement d'oeil d'existence?

À chanceler sans équilibre et à balbutier sans parole pendant les

premières années, qu'on appelle heureuses parce qu'elles sont

celles où l'homme a le moins conscience de son être, et qu'elles

ressemblent, en effet, le plus au néant; à grandir pendant quelques

autres années, et à recevoir, par transmission de ses parents, une

certaine dose d'idées reçues, les unes sagesse, les autres sottises,

dont se compose, pour l'homme, la pensée de sa tribu, ce qu'on

appelle la civilisation, s'il est civilisé, ou la barbarie, s'il ne

l'est pas: la différence n'est pas très-sensible à qui contemple de

très-haut et des sommets de la vérité éternelle ces deux conditions

de l'espèce humaine. Du crépuscule à l'aurore, voilà l'intervalle.

Cours familier de Littérature - Volume 02 · 第 148 / 197 题