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Que se serait-il passé alors en Italie?--Nous n'avons pas le secret

du destin; mais nous pouvons affirmer qu'il se serait passé ce que

la France aurait conseillé, et ce que la vieille constitution des

cinq ou six Italies comporte, c'est-à-dire une fédération patriotique

unanime de toutes ces Italies sous leurs différentes natures

politiques et sous la médiation protectrice de la France. L'unité

nationale et militaire de ces diversités politiques eût été quelque

chose d'analogue à la confédération hellénique des villes, royaumes,

républiques du Péloponèse et des Îles sous la garantie des phalanges

macédoniennes.

Sans doute il y eût eu des oscillations, des tâtonnements, des

anomalies, des inexpériences, des froissements, des rivalités,

des excès d'impulsion, des excès de résistance; mais la médiation

présente et armée de la France aurait été une dictature de

salut commun, acceptée par la nécessité jusqu'à l'heure où cet

amphictyonage des alliés aurait fait place à l'amphictyonage des

Italiens constitués et armés dans leurs propres villes. L'Italie,

depuis le moyen âge, est plus municipale que nationale; une

confédération municipale est sa forme obligée de constitution. On ne

prévaut pas contre la nature. Mais quelle confédération municipale

que celle qui a pour municipalités des capitales, Milan, Turin au

pied des Alpes, Gênes à droite, Venise à gauche, Florence, Livourne,

Bologne au pied des Apennins, Rome au centre, Naples au sommet,

Palerme et Messine dans ses eaux? Et quelle renaissance politique,

militaire, oratoire et littéraire l'émulation de toutes ces capitales

entre elles ne promettait-elle pas à une nation de vingt millions

d'hommes doués d'autant de génie et de plus raison que la légère

Athènes?

Cours familier de Littérature - Volume 02 · 第 23 / 197 题