Mais Job, vous pouvez le lire devant Dieu lui-même, sans vous
distraire de la majesté et de la terreur divines; car ses vers
semblent écrits sur la page avec la majesté, la terreur et l'ombre
même visible de Jéhovah. Enfin vous pouvez le lire, devant la mort,
au chevet de sueurs de l'agonie, devant la pierre déjà levée du
sépulcre où vous allez dormir votre sommeil, car l'agonie n'a pas
plus de frissons, la mort n'a pas plus d'horreurs, le sépulcre n'a
pas plus de ténèbres que son livre. Quel poëte que celui qui n'a pas
une chose mortelle ou immortelle à laquelle il ne soit égal! Quel
livre que celui qui peut passer dans votre main de la vie au néant,
du soleil sous la terre, du temps à l'éternité, sans pâlir à vos
yeux, et qu'on peut lire des deux côtés de la tombe sans changer de
feuillet! Si on lit dans le sépulcre et dans l'éternité, soyez sûrs
qu'on y lira ce livre. C'est le livre des deux mondes.
Pourquoi cela? Nous allons essayer de vous le dire.