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Je ne me dissimulais pas le moins du monde cependant que l'Italie

aurait des frémissements et des secousses, que l'Allemagne s'armerait

pour y maintenir sa puissance _non nationale_, mais habituelle,

en Lombardie. Je connaissais de jeunesse le caractère hésitant,

repentant, puis récidivant, _extemporané_ enfin, pour me servir

du mot latin, de Charles-Albert. Je me défiais de l'entraînement

inopportun qu'il donnerait à son armée ou qu'il subirait de ses

peuples. Je devais dans cette prévision, trop vite vérifiée, faire

prendre une position de forte expectative à la république sur les

Alpes. Je fis décréter l'armée des Alpes de soixante mille hommes,

échelonnés de Lyon à la frontière du Var.

Quelle était la signification de l'armée des Alpes?--Elle était

double dans mon esprit: premièrement, être prête à descendre en

Piémont, au premier signal de péril de cette puissance; secondement,

être prête à réprimer les agitations religieuses, civiles,

socialistes et démagogiques qui pouvaient éclater à chaque instant

dans le midi de la France, plus passionné que le nord, à Lyon, à

Avignon, à Marseille, à Toulon, dans tout le bassin de la Saône et du

Rhône.

Ainsi l'armée des Alpes, par sa seule existence, dominait

inoffensivement l'Italie de son front, pacifiait par son flanc droit

le midi de la France.

Cours familier de Littérature - Volume 02 · 第 21 / 197 题