M. Roquevillard réfléchit et répondit avec effort:

--J'irai le voir demain, à la prison, pour organiser sa défense.

Pas ce soir.

Et comme Marguerite s'en affligeait, il l'attira sur sa poitrine.

--Toi, dit-il, occupe-toi de lui. S'il est fatigué, veille à son

repos. Demain seulement il ira se constituer prisonnier.

--Père, pardonnez-lui. Pour maman...

--Un jour, Marguerite, j'espère qu'il méritera mon pardon.

Maintenant, je ne puis oublier si vite le mal qu'il nous a fait en

partant. Je veux qu'il le comprenne, qu'il le mesure. C'est

nécessaire pour notre passé et pour son avenir. Mais ne pleure

pas. Je n'ai pas cessé de l'aimer. Son retour me fait du bien...

Plus tard, bien plus tard, dans le silence de la nuit, M.

Roquevillard sortit de sa chambre et vint, à pas de loup, jusqu'à

la porte de son fils. De la main, il cachait la flamme du

bougeoir. Un instant il écouta le souffle léger et régulier qu'il

entendait à peine. Un mince sourire éclaira sa figure énergique

que la douleur avait ravagée:

"Il est là. C'est l'essentiel. Je le sauverai, et, avec lui, toute

la race... "

Les Roquevillard · 第 29 / 55 题